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Verney-Carron prend le tournant de la Défense

Loire le 11 octobre 2014 - Denis Meynard - Industrie - article lu 5630 fois

Verney-Carron prend le tournant de la Défense
Guillaume Verney-Carron est le directeur général de la PME de près d'une centaine de salariés (D.R.)

Après avoir entrepris une diversification dans la sécurité, à travers le Flash Ball et des produits dérivés commercialisés par sa filiale Verney-Carron Security, l'entreprise stéphanoise tente une percée spectaculaire dans le secteur de la défense.

Pour cela, elle s’est portée candidate dans la consultation lancée en mai par la Délégation générale à l’armement (DGA) pour fabriquer le fusil d’assaut qui succédera au Famas, qui était fabriqué à Saint-Etienne au sein de l’ex groupe Giat-Industries (devenu Nexter). Les candidats intéressés, qui disposaient d’un délai de cinq semaines, clos le 28 juin, pour présenter leur projet, devraient être fixés d’ici la fin du mois. Ensuite, une « short list » de trois à cinq d’entre eux sera sélectionnée pour répondre à l’appel d’offres relatif à la commande de 90 000 exemplaires de cette arme de calibre 5,56 mm.

La tâche s’annonce complexe

« Nous avons pour cela créé la société Verney-Carron Armement, où nous sommes majoritaires », indique Guillaume Verney-Carron. Le directeur général de l’entreprise stéphanoise éponyme ne cache pas que la tâche s’annonce complexe car le cahier des charges de la consultation comporte des clauses qui pourraient l’empêcher de concourir.

Parmi elles, figure l’obligation que l’entreprise réalise un chiffre d’affaires annuel d’au moins 80 M€, alors que celui de la PME n’est que d’une douzaine de millions. Autre contrainte imposée : les moyens de production, d’approvisionnement, d’assemblage et d’études indispensables à la fabrication des ébauches, des canons et des têtes de culasse doivent être situés et mis en place depuis au moins trois ans sur le territoire de l’Union européenne ou de l’espace économique européen.

La SAS Verney-Carron Armement, immatriculée à Saint-Etienne  où elle a été créée voici un peu plus d’un an dans le cadre de ce projet, est détenue à 60 % par l’entreprise stéphanoise, associée à Israel Weapon Industrie (IWI), connu notamment pour son pistolet mitrailleur Uzi, parmi les plus réputés au monde.

Cette ex-division « armes de petit calibre » de l’entreprise d’Etat Israel Miltary Industries (IMI) appartient aujourd’hui au secteur privé. IWI a notamment conçu, produit et commercialisé dans plusieurs pays des fusils d’assaut tels que le Galil et le Tavor, sur des bases de Kalachnikov. Le Fast (Fusil d’Assaut de Saint-Etienne), réalisé dans le cadre d’un transfert de technologie, constituerait une évolution « fiable, robuste et à moindre coût de maintenance » de ces précédents modèles, selon ses promoteurs.

Guillaume Verney-Carron, président de la société commune, évalue à une centaine le nombre d’emplois qui pourraient être créés dans l’Hexagone, au sein de cette filiale et parmi ses sous-traitants français. Aussi Gaël Perdriau, maire de Saint-Etienne et président de Saint-Etienne Métropole, a-t-il écrit en juillet un courrier aux ministres du Redressement productif et de la Défense, afin de soutenir cette candidature qui comprend une part non-négligeable de « Made in France ».

Fabricant d’armes à feu depuis 1820, ce dernier cherche à ne plus dépendre du marché peu dynamique du fusil de chasse, à l’instar de ses gros concurrents européens que sont CZ, H&K, FN Herstal, et Beretta. En 2013, le marché de la chasse représentait encore 60% de ses 11,4 M€ d’un chiffre d’affaires qui devrait est proche de 13 M€ cette année.

Denis Meynard

Fusil d’Assaut Made in Saint-Etienne

Hormis Verney-Carron associé à IWI, un autre candidat aurait pu prétendre fabriquer dans la Loire le futur fusil d’assaut de l’armée française. Un jeune et talentueux armurier stéphanois voulait s’attaquer à ce marché de près de 400 M€. Il avait pour cela conçu, à partir d’une évolution du M-16 américain un modèle qu’il a fait tester par la Section technique de l’Armée de Terre. Les déboires professionnels et personnel du jeune homme, qui a subi deux agressions, en 2012 et 2013, à Saint-Etienne, ainsi que sa mise en cause, en décembre dernier, dans un trafic d’armes en provenance d’Italie, ont constitué un coup d’arrêt au défi qu’il s’était lancé.



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