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Winsoft International aide les logiciels à grandir

Isère le 08 septembre 2015 - Laurent Marchandiau - Tech et Médias - article lu 337 fois

Winsoft International aide les logiciels à grandir
WinSoft - Kamel H.Gaddas, C.E.O de WinSoft International.

Du développement de logiciels à l'accompagnement à l'international des éditeurs, la société iséroise, WinSoft International située à Saint-Martin-le-Vinoux a su, au cours de ces 30 ans d'existence, s'adapter à un marché mouvant. Entretien avec son directeur général et cofondateur, Kamel H. Gaddas.

De quelle manière est née WinSoft International ?

WinSoft International est née en 1985, un an après la sortie du premier Macintosh. L’ordinateur d’Apple marquait une étape importante dans le marché informatique avec l’introduction de concepts nouveaux. Les informaticiens ne croyaient pas en cette nouvelle plateforme. Parallèlement, WinSoft International s’est spécialisé sur le développement de logiciels français pour les porter à l’international. Nous commencions à être connus au niveau national. Apple Europe souhaitait se développer sur le Moyen-Orient. C’est comme cela que nous avons commencé à travailler pour eux avec notamment le développement de l’un des premiers traitements de texte pour Mac.

Quelles ont été les étapes clefs de votre société ?

La première décennie de WinSoft International fut marquée par notre collaboration fructueuse avec Apple. Ce qui a permis à la société de se développer progressivement. La crise d’Apple dans les années 90, nous a conduits à amorcer un premier virage stratégique sans compter que nous commencions à être un peu trop à l’étroit sur ce marché. Nous avons décroché un contrat avec Aldus, le créateur du logiciel de mise en page sur ordinateur, PageMaker, afin d’adapter son produit phare sur le Moyen-Orient. Nous avons travaillé sur son portage en langue arabe d’abord pour Mac puis pour Windows. En 1994, Adobe a racheté PageMaker ce qui nous a ouvert les portes de cette société. Au fil du temps, nous sommes devenus leur partenaire exclusif pour l’adaptation de leurs produits majeurs (Photoshop, Illustrator, Acrobat, etc.) sur les marchés du Moyen-Orient. Nous sommes devenus des spécialistes mondiaux dans l’adaptation de logiciels sur des marchés et des langues exotiques. Le hic ! C’est qu’Adobe représentait 90 % de notre chiffre d’affaires à l’époque. Nous dépendions d’eux. Quand le groupe américain a décidé de reprendre en interne, les prestations que nous faisions jusqu’à présent pour leur compte, il a fallu faire un choix rapide : se diversifier ou mourir !

Comment avez-vous franchi cette phase ?

Nous avons décroché un contrat avec FileMaker éditant la solution éponyme de gestion de base de données. Nous nous sommes ouverts à d’autres sociétés. Notre activité d’adaptation de logiciels sur des marchés et langues exotiques n’est pas suffisante. Si bien que nous avons entamé une stratégie de diversification. Notre objectif est de repérer sur des éditeurs français qui disposent d’un logiciel qui marche bien au niveau national, et peu à l’étranger, de les racheter quand c’est possible afin de leur permettre de grandir à l’international.

De quelle manière avez-vous concrétisé cette stratégie ces dernières années ?

Dans la perspective de conseiller et d’accompagner les entreprises informatiques françaises dans le développement de leur produit à l’international, nous avons créé le groupe WinSoft.  Nous avons acquis deux sociétés ces dernières années. La première fut Algoba (12 personnes pour un chiffre d’affaires de 1,9 M€ pour 2015), une société parisienne qui développe une photothèque professionnelle à destination des grands groupes et des agences de photos. En l’espace de 5 ans, nous avons fait progresser son chiffre d’affaires de 1 M€ à 1,9 M€ cette année. Il y a trois ans, nous avons acquis l’entreprise avignonnaise Vocaza (12 collaborateurs, chiffre d'affaire actuel de 1,35 M€) concevant un outil d’enquête en ligne et un système de mesure de la satisfaction client. Leur chiffre d'affaires a enregistré une croissance de 35 % en l’espace de 3 ans passant de 1 M€ à 1,35 M€ aujourd’hui. Notre avenir passe par le développement de logiciels et leur portage à l’international au niveau de WinSoft ainsi que par la recherche d’opportunités soit par des acquisitions soit par des partenariats.

Propos recueillis par Laurent Marchandiau

 

De l'artisanat à l'industrie

Le profil des fondateurs de WinSoft International a pleinement profité à la société. Tunisien pour Kamel H. Gaddas, italien pour son associé : « nous n’avons jamais eu peur d’aller à l’international. » Si de nombreuses entreprises françaises cherchent des relais de croissance à l’étranger, peu y arrivent. Ce qui est particulièrement vrai dans le secteur informatique. « Les TPE et PME du monde informatique font du développement artisanal. Leurs programmeurs font tout, c’est leur bébé contrairement aux entreprises anglo-saxonnes qui sont dans une démarche plus industrielle. Notre approche consiste à structurer leurs équipes de développement afin qu’elle puisse facilement intégrer un développeur extérieur sans qu’il ne connaisse tous les rouages du logiciel », indique Kamel H. Gaddas. Et de conclure : « En France, c’est le seul secteur au monde qui fonctionne de manière artisanale. Cela ne nous permet pas de concurrencer les géants américains ! »

 

 



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