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Youn Sun Nah : « Donner encore plus d’amour »

Loire le 05 juin 2014 - Charlotte Gazarian - Culture - article lu 210 fois

Vous avez fait un triomphe l’an passé à Vienne, est-ce pour cela que vous êtes l’artiste résidente de cette 34e édition de Jazz à Vienne ? L’année dernière, quand on m’a proposé de jouer au théâtre antique, je ne voulais pas le croire car c’est un endroit magique.

Vous avez fait un triomphe l’an passé à Vienne, est-ce pour cela que vous êtes l’artiste résidente de cette 34e édition de Jazz à Vienne ?

L’année dernière, quand on m’a proposé de jouer au théâtre antique, je ne voulais pas le croire car c’est un endroit magique. C’était un rêve que j’ai pu réaliser. Qu’est-ce-que je pouvais bien vouloir de plus ? Quand on m’a proposé d’être l’artiste résidente, j’y croyais encore moins. C’était une belle surprise et un grand honneur. J’ai accepté car c’est une chance que je ne pourrais peut-être pas avoir à nouveau. Je vais faire trois concerts : au théâtre antique, au Club de minuit et au musée Gallo-romain. L’an passé je n’ai pas eu l’occasion de découvrir la ville, cette fois-ci je vais pouvoir le faire et parler avec les gens.

Quel est votre parcours musical ?

Je suis arrivée en France en 1995. Je venais juste étudier le jazz, pour trois ans au départ. Je voulais apprendre le chant et pas forcément devenir chanteuse professionnelle. Trois ans sont devenus presque vingt ans ! Entre temps je suis retournée bien sûr en Corée. Je dis souvent que je suis une Coréenne made in France ! C’est ici que j’ai tout appris. Comme je ne connaissais pas du tout le jazz, j’ai fait en réalité plusieurs écoles en même temps : j’ai étudié dans une école de jazz qui doit être l’une des premières en Europe et qui se situe à Paris : le Cim, j’ai fait le conservatoire de Nadia et Lili Boulanger à Paris ainsi que l’Institut national de musique de Beauvais pour le chant classique.

Le « scat » est une de vos spécialités, qu’est-ce-qui vous attire dans cette forme de jazz vocal ?

Quand on entre à l’école pour apprendre le jazz, au début on écoute beaucoup de chanteurs comme Ella Fitzgerald et on essaie de les imiter, de les relever comme les trompettistes par exemple relèvent les solos de Miles Davis. Puis il y a l’improvisation, avec la voix aussi, car c’est un instrument unique. Avec la voix, même sans parole comme avec le scat, on arrive à s’exprimer et on devient un instrument comme un saxophone ou un piano. En faisant cela, on peut avoir un vrai dialogue avec les musiciens et pas être seulement la chanteuse devant eux.

Vous chantez notamment en français, quelle est la chanson qui vous touche le plus ?

J’aime beaucoup de chansons françaises, c’est difficile de choisir ! Mais j’adore Avec le temps de Léo Ferré. Les chansons françaises ont un grand pouvoir, un charme fou. Partout où je vais, où je chante, ça touche toujours les gens et la chanson de Léo Ferré n’échappe pas à la règle, que ce soit en Corée, à Singapour, en Autriche, aux Etats-Unis, en Équateur. Quand je discute avec le public après le concert, ils ont toujours la même émotion. J’ai envie d’être comme les chanteurs français, j’ai l’impression qu’ils racontent vraiment une histoire, ça me parle vraiment même si on ne comprend pas toutes les paroles.

Qu’est-ce-qui caractérise votre dernier album intitulé Lento, sorti en 2013 ?

Lorsque j’enregistre un album, je n’ai pas vraiment un concept en tête. Je fais à la dernière minute, je mets des morceaux qui me viennent à ce moment-là ! Lento, c’était donc dans la continuité des deux albums précédents. J’ai pris exactement les mêmes musiciens. Lento c’était donc presque comme un live, on a enregistré en une seule fois. Pourtant il y a des morceaux que nous n’avions jamais joués ensemble, mais ce n’était même pas la peine de parler.

Avez-vous hâte de retrouver le public viennois qui vous a acclamé l’an passé ?

A chacun de mes concerts je tombais sur quelqu’un qui avait vécu le concert de Vienne. Même en Allemagne il y avait quelqu’un qui était venu exprès. J’ai hâte de retrouver le public viennois mais dans le même temps, je sais que je vais avoir encore plus de trac ! C’était tellement magique, il s’est vraiment passé quelque chose d’unique avec les spectateurs il y a un an. Après le concert, avec les musiciens on n’y croyait pas. On va faire de notre mieux cette année pour être à la hauteur, essayer de donner encore plus d’amour et d’énergie au public.

Propos recueillis par Charlotte Gazarian

En tant qu’artiste résidente 2014, Youn Sun Nah se produira à trois reprises durant la 34e édition de Jazz à Vienne qui se déroulera du 27 juin au 12 juillet : mercredi 2 juillet au théâtre antique (Youn Sun Nah quartet) ; jeudi 3 juillet au Club de minuit au théâtre de Vienne (Youn Sun Nah Duo, avec Ulf Wakenius) ; vendredi 4 juillet au musée gallo-romain, Musaïques (Youn Sun Nah & Yoon-Jeong Heo Duo).

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