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ViennAgglo fait « sa » réforme territoriale

Isère le 19 novembre 2014 - Alexandre Bassette - Centre-Isère - article lu 734 fois

ViennAgglo fait « sa »  réforme  territoriale
L'opposition estime qu'il s'agit d'un repli de l'agglomération sur elle-même (D.R.)

Objectifs non-atteints, avenir incertain, gouvernance trop complexe ou dépenses inutiles.

Tels sont les arguments avancés par les élus communautaires pour justifier leur choix de mettre fin à leur collaboration avec deux instances territoriales dévolues au tourisme et au développement du territoire. Des décisions entérinées lors du conseil d’agglomération, jeudi 6 novembre.
Première cible de ce grand ménage d’automne : le Syripel, pour Syndicat Rhône Isère plaisance et loisirs. Il est en charge de la gestion du port de plaisance et de la base de loisirs implantés sur les communes des Roches-de-Condrieu, Condrieu et Chonas-l’Amballan. « Il s’agissait de saisir l’opportunité d’un site présentant de nombreux atouts pour en faire un pôle touristique attractif, avec des répercussions sur un large territoire », explique Pierre Langlais, conseiller délégué au Tourisme.
C’était en 2007. Pour le président de ViennAgglo, Thierry Kovacs, force est de constater 7 ans plus tard que « cette zone ne rapporte rien au pays viennois. Nous n’avons que le parking et les ennuis qui vont avec », explique-t-il. Les élus dénoncent l’absence de vision claire et d’orientations stratégiques. « Dans un contexte financier contraint, les participations financières de ViennAgglo apparaissent de moins en moins justifiées », souligne Pierre Langlais. Pour le syndicat, elles s’élèvent à près de 100 000 € chaque année.
Une position « exagérée » selon le conseiller d’opposition Jacques Thoizet, dont le groupe s’oppose à ce retrait. Le socialiste estime qu’il s’agit d’un « outil intéressant » et qu’une telle décision correspond à « un repli sur nous-même ». Un argument qui ne convainc pas Thierry Kovacs : « On travaille avec Rhône-Pluriel, le Scot, qui va jusqu’en Ardèche, le Pôle Métropolitain, donc le Grand Lyon, Saint-Etienne et la Capi, et entre cantons sur le département, énumère le président. Nous avons suffisamment d’engagements pour pouvoir dire que nous ne sommes pas repliés sur nous-mêmes. »
Avant d’être effectif, ce retrait devra toutefois être accepté par au moins un des deux autres membres du syndicat, c’est-à-dire la communauté de communes du pays roussillonnais (CCPR) et celle de la région de Condrieu. En cas de refus, le préfet de Région pourra être saisi et trancher dans un sens ou dans l’autre.  

« Nous ne sommes pas un tiroir-caisse »

Le dispositif Grand projet Rhône-Alpes (GPRA) Rhône-Médian était aussi dans le viseur des élus communautaires. Avec seulement 5 voix contre, la décision est prise : ViennAgglo se retire. « Il s’agissait, à partir du potentiel de développement de la zone industrialo-portuaire, de construire une réflexion portant sur l’impact de ce site sur les territoires alentours, rappelle Thierry Kovacs. Mais après un an d’échanges, les objectifs sont de moins en moins clairs tandis que la mise en œuvre concrète des projets n’est pas facilitée par une gouvernance d’une grande complexité. »
Depuis 2013 en effet, un seul projet a été déposé : Logistirail, à Saint-Romain-en-Gal. Avec l’adhésion au GPRA, ViennAgglo espérait obtenir 50 % de subventions contre les 25 % habituels. « Nous avons dépensé 37 000 € pour adhérer et n’avons pas eu de subvention supplémentaire, rapporte Thierry Kovacs. Ça fait cher l’heure de réunion et la matière grise. » En 2015, l’investissement devait de plus augmenter jusqu’à 100 000 €.
Si l’opposition souligne sa « difficulté à comprendre le retrait de ce qui correspond à un grand projet pour le territoire », la majorité tient à rappeler « son attachement à la coopération territoriale au service des grands projets » et appelle à un changement de gouvernance pour que l’avenir se clarifie. « Nous sommes d’accords pour prendre part au débat mais pas à financer quelque chose qui ne nous apporte rien, insiste Thierry Kovacs, nous ne sommes pas un tiroir-caisse. » La chasse aux dépenses jugées inutiles continue à tous les échelons.

Alexandre Bassette


Chonas-l’Amballan reprendra-t-elle le dossier Syripel ?

Alors que ViennAgglo a demandé à quitter le Syripel, la commune de Chonas-l’Amballan va-t-elle reprendre la place qu’elle occupait dans le syndicat ? C’est l’une des questions à laquelle les dix-huit élus chonarins ont eu à répondre lors de leur dernier conseil municipal. La commune est historiquement à l’origine du Syripel, avec Les Roches-de-Condrieu, Condrieu, Saint-Prim. Mais depuis la création des intercommunalités, celles-ci ont pris leurs places dans le syndicat. Après avoir entendu leur maire, Lucette Girardon-Tournier, leur exposer la situation et la position de ViennAgglo, les élus chonarins n’ont pas eu l’air très enthousiastes pour reprendre la patate chaude. Affaire à suivre…

Louis Brunel

correspondant local de presse



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