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Vols de cuivre : y a-t-il moyen de lutter ?

Loire le 14 août 2014 - Emilie Massard - Actualités - article lu 1196 fois

Au mois de juin, ErDF déplorait plusieurs vols de câbles en cuivre sur son réseau dans le Roannais, dans quelques communes voisines et en moins d’une semaine : Saint-Forgeux-Lespinasse le 22 juin, Saint-Romain-la-Motte le 27, Saint-Priest-la-Roche le 30.

Au total, près d’1,5 km de cuivre dérobé sur le réseau basse tension, provoquant quelques coupures chez des particuliers et un préjudice de plusieurs milliers d’euros.
« Ce sont souvent des secteurs ruraux, plus isolés, qui sont touchés, note Benjamin Merabti, responsable de la communication de la direction territoriale de la Loire d’ErDF. Les malfaiteurs s’attaquent aux bouts de ligne, avec à la clé un gros risque pour eux, mais aussi pour les passants par la suite, si un câble reste à terre par exemple. Nous agissons pour mettre les sites en sécurité le plus rapidement possible ». Avant ces vols groupés dans le Roannais au mois de juin, ErDF n’avait pas déploré de vols depuis longtemps sur les 16 000 km de lignes présentes dans la Loire. Et c’est en cela que la lutte contre les vols de cuivre est compliquée, étant donné l’irrégularité des faits.
Pour donner un nouvel élan à cette lutte, ErDF Loire a récemment signé une convention avec les services de l’Etat, police et gendarmerie, renforçant leur collaboration. Dans le cadre de cette convention, les forces de l’ordre et ErDF s’engagent à mieux communiquer, en échangeant avec les bons interlocuteurs, sur les zones sensibles, le renforcement des surveillance, diminuer les temps d’intervention en cas de vols, etc. ErDF pourra également informer les forces de l’ordre sur le fonctionnement des réseaux et leur composition afin qu’ils puissent intervenir en toute sécurité. Pour le lieutenant-colonel Philippe Trinckquel, commandant en second du groupement de gendarmer de la Loire, cette convention vient renforcer le travail déjà mis en place : « l’intérêt est de pouvoir identifier plus facilement les interlocuteurs et d’échanger autour de ces problématiques. Nous pourrons être plus réactifs, pour organiser des flagrants délits par exemple, et orienter nos enquêtes ».
Outre la prévention en collaboration avec les forces de l’ordre, difficile pour ErDF d’éviter ces mésaventures. S’il existe des solutions techniques, seraient-elles rentables pour éviter des vols qui ne sont que très ponctuels ? Du côté de la Ville de Saint-Etienne, plusieurs mésaventures ont conduit à prendre des mesures ces dernières années. Lors de l’été 2012, Saint-Etienne a en effet connu plusieurs vols de câbles en cuivre sur l’alimentation de l’éclairage de plusieurs stades communaux, notamment au parc de Méons. Près de 4,5 km de câbles avaient alors été dérobés. Lors de la remise en état des installations, qui avait coûté 130 000 € à la collectivité, la municipalité a fait installer un système de blocage des câbles, complété par la pose de points de soudure sur les trappes des mâts (150 € par mâts). Les regards en  pied de mâts ont quant à eux été comblés par du béton. « Depuis, les sites protégés n’ont plus subi de dégradation », note Jean-Marc Fayon, du service des sports de la Ville. « Lors de l’été 2012, tous les stades avaient été délestés des câbles par le même mode opératoire. Aujourd’hui, le système antivol ne peut être enlevé qu’avec un engin que peu d’entreprise possèdent. »

Emilie Massard


Le BTP, toujours en première ligne

Depuis l’envolée des cours du cuivre, les réseaux électriques ne sont pas les seuls à subir des vols, et on retrouve toujours les entreprises du BTP parmi les premières cibles des malfaiteurs. « On a eu quelques gros vols entre fin 2013 et début 2014 », note Yves Rajfura, référent sécurité pour la Fédération du BTP de la Loire. « Quelques règles de bon sens suffisent parfois à éviter les visites : ne pas laisser de stocks visibles dans une entreprise, ne pas laisser ouvert aux quatre vents ou éviter de livrer un chantier un vendredi après-midi par exemple. Après, une fois que le matériel est posé sur les chantiers, c’est plus délicat, d’autant que très peu de chantiers sont surveillés en-dehors des heures de travail. Mais les vols restent très ponctuels. »



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