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Verney-Carron prend la défense de son Flash-Ball

Loire le 08 juin 2015 - Denis Meynard - article lu 837 fois

Verney-Carron prend la défense de son Flash-Ball
©Denis Meynard - Guillaume Verney-Carron s'inquiète de conséquences à l'exportation du dénigrement du Flash-Ball.

L'entreprise stéphanoise s'estime injustement attaquée sur son produit phare vendu aux forces de l'ordre dans le monde entier. Elle lance une version compacte destinée aux polices municipales.

Après son élimination de la course à la fabrication du successeur du Famas, Verney-Carron s’estime à nouveau victime de l’attitude des pouvoirs publics à son égard, en perdant apparemment la confiance de certains responsables de la police nationale sur le flash-ball. Après le défenseur des droits, l’an dernier, c’est la directrice générale de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) qui tire ces derniers jours à boulets rouges sur le flash-ball. Elle préconise son retrait, alors qu’il est en dotation dans de nombreuses unités, notamment dans les Bac (brigades anti-criminalité). Le fabricant stéphanois de cet équipement de force intermédiaire, qui est en lien avec le bureau des achats de la police et de la gendarmerie, déclare avoir été « officiellement informé de rien ».

A la suite de l’édition 2013 de Milipol, le salon mondial de la sécurité et de la sûreté intérieure des Etats, « on a envoyé à deux reprises des lots de munitions de nouvelle génération, plus efficace et plus précise, à nos clients de la police et de la gendarmerie, sans aucun retour de leur part », tempête Guillaume Verney-Carron, président du directoire. Il rappelle que l’arme elle aussi a été modernisée dans sa version Super Pro2 et estime que si certains accidents lui sont imputables, d’autres lui sont injustement attribués alors qu’ils ont été provoqués par des lanceurs de balles de 40 mm (LBD40), fabriqués par la firme suisse Brügger & Thomet, dont sont aussi équipés la police et la gendarmerie française.

Le dirigeant de la PME stéphanoise, dont la division sécurité représente environ 40 % du chiffre d’affaires, rappelle que l’utilisation du produit conçu voici une vingtaine d’années doit s’effectuer sur des distances comprises entre 7 et 15 m. Ajoutant que « les incidents constatés résultent souvent d’un usage disproportionné de l’arme ». Il ajoute qu’une partie des quelques milliers de fonctionnaires habilités à l’employer souffre d’un manque de formation, avec cinq tirs pour obtenir l’habilitation et trois autres par an pour la conserver. Il s’inquiète de l’impact négatif de la préconisation de l’IGPN sur ses ventes à l’export, qui représente l’essentiel de ses ventes à venir, et de l’impact économique et sociale pour l’entreprise de 91 salariés qui sort de plus de six mois de chômage partiel.

Guillaume Verney-Carron indique qu’en France les ventes de ce produit ne proviennent plus que des polices municipales, dont celles de Lyon et de Marseille qui se sont équipées. Certaines, comme celle de Saint-Etienne, lui ont préféré le pistolet à impulsion électrique Taser, fabriqué aux Etats-Unis, qui lui non plus n’est pas exempt de critiques. « D’autres comme Montpellier sont intéressées et lors d’une visite en avril dans notre entreprise, Gaël Perdriau a indiqué que l’acquisition de flash-ball par la police stéphanoise est à l’étude », confie la direction de l’armurier stéphanois.

Ce dernier se déclare sceptique sur le concept « une arme deux munitions » envisagé pour le LBD40. Reposant sur l’emploi d’une munition différente dédiée aux plus courtes distances, il risque, selon lui, de générer des accidents. L’appel d’offres pour 40 000 unités de ce nouveau type de munitions a été déclaré infructueux en avril, souligne-t-il. Avant de conclure par une interrogation : « combien d’incidents ou de bavures ont été évités grâce au flash-ball ? »

Denis Meynard

Un nouveau modèle compact porté à la ceinture

Pour satisfaire la demande de certains utilisateurs professionnels qui préfèrent une arme de défense plus discrète et moins encombrante, une version Mini Pro du Flash-Ball en aluminium a été développée. Utilisable d’un seule main, comme n’importe arme de poing, d’un poids d’un kilo, et d’une longueur de 25 cm, avec un canon de 13 cm, elle se porte aussi à la ceinture, dans un holster. Elle est plus particulièrement destinée aux polices municipales.
 



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