Fermer la publicité

Yannick Neuder : « Nouveau souffle, ce n'est pas qu'un slogan »

Isère le 20 novembre 2015 - Xavier ALIX - Politique - article lu 692 fois

Yannick Neuder : « Nouveau souffle, ce n'est pas qu'un slogan »
Xavier Alix - Y. Neuder, tête de liste « L'Isère au coeur de la région Rhône-Alpes/Auvergne »

A l'approche des élections régionales des 6 et 13 décembre, L'Essor Tribune s'entretient chaque semaine avec une tête de liste départementale. Jusqu'au scrutin, retrouvez les dans un ordre tiré au sort. Cette semaine Yannick Neuder, tête de liste « Wauquiez 2015, un nouveau souffle pour notre région », union des Républicains, de l'UDI et du Modem.

Unir la droite et le centre n’a pas dû être facile…

La droite et le centre ne se retrouveront pas dans le paradoxe d’être adversaires au 1er tour avant de faire cause commune au 2e comme le fera la gauche. Nous avons pris le temps, c’est vrai, pour élaborer cette liste et son programme qui réaffirme des valeurs communes nous distinguant de la gauche : sur la sécurité, l’emploi, la politique sociale ou l’environnement dont EELV n’a pas le monopole. Rhône-Alpes/Auvergne est une des toutes premières régions où l’union s’est concrétisée. On a voulu faire passer Wauquiez pour un diviseur, c'est un rassembleur. J’insiste qu’il y aussi sur nos listes des gens de la « société civile », sans étiquette. En Isère, sur 34 candidats, si on compte deux modem, quatre UDI, une moitié de Républicains, le reste est sans étiquette. « Nouveau souffle » n’est pas qu’un slogan puisque nous présentons un grand renouvellement : de gens de terrain, avec des activités professionnelles, associatives. Or, la proximité des élus régionaux manque, tout le monde a du mal à les citer. Nous modulerons donc les indemnités selon des critères de présence, de travail effectif.

Comment percevez-vous la fusion Rhône-Alpes/Auvergne ?

Cette loi Notre n’est pas la notre mais elle est malheureusement là. Autant relever le défi et utiliser les atouts de la fusion : une visibilité accrue au niveau européen. Nous ne voulons surtout pas d’une région centrée sur Lyon au détriment des autres territoires dont l’Isère. Je peux comprendre les craintes qu’inspire une si grande région quand on étudie le bilan rhônalpin depuis 1998 : gouvernance illisible, mauvaise gestion, pas de proximité des élus, pas de projets. Et un argent gaspillé en représentation, voyages, frais de bouche, construction de palais (180 M€ pour le siège ; 80 M€ en Auvergne). Tout cela au détriment de la formation, de l’apprentissage, de l’investissement en recul de 85 M€ cumulés sur les 5 dernières années alors que le budget fonctionnement a augmenté de 215 M€ à compétences constante depuis 2003 et que la dette a été multipliée par quatre depuis 2003.

Vous jugez le bilan des derniers mandats catastrophiques mais quel est votre programme ?

Parlons déjà économie. La loi Notre attribue clairement cette compétence aux régions. Dans un contexte où le BTP ne cesse de tirer la sonnette d’alarme, nous souhaitons une préférence régionale aux entreprises sur les projets régionaux. La Région peut l’appliquer via ses cahiers techniques, des critères sociaux. Nous souhaitons aussi passer de 40 000  à 60 000 apprentis. L’apprentissage est malmené en Rhône-alpes où l’on constate entre 2014 et 2015 - 43 % d’aide aux entreprises dans ce domaine, des CFA en difficulté, - 7,4 % d’apprentis, 26 % de nouveaux contrats en moins. Le budget à la formation a lui perdu 27,5 M€ avec un volet apprentissage passé de 44 M€ en 2014 à 25 M€ en 2015 ! Quand on voit le paradoxe d’un chômage élevé alors que la main d’œuvre manque dans certaines filières… Sans doute aussi que les cahiers des formations ne sont pas assez régulièrement adaptés. Enfin, nous réaffirmons notre soutien au projet de Center parc : se priver de 700 emplois avec le revirement de Queyranne otage de ses alliés écologistes est inacceptable. Au-delà d’une crise économique, il y a crise des valeurs. Remettons au premier plan le mérite, l’effort. D’où notre idée de rétablir des bourses au mérite pour les lycéens.

En plus de « pactes » sur l’apprentissage, sur la préférence régionale, vous en souhaitez un aussi sur l’agriculture ?

Le monde agricole est dans une grande détresse, n’a plus confiance dans l’Etat, dépend des aides pour une rémunération qui n’est pas à la hauteur du travail fourni. La Région peut aider par deux biais : en simplifiant sa gestion des aides européennes et en favorisant les circuits courts pour la restauration des lycées. On peut aussi les aider ailleurs : maisons de retraite, hôpitaux, écoles, collèges en travaillant en partenariat avec des organismes ou d’autres collectivités : par exemple sur des cuisines centrales communes.

Que comptez-vous faire sur les transports ?

Pour avoir rencontré les usagers, les collectifs et prendre le train chaque jour à Rives, j’estime que nous sommes une des régions les plus sinistrées sur la ponctualité. Sans compter la vétusté, la sécurité. Plus de TER ? D’accord mais avant plus de qualité. Avec 100 M€ venant de la Région, la SNCF peut faire mieux, la Région doit être plus exigeante. Or, la renégociation de la convention attend depuis un an ! Quant au routier, la Région doit accompagner l’élargissement de l’A 480 et le dossier du Rondeau. Le manque d’accessibilité de Grenoble nuit à son développement.

Propos recueillis par Xavier Alix

« Je ferais un choix professionnel »

Cardiologue au CHU de Grenoble (responsable du pôle Pôle Thorax et Vaisseaux), maire de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, président de la CC Bièvre Isère, Yannick Neuder, 46 ans, est aussi depuis cet été président de l’AEPI (Agence de développement économique Isère-Rhone Alpes). « Cela fait 20 ans que je suis un élu, depuis mes études de médecine. J’étais alors conseiller municipal et faisais déjà deux journées en une. Si je dois prendre de nouvelles responsabilités, je ferais un choix professionnel en restreignant mes activités au CHU sans les abandonner complètement. Le politique ne doit pas se rendre matériellement dépendant de ses mandats. »



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide