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Manuel Valls au Chambon : « l'Etat sera au rendez-vous »

Isère le 27 juillet 2015 - Caroline Thermoz-Liaudy - Société - article lu 576 fois

Manuel Valls au Chambon : « l'Etat sera au rendez-vous »
Caroline Thermoz-Liaudy - Visite ministerielle

La visite vendredi dernier du Premier ministre pour constater le glissement de terrain en cours dans le lac du Chambon, était très attendue. Par les riverains mais aussi par les élus locaux, qui à tous les niveaux (communal, intercommunal, départemental et régional) attendaient avec impatience un engagement de l'Etat pour remédier à l'enclavement d'une partie de la population.

Pour l’occasion le chef du gouvernement s’est déplacé avec son ministre des transports Alain Vidalies et le « local de l’étape », André Vallini, en charge de la réforme territoriale.

Après le survol de la zone sinistrée par hélicoptère, où il a pu se rendre compte de la fragilité de la falaise qui menace de s’effondrer, et de l’isolement de certains hameaux comme la Grave et les Aymes, le Premier ministre a assisté à un exposé à  deux voix de Jean-Pierre Barbier, président du conseil départemental, et Jean-Paul Bonnetain, préfet de l’Isère. Tous deux ont rappelé les engagements déjà pris pour soutenir les populations impactées (le Département a  engagé 7,3 M€ et s’apprête à rallonger l’enveloppe de 12 M€ pour une dérivation de la partie dangereuse du tunnel).

« Y compris avec les moyens militaires »

En réponse Manuel Valls a assuré que « l'Etat serait au rendez-vous pour financer les travaux nécessaires à la réouverture de la route entre Grenoble et Briançon » tant au niveau des études préalables que sur les travaux […] Même si peu de personnes sont concernées, c’est dans ces moments là qu’on attend la solidarité. L'État n'abandonnera personne et nous mobiliserons les moyens nécessaires ». Manuel Valls s’est donc engagé à ce que l’Etat finance la poursuite des navettes en hélicoptère aussi longtemps qu'il n'y aura pas d'alternative, la participation financière (20 à 30 % du coût) mais aussi à la réalisation de la piste de secours que doit construire le conseil départemental en rive gauche (5 M€ pour une ouverture dans 4 mois), un accord a été trouvé avec l’exploitant du tunnel de Fréjus pour que le prix soit réduit de 75 % pour les habitants du Briançonnais. Et quand l’éboulement aura eu lieu l’Etat participera financièrement à la reprise des navettes lacustres. Enfin, si la circulation de la départementale n’était pas rétablie cet hiver, l’Etat pourrait aider au déneigement du col du Lautaret, « y compris avec les moyens militaires ». Les mots d’ordre qu’il a martelé : compréhension, solidarité, soutien et financement.

La RD 1091 est fermée à la circulation depuis le 10 avril avec de très lourdes conséquences pour les riverains, dont beaucoup vivent du tourisme. La voûte du tunnel est menacée par un glissement de terrain. Depuis trois mois, les riverains ont eu recours à des navettes fluviales (200 000 € du CD38) qui sont aujourd’hui devenues trop dangereuses, à des sentiers de montagne ou de longs détours routiers. Des navettes en hélicoptère ont été mises en place début juillet pour permettre aux habitants de se rendre à leur travail. Un fond de soutien aux entreprises en difficulté est aussi mobilisé à hauteur de 200 000 € pour le département, et consolidé à la même hauteur par un apport de la région. Le président du département de l'Isère, Jean-Pierre Barbier (LR), s'est dit « satisfait du soutien annoncé par l'Etat ».

Le glissement de terrain s'est accéléré

Enfin, il semble qu’une visite ministérielle précipite toujours les choses. Deux jours après la visite de M.Valls, le glissement de terrain s'est accéléré. La préfecture a pris un arrêté renforçant les mesures de sécurité. « Les masses en mouvement connaissent une nouvelle accélération dont les vitesses moyennes de déplacement augmentent de jour en jour. Le pied de la falaise s'est déplacé de 4 m vers l'aval depuis le début du mois de juillet ». Il est désormais interdit de naviguer sur la retenue, d’accéder aux berges et de pêcher, de survoler sauf pour les aéronefs de secours, de l’État et de rotations aux navettes de population.

Caroline Thermoz-Liaudy

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Pourquoi on ne dynamite pas

Face à une situation qui ne progresse que très lentement depuis le mois d’avril, certains s’interrogent : pourquoi ne pas dynamiter la falaise comme on le fait pour la prévention d’avalanche ? Pourrait-on perdre les financements liés à la catastrophe naturelle si on « aidait » un peu la montagne à tomber ?

« Aujourd’hui, expliquait le préfet de l’Isère, la fracturation hydraulique est inenvisageable, car le terrain est tellement fracturé que si on injectait l’eau, on ne saurait pas où elle irait. Et le terrain est trop dangereux pour une purge par explosifs. » En effet, la surface est tellement friable que l’on ne peut pas anticiper la réaction du pied ou du haut de la montagne. Une position partagée par le président du département. « Le minage technique est beaucoup trop risqué. Nous pourrions avoir un terrain miné, sans que nous puissions faire exploser les mines. Imaginez une montagne truffée d’explosifs qui n’explosent pas. Cela bloquerait toute autre solution. Et puis l’autre raison c’est que si demain, la main de l’Homme décide de faire exploser une partie de la montagne et que ça provoque des dégâts, la responsabilité de celui qui aura pris la décision sera engagée. Dons là, il y a une vraie question de responsabilité. »
 



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