Fermer la publicité

Zones d’activités économiques : les visions divergentes

Loire le 05 mars 2014 - Aline Vincent - Actualités - article lu 593 fois

Zones d’activités économiques : les visions divergentes
« Vivre Bio en Roannais » a de nouveau manifesté après le rejet de référé par le tribunal (D.R.)

Christian Avocat, président du Roannais Agglomération L’association « Vivre Bio en Roannais » conteste le projet de création de la Zain de Bonvert, au nom du sacrifice de surfaces exploitables pour l’agriculture bio, de failles dans le respect de l’environnement et de coûts.

Christian Avocat, président du Roannais Agglomération

L’association « Vivre Bio en Roannais » conteste le projet de création de la Zain de Bonvert, au nom du sacrifice de surfaces exploitables pour l’agriculture bio, de failles dans le respect de l’environnement et de coûts. Qu’en pense-vous ?

Plus de 8 ha sont consommés par an pour les entreprises. Les deux zones d’activités de la Villette et de la Demi-Lieue ne disposent plus que de 4 ha, et encore morcelés. Il faut savoir si on veut développer le territoire et mettre les priorités dans le bon ordre. Lorsqu’une entreprise a un projet, il nous faut avoir du foncier et des réseaux à proposer. Si l’échéance est trop longue, elle va voir ailleurs. Or, nous avons besoin d’accueillir des investisseurs, de créer de l’emploi et du pouvoir d’achat… Ce genre de mesure suspensive ne les sécurise pas. Quand les communautés de communes de Thizy, Amplepuis et Tarare annoncent des projets de grande capacité, on serait coupable de ne pas continuer Bonvert, faute de voir la demande aspirée par ces zones. Au plan environnemental, le dossier est exemplaire. Toutes les autorisations de l’Etat ont été données. 30 ha de prairies seront conservés pour l’usage agricole, les ressources en eau existantes préservées, les plans d’eau valorisés, les espèces protégées et les zones humides et bocagères conservées ou restaurées…

L’association suggère que vous utilisiez en priorité des friches .

Ca ne tient pas debout. Si c’était la solution, on le saurait. Les friches urbaines ne sont pas adaptées. Au mieux, elles peuvent être exploitées autrement. Même une entreprise du tertiaire comme le centre de contacts Steria, qui va s’installer sur la zone de Valmy, ne peut pas venir sur une friche coincée en ville. Les entreprises ont besoin d’accessibilité.

Entendez-vous la revendication bio ?

Nous avons déjà fait des propositions à l’association. Des solutions seront fournies. Le bio mérite toute notre attention mais il ne faut pas tout mélanger. On se trouve là dans une manipulation politique. L’association Vivre Bio compte un peu plus de 100 membres, l’agglomération plus de 100 000 habitants et elle est assise sur une autre institution, le département Loire.


Bernard Crouzier, vice-président association « Vivre Bio en Roannais »

L’association à laquelle vous appartenez remet en question l’utilité de cette nouvelle zone d’activités.


Nous ne sommes pas contre la création de zones d’activités économiques, mais nous pensons que la collectivité voit trop grand et mène des projets trop coûteux avec l’argent du contribuable. Les terres nourricières périurbaines ne sont pas suffisamment préservées. Nous préconisons de privilégier le réemploi de friches vacantes. Il reste par exemple de la surface inexploitée comme sur les zones d’activités de  Renaison, de Perreux, Saint-Romain-la-Motte…

Au plan environnemental, que reprochez-vous ?

Nous dénonçons un certain nombre d’irrégularités. Les travaux devaient être réalisés en période de basses eaux. Or, ils ont été entrepris en forte période de pluviométrie. Concernant l’avancement des travaux, les mesures compensatoires auraient dues être anticipées. Au 17 janvier, aucune n’avait été appliquée. C’est le cas notamment de la création de mares sur des zones humides à recréer sur environ 13 ha de prairies selon un cahier des charges d’agriculture environnementale. Enfin, les opérations de défrichage et d’abattage des arbres auraient dû être effectuées entre le 1er août et le 31 octobre 2013 pour ne pas détruire durant cette période les habitats de la faune. Or, l’abattage n’a débuté que le 10 octobre. Depuis que nous avons intenté une action en référé auprès du tribunal administratif de Lyon, comme par hasard deux baux de gestion agro-environnementaux ont été signés pour mener à bien ces compensations environnementales.

Le Roannais Agglomération vous a proposé d’autres emplacements pour développer l’agriculture bio…

Oui, mais les 20 ha qui nous sont proposés sont morcelés sur plusieurs communes. Nous souhaiterions exploiter 20 ha de cette terre nourricière d’un seul tenant sur Bonvert en réduisant la zone industrielle de 37 ha à 8 ha. Cette taille nous semble mieux adaptée au Roannais. Quant à l’agriculture biologique, avec 2 % en 2013, on est encore loin des 6 % préconisés par le Grenelle fin 2012, avec des quotas qui vont continuer à évoluer.

Propos recueillis par Aline Vincent



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide