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Vals du Dauphiné : un premier budget de « transition »

Isère le 14 mai 2017 - Patricia TRICOCHE - Collectivités locales

Vals du Dauphiné : un premier budget de « transition »
Patricia Perry Tricoche - Magali Guillot présidente des Vals du Dauphiné

Elue à la présidence des Vals du Dauphiné, Magali Guillot maire de Saint-André-le-Gaz et conseillère départementale explique les contraintes qui pèsent sur le tout premier budget de la nouvelle intercommunalité. Entretien.

Que représente cette présidence ?

Nous avons uni les forces de 37 communes, rassemblant 62 000 habitants et nous avons de nombreux défis à relever. Je suis convaincue que l’union fait la force et dans ce domaine comme dans bien d’autres, c’est en mutualisant nos ressources et nos savoir-faire que nous pourrons accéder aux meilleurs résultats. Grâce aux efforts fournis pour cette construction, nous sommes sur un pied d’égalité avec les intercommunalités de même taille. Cette nouvelle intercommunalité va nous permettre de poursuivre notre dynamique économique tout en accompagnant la dynamique démographique et ainsi répondre aux attentes nombreuses de la population.

Le budget afficherait un « trou » d'1 M€, qu’en est-il ?

Le budget 2017 a été voté lors de la séance du conseil communautaire du 6 avril. Lors de cette séance, j’ai rappelé que ce premier budget est déterminant car il s’inscrit dans un contexte totalement singulier. Il a été élaboré en quelques semaines entre les services, dont la nouvelle organisation a été mise en place le 1er janvier. L’exécutif s’est mis en place le 2 février dernier, soit il y a à peine plus de deux mois. Malgré ces délais contraints, nous avons réussi à élaborer un budget primitif sincère et de transition, dont le vote constituera la traduction de notre engagement politique inscrit dans les principes fondateurs que nous avions partagés et validés en 2016. Le budget 2017 est un budget contraint, car les résultats de l’exercice 2016, connus que très récemment, ne sont pas à la hauteur de nos estimations. Nous devons prendre acte de cet héritage et de ces résultats qui vont impacter le budget 2017, mais doivent surtout nous amener à nous mobiliser pour redresser cette situation pour trouver des marges de manœuvres indispensables à la bonne santé financière de la collectivité à terme.

Peut-on parler de déficit de fonctionnement ?

Laurent Michel, vice-président en charge des finances, a expliqué qu’un décalage important a été constaté entre le compte administratif du budget général 2015 et celui de 2016. Il est à noter que ces informations sur les résultats 2016 nous ont été transmises seulement fin février. En effet, la CC Bourbre-Tisserands connaît un résultat déficitaire sur l’exercice 2016 et utilise ainsi une partie importante de ses excédents antérieurs (- 947 166 €) pour équilibrer cet exercice. Cette situation se traduit par un résultat de clôture cumulé sur le budget général des anciennes communautés de communes de 4 168 490 € en 2016, mais par un résultat de l’exercice 2016 de seulement 97 091 €. Il ne s’agit pas d’un « trou », puisque le montant négatif de 947 166 € correspond au différentiel entre des dépenses réellement réalisées et des recettes réellement perçues par l’ancienne CC de Bourbre-Tisserands pour réaliser des actions. Il s’agit donc en aucun cas de malversations. Il convient de parler précisément d’un déficit de fonctionnement sur l’exercice 2016. En résumé, la communauté de communes Bourbre-Tisserands a utilisé, en 2016, son « épargne » constituée les années antérieures pour équilibrer son budget, ce qui est autorisé par les textes mais limite fortement la capacité de financement pour les exercices suivants.

Vos sept engagements sont-ils votre feuille de route ?

Ces contraintes ont amené l’exécutif à opérer, dès cette année, plusieurs arbitrages parmi les différentes priorités. Plusieurs actions envisagées ont été réduites, voire supprimées, et plusieurs recrutements, pourtant nécessaires pour le développement des services sur le territoire, sont gelés. Ces choix sont nécessaires, afin de poser les fondations d’une collectivité qui agira dans la durée. C’est donc un budget de transition. Par une gestion rigoureuse des finances et des méthodes de travail que nous avons d’ores et déjà engagées ces dernières semaines, 2017 nous permettra d’avoir une parfaite vision prospective. Nous aurons à réaliser d’importants efforts en vue de préparer le budget 2018. J’ai en effet pris sept engagements indispensables lors de la réunion de vote du budget :

1/ L’inscription des crédits dans le budget ne signifiera pas que nous engagerons systématiquement ces dépenses. Nous nous interrogerons lors du lancement de chaque action. 2/ Nous n’engagerons aucun nouveau projet si la collectivité ne dispose pas de la capacité de financement et avant d’avoir obtenu confirmation des financements correspondants. 3/ Nous devons nous laisser la possibilité de stopper un projet qui ne rentrerait pas dans la capacité financière de la collectivité ou dont les financements extérieurs seraient revus à la baisse. 4/ Je me suis engagée à présenter, lors de la séance du conseil communautaire du 6 juillet un point d’étape sur l’exécution du budget.

5/ Dans la continuité du projet de territoire, je souhaite que nous nous dotions d’un plan de mandat traduisant notre volonté politique partagée et décrivant les projets qui seront menés. Ce plan constituera la feuille de route, le fil conducteur des trois années de notre mandat. Nous pourrons ensuite élaborer une prospective financière qui nous permettra de savoir exactement où nous allons et de connaitre les conséquences financières de notre projet. 6/ Dès cet été nous allons travailler sur le budget 2018 souhaitant que les commissions soient pleinement impliquées. 7/ Je souhaite enfin que nous travaillions sur les leviers d’optimisation et de rationalisation sur l’exercice de nos compétences, qui nous permettront de dégager des marges de manœuvres supplémentaires à terme, en travaillant notamment sur l’optimisation du patrimoine communautaire et la mutualisation.

Comment résumeriez-vous ces débuts à la présidence ?

Il est toujours difficile de résumer une aventure humaine ! Car une aventure est par définition riche de variations ! Mais je dirais quand même en quelques mots que cette présidence est pour moi une expérience riche de relations humaines et d’ouverture d’esprit. Qui me connaît un peu, sait que je mets au centre de toute approche et décision la relation aux autres et le bien commun. Je m’y emploie.

Propos recueillis par Patricia Perry Tricoche



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