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Utopie, abstraction et simulation, un voyage onirique au musée d'Art moderne

Loire le 28 mars 2015 - Daniel Brignon - Expositions - article lu 574 fois

Utopie, abstraction et simulation, un voyage onirique au musée d'Art moderne
Daniel Brignon - Construction labyrinthique de Lee Bul et son reflet au sol

S'inscrivant parmi les expositions de la Biennale internationale Design, la rétrospective Lee Bul participe à la découverte de la création coréenne mise à l'honneur dans cette Biennale. L'une des plus importantes figures de la scène artistique contemporaine coréenne, Lee Bul occupe en effet les salles centrales du musée d'Art moderne et contemporain de Saint-Étienne, voisinant avec deux autres artistes, l'Américain Jonathan Lasker et l'Italien Serse.

Première exposition muséale monographique en France de l’artiste coréenne Lee Bul, elle occupe deux salles centrales du musée d’Art moderne de Saint-Étienne, l’une d’elle consacrée à six installations monumentales, la seconde, à la manière d’un atelier, à des esquisses, peintures et encres de Chine qui révèlent la naissance de l’univers onirique de l’artiste.

Dans les architectures-installations monumentales, réalisées en 2012, les motifs puisés dans une nature fuyante et éphémère sont adossés à des constructions techniques évoquant un progrès, un surréel chimérique, simulacre du futur tout autant incertain et fragile. Miroirs, labyrinthes égarent volontiers le regard, déstabilisé face à des constructions improbables, un univers fragmenté, réel ou imaginaire ?

Jonathan Lasker

Poursuivant sa présentation de la scène artistique new-yorkaise, le musée d’Art moderne accueille cette fois Jonathan Lasker, né dans le New Jersey en 1948 et peintre à New York.

Il représente la deuxième génération d’artistes qui réinterprètent l’abstraction et la peinture abstraite américaine au début des années 1980. Jonathan Lasker s’inscrit dans un contraste symétrique avec la quête de pureté et d’homogénéité de l’art minimal qui tend au silence. Il est au contraire très bruyant de matière et de couleur. À l’aide de quelques formes, lignes et gestes calligraphiques, l’artiste se forge une orthographe de signes qui jouent entre eux de correspondances, oppositions, superpositions, évoquant la permanence du changement et la variabilité des relations. Il fait et défait les formes construites, les rapproche, les confronte, les croise. Jonathan Lasker ne travaille pas selon « le procédé de peinture intuitive », qui « ne me convient pas », dit-il, mais selon la méthode classique de construction à l’aide de croquis et d’études. « Mon but principal, poursuit-il, est de produire une image convaincante et provocatrice, une image qui soulève une interrogation. »

Serse

Fabrizio Roma, dit Serse, qui vit et travaille à Trieste présente dans une troisième exposition au musée d’Art moderne, une soixantaine d’œuvres réalisées patiemment sur papier au graphite et marouflées sur feuille d’aluminium.

Ses dessins imitent des éléments de la nature avec un réalisme qui suscite un doute sur leur réalité, un questionnement devant d’énigmatiques visions de paysages inventés. Ces compositions silencieuses et froides posent la question au cœur de cette œuvre : cette réalité que je vois existe-t-elle ou non ?

La suite du temps

Sous le titre La suite du temps, le cabinet d’art graphique du musée d’Art moderne affiche en regard le travail de deux photographes, le Stéphanois Yves Bresson et le photographe italien Massimiliano Camellini, qui livrent les instants suspendus de deux sites industriels abandonnés à Turin et Pont-Salomon. Un voyage dans le temps qui a recouvert de sa patine les objets silencieux, qui pourtant disent quelque chose de l’activité qui y a eu cours. Une histoire à reconstruire en imagination.

Daniel Brignon

+ NOTES: Expositions jusqu’au 17 mai

Des expositions habitées

Le musée d’Art moderne et ses salles d’exposition seront visitées et habitées par plusieurs performances artistiques.

« Des cailloux sous la peau », une performance de la compagnie Vilcanota qui propose une déambulation dans les expositions Lee Bul et Serse. Il s'agit d'« une exploration singulière dans la matière en mouvement », conduite par les danseurs qui orientent le regard vers des espaces dévoilées sous un jour nouveau. Vendredi 27 mars à 18 h 30.

« Entre le rêve, la décadence et le chaos : lectures poétiques », une balade poétique dans laquelle certaines œuvres de la collection et des expositions trouveront des résonances singulières, notamment avec l’œuvre de Charles Baudelaire. Vendredi 3 avril à 18 h 30.

« Évolution », une performance audiovisuelle de Bernard Szajner, qui fait appel à l’inconnu, au mystère, à l’utopie et à la ruine. Autant de questions qui font écho à l’exposition Lee Bul. Vendredi 10 avril à 18 h 30.
Tarif : 7 €, réduit : 5 €. Réservation : mamc.accueil@agglo-st-etienne.fr ; tél : 04 77 79 52 41.



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