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« Welcome to New York » - En sortant de la douche

Rhône le 22 mai 2014 - Eric Séveyrat - Culture - article lu 565 fois

« Welcome to New York » - En sortant de la douche
Gérard Depardieu et Jacqueline Bisset, dans Welcome to New-York (D.R.)

Bien sûr, Welcome… n’est pas le genre de productions à diffuser à 20 h 45 en lieu et place de Joséphine Ange gardien, mais le film de l’excellent Abel Ferrara n’est pas  non plus l’horreur annoncée.

Bien sûr, Welcome… n’est pas le genre de productions à diffuser à 20 h 45 en lieu et place de Joséphine Ange gardien, mais le film de l’excellent Abel Ferrara n’est pas  non plus l’horreur annoncée. On rappelle quand même qu’il est l’auteur du Roi à New York (avec Christopher Walken) ou de Bad Lieutenant, et que le bonhomme fait partie des dignes descendants de Scorcese, excusez du peu ! Même si les disciples ne sont pas tous à la hauteur du maître dans tous leurs films.

Pas évident de prendre la bonne distance entre l’affaire dite « DSK » dont nous sommes gavés d’images et d’infos jusqu’à l’écoeurement, et cette fiction, pas toujours très claire dans son propos (on ne comprend pas forcément l’importance du personnage dès le début du film, sauf quand il dit à la femme de chambre ? : « Sais-tu qui je suis ? »). On a vu cent fois plus « shocking… » pour l’œil et la morale judéo-chrétiennes dans Salo de Pasolini (1976) et tant d’autres (La Grande Bouffe de Ferreri, le dernier Lars Von Trier, Nymphomaniac ...). Certes, on voit la transformation physique et pathétique d’un homme, d’un acteur, devenu un amas de graisse grognant tel un porc dans sa fange et son problème de surconsommation sexuelle. Devereaux baigne tellement dans la consommation sexuelle, que pour lui, un dérapage forcé (comme il les mime avec des prostituées consentantes), avec une brave femme de chambre, serait un détail. La première demi-heure est sans grand intérêt si ce n’est de planter un décor incroyable et d’ambiance décadence de l’Empire romain, avec orgies sexuelles, alcool… Interprétation des faits, anti sémitisme supposé, diffamation, etc. sont l’affaire des personnes visées dans le film censé s’inspirer de faits, et la justice sera saisie si nécessaire. En revanche la justice du cinéma retient que Depardieu tire la couverture à lui et une fois de plus : « Merde… c’est un génie ! » On comprend à travers trois grognements et une scène tendre que le personnage est un malade, que sa femme le savait, qu’elle a voulu se le cacher derrière son petit doigt, pour le pousser à devenir un présidentiable, et servir son égo personnel. « Je suis un professeur naïf, dit Devereaux, malade du sexe mais naïf… »

Eric Séveyrat

Welcome to New York, d’Abel Ferrara, avec Gérard Depardieu, Jacqueline Bisset…

Autres films d’Abel Ferrara :
Autres films d’Abel Ferrara : 4 h 44 dernier jour du la Terre Le Roi de New York ; Bad Lieutenant ; China Girl ; Driller Killer



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