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Vincent Guichard fait parler « les archives » de la terre

Loire le 24 avril 2014 - Béatrice Perrod-Bonnamour - Actualités - article lu 1677 fois

Vincent Guichard fait parler « les archives » de la terre
Vincent Guichard, au Musée de Bibracte, entre le portrait de Jacques Gabriel Bulliot (1817-1902), figure éminente de la Société éduenne d'Autun et Joseph Déchelette (1862- 1914), son neveu qu'il initia tout jeune aux fouilles (D.R.)

Vincent Guichard a fouillé la terre pour en extraire des trésors qui parlent de nos ancêtres… les Gaulois.

Né en 1962 à Saint-Etienne, il est descendant de deux Stéphanois illustres : Geoffroy Guichard, fondateur de Casino, et Félix Thiollier, rubannier reconverti dans la photographie (auquel le musée d’Orsay vient de consacrer une très belle exposition). Vincent réussit son bac à 16 ans, entre en prépa au lycée Fauriel et intègre par la suite Polytechnique. Mais le surdoué pense toujours à l’archéologie.
Il passe un doctorat de spectrochimie à Paris VI en 1988 tout en suivant une formation archéologique à l’Ecole pratique des hautes études (1986) et soutient une seconde thèse de doctorat à l’université de Bourgogne en 1988, cette fois dans sa discipline favorite. Puis, pendant quelques années, il partage son temps entre Roanne, où il organise la section d’archéologie du musée Déchelette, et l’Auvergne, où il anime un programme de recherche à l’échelle européenne pour la période de l’âge du fer. Il enseigne plusieurs années à l’université.

A la recherche des Ségusiaves

L’archéologie est pour lui une vocation, dès 12 ans. Il se glisse promptement dans le tissu associatif des fouilleurs de Feurs, Balbigny, Roanne. Marguerite Gonon (1) le fait intervenir lors d’une rencontre de fouilleurs à Balbigny. Il présente un tesson de céramique avec  inscription en grec trouvé lors d’une prospection dans les champs de la famille en Forez » raconte Jean Poncet, fouilleur à Roanne. « Mes premières fouilles de sauvetage furent à Feurs. C’est en 1978, dans le centre-ville, que nous avons montré que la ville romaine de Forum Segusiavorum succédait à une importante agglomération gauloise des IIe et Ier siècles avant J.-C. Le rythme des recherches a été intensif pendant toutes les années 80. On a d’abord reconstitué le plan du principal édifice public de la ville romaine, le forum. En 1984, on découvrait une cinquantaine de tombes de la nécropole de l’agglomération gauloise. Deux ans plus tard, on repérait une très grande mosaïque dans le parc du Rozier… où elle dort encore sous 1 m de terre..., enchaîne Vincent Guichard. A Roanne, l’abbé Bessou, directeur de l’Institution Saint-Joseph (aujourd’hui Saint-Paul), avait montré dès les années 1960 que la Rodumna gallo-romaine succédait à une agglomération gauloise. Le dossier a pu être repris dans les années 1980. Dans les mêmes années, on a aussi pu intervenir sur la nécropole antique de Roanne (sous l’hôtel des Ventes actuel), un secteur que Déchelette avait déjà fait fouiller. Là encore, on a montré que des tombes gauloises se mêlaient à celles du début de notre ère. Ces travaux ont donné lieu à plusieurs gros volumes de publications».

Bibracte et l’international

En 1996 un poste de directeur scientifique est vacant à Bibracte, à proximité d’Autun. « C’est un ensemble unique dans le domaine de l’archéologie (…) qui accueille des chercheurs issus de l’Europe entière ». Vincent Guichard devient en 2001 le directeur général de l’établissement. Son métier comprend l’animation du site patrimonial, classé Monument historique et labellisé Site de France, la coordination d’un programme de recherches internationales et l’accueil de plus de 40 000 visiteurs par an.
Bibracte est aussi une base arrière pour développer de nombreuses actions, comme ce « Pôle international de formation et d’échange des gestionnaires de sites patrimoniaux » constitué ces dernières années au sein du réseau associatif des Grands Sites de France, en partenariat avec l’Unesco et plusieurs ministères, qui cherche à améliorer le niveau de qualification des professionnels du patrimoine dans le vaste espace de la francophonie.

Béatrice Perrod-Bonnamour


(1)
Marguerite Gonon historienne et linguiste forézienne (1914-1996), née à Saint-Etienne en 1914, institutrice, chercheur puis ingénieur au CNRS, docteur ès-lettres...


Lieu :
Bibracte

Date :
1er octobre 1996 (arrivée à Bibracte)

Ambition :
Aucune

Personnalité :
Joseph Déchelette

Une phrase :
« Ne pas subir »



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