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Virieu et Charavines, hôpitaux militaires

Isère le 20 octobre 2014 - La Rédaction - Isère rhodanienne - article lu 1047 fois

Virieu et Charavines, hôpitaux militaires
Hopital militaire de Virieu (D.R.)

Paris était menacé, les armées commandées par le général Joffre arrêtèrent leur retraite et attaquèrent l’ennemi qui recula, ce fut « La victoire de la Marne » en septembre 1914.

Alors, les soldats s'enterrèrent dans des tranchées sur des lignes de front se faisant face, de la mer du Nord jusqu'au Vosges. Ils vécurent ainsi dans la boue, le froid, décimés par les balles, les obus et les gaz asphyxiants. En 1916, durant six mois les Allemands donnèrent l'assaut de Verdun, mais les Poilus résistèrent avec courage et « Les Allemands ne passent pas ». En 1918, Georges Clemenceau devenait chef du gouvernement et nommait le général Foch commandant en chef de toutes les armées françaises et alliées. La "bataille de France" s'engageait, l'ennemi reculait, et battu était contraint de signer l'Armistice. Le bilan fut effroyable : 9 millions d'hommes tués aux combats dont 1,5 millions du coté français.
La froideur des chiffres est encore plus terrible quand on sait que ceci représente sur 51 mois de conflits, 1000 Français morts chaque jour. Les « monuments aux morts » des communes témoignent de leur sacrifice. Tout comme deux bâtiments édifiés sur les communes de Charavines et de Virieu témoignent des souffrances des soldats blessés. Dès le début du conflit les municipalités de Charavines et de Virieu, représentées par leurs maires respectifs  s'engageaient à recevoir les militaires blessés ou malades évacués des zones de combats. Il en sera de même pour de nombreuses villes de France. L'hôpital bénévole et temporaire de Charavines portera le numéro 117 bis. Il sera installé de 1914 à 1916 dans l'école de filles, et ensuite dans l'ancien couvent Saint-Joseph et aura une annexe dans la soierie Couturier. Le nombre total de lits sera de 80. Le personnel médical était composé de 5 infirmiers militaires et de plusieurs infirmières bénévoles du village. Le médecin-chef était le docteur Gondrand médecin aide-major de 1ere classe, en l'absence du médecin du village Fernand Rey, mobilisé. L'hôpital fermera le 21 décembre 1918, un millier de militaires y auront été soigné. L'hôpital bénévole et temporaire de Virieu portera le numéro 127 bis, il sera installé dans une salle de la mairie, et aura une annexe installée dans l'école libre « Stéphanie-de-Virieu ». Le nombre total de lits sera de 50. Le personnel médical était composé de trois infirmiers militaires et d'infirmières bénévoles du village. Les médecins-chefs ont été successivement le docteur Turc médecin aide major de 2eme classe et le docteur Benjamin Fabre de Virieu, médecin aide major de 1er classe. Le pharmacien était Georges Théoleyère, lui aussi de Virieu. Soldat de 2eme classe en sursis d'appel, étant le seul pharmacien de la région. Il assurera en même temps le service de l'hôpital de Charavines. Madame la Comtesse Elizabeth de Noailles, épouse de Wilfrid de Virieu, prodiguera ses soins aux malades, parcourant tous les jours, parfois à pieds le trajet de trois kilomètres séparant Virieu du château de Pupetières. Les soldats blessés, mais pour la plupart malade du fait des conditions inhumaines de survie dans les tranchées, étaient rapatriés par « trains sanitaires » des zones de combats sur le centre de tri de Lyon-Brotteaux, qui les répartissaient dans les hôpitaux de la région. Des télégrammes annonçaient l'arrivée des convois en gare « PLM » de Virieu. Tout comme celui du 30 juin 1916, acheminant du « Front de Verdun » 45 soldats. C'est dans ce train que se trouvait le soldat « Louis Le Fur » du 42eme régiment d'infanterie territorial  originaire du Morbihan, père de famille, qui décédera à l’hôpital 127 bis le 3 juillet 1916 à 44 ans. Il repose dans « le carré des soldats » du cimetière de Virieu aux cotés de deux autres compagnons d'armes. « Morts pour la France » comme lui. Le soldat canonnier du 5eme régiment d'artillerie, « Charles Pierson » marié, originaire de Meurthe-et-Moselle, décédé  le 7 mars 1915 à 29 ans, ainsi que le soldat du 6eme régiment d'artillerie de forteresse Camille Baudry originaire de l'Yonne, décédé le 8 juin 1915 à 31 ans. Seuls les militaires malades ou légèrement blessés étaient dirigés sur les hôpitaux de campagne temporaires, les grands blessés étaient eux, cachés du public. Les soldats rétablis étaient rapidement renvoyés dans leur dépôt ou s'ils nécessitaient une convalescence, ils étaient requis pour aider aux travaux dans les fermes, comme en témoigne une des nombreuses lettres adressées au médecin de l'hôpital.


Problèmes de main d’oeuvre

Doissin, le 18 juin 1916,

Mon Commandant,

« J'ai une propriété de 80 hectares de terrains dont les deux tiers sont en prés. J'ai 68 ans, je suis veuve et infirme. La guerre m'a pris mon gendre et mes domestiques. Il me reste deux filles. Comment vais-je rentrer mon fourrage ? Il n'y a pas de main d'œuvre du fait de la mobilisation générale, je viens à vous pour vous demander un soldat durant quelque temps. Soyez assez bon pour m'en envoyer un, sinon mes récoltes resteront aux champs. »

D'autres, réformés, étaient sur décision du ministère de la Guerre mis à la disposition d'industriels travaillant pour l'armement. Comme l'indique ce courrier adressé par le fabricant des « Automobiles Charron » au médecin de l'hôpital de Virieu.


Puteaux le 21 octobre 1915.

Monsieur le Medecin-chef.

« Nous vous remercions de bien vouloir nous aviser que le brigadier Courtois est bien dirigé ce jour sur nos usines. Nous vous confirmons que nous ferons le nécessaire pour que cet homme soit ménagé dans les premiers temps ». L'hôpital de Virieu fermera le 13 novembre 1916, 353 militaires y  auront été hospitalisés. Les derniers blessés seront transférés à l'hôpital militaire de Bourgoin.

Louis Fournier



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