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Une rétrospective Armand Charnay enfin réalisée

Loire le 24 octobre 2015 - Béatrice Perrod-Bonnamour - Expositions - article lu 860 fois

Une rétrospective Armand Charnay enfin réalisée
Chercheuses de champignons, huile sur toile 19 x 33 cm

Ambassadrice en peinture, Danièle Miguet, conservateur en chef du Patrimoine, se bat depuis près de vingt pour faire redécouvrir l'œuvre oubliée d'Armand Charnay (1844-1915). Grâce à elle, à l'occasion du centenaire de la mort du peintre, Bourron-Marlotte où vécut l'artiste, présente cinquante huiles, aquarelles, dessins pour beaucoup inédites de « ce petit-maître » au grand talent.

Né en 1844 à Charlieu, ce fils de notaire se fit un nom dans le domaine de l’art comme peintre, dessinateur, graveur. Très vite remarqué, il expose lorsqu’il a 20 ans pour la première fois deux paysages au Salon des Beaux-Arts, salué par la critique, il obtient successivement plusieurs médailles et ensuite, le privilège d’être membre du jury du Salon. Sa qualité d’artiste reconnu lui vaudra d’être décoré de la Légion d’honneur.

Peintre de la nature, de la campagne et de la forêt, il peuple ses paysages de personnages vaquant à leurs occupations rurales, laissant à la postérité des vues pittoresques des villages roannais et des alentours. Ainsi la petite huile : Chercheuses de champignons, aux frontières de l’impressionnisme. Charnay met en scène des dames chapeautées dans un bois. Économie de couleurs, des bruns, des verts. Des touches de rouge en résonance. Quant aux scènes de plage, témoignages des villégiatures de l’artiste sur la côte normande, elles lui vaudront un grand succès auprès des Anglo-Saxons.

Comme pour beaucoup de « petits maîtres », c’est l’Impressionnisme qui balaiera son nom, focalisant l’attention sur quelques personnalités de ce courant audacieux dont on sait le tournant qu’il marqua dans l’histoire de la peinture.

Musée éphémère

De son vivant, Charnay avait conçu un projet de musée pour sa ville natale de Charlieu, pour laquelle il réserva un grand nombre de ses œuvres, ainsi que des toiles, dessins, sculptures d’autres artistes connus de son temps ainsi Baruye,  Merson, Meissonnier… Ce musée  fut effectivement créé, à la l’instigation de la Société des Amis des arts de Charlieu en 1934, mais il connut une durée de vie éphémère, quelque vingt ans. Seul demeure aujourd’hui, inscrits dans la pierre, au fronton de l’actuel centre des visiteurs de l’abbaye de Charlieu, l’inscription « Musée de Charlieu ».

Ce n’est qu’en 1997 que la société des Amis des Arts de Charlieu décide de faire don des œuvres de Charnay au musée municipal contrôlé par le ministère de la Culture, créé quelques années plus tôt et doté d’un conservateur professionnel. « Cette action devait permettre la sauvegarde de cette collection, la réalisation d’un inventaire informatisé et la mise en œuvre d’un conditionnement adapté ainsi que la publication sur la base Joconde, la rendant visible à tous les spécialistes et passionnés de peinture ».

Depuis, Danièle Miguet œuvre inlassablement pour montrer les toiles de Charnay, propriétés de la Ville de Charlieu, à un public séduit par la délicatesse de sa peinture et l’atmosphère qui s’en dégage.

Charnay en permanence ? 

« Je rêve d’une salle où les toiles de Charnay seraient exposées en permanence », confie  la conservatrice, qui a organisé pas moins de dix expositions partout en France, permettant  le nettoyage, la restauration ou l’encadrement de quelques œuvres, financés par les emprunteurs. « Mais la tâche reste immense, car le fonds comprend plusieurs centaines de toiles et dessins, mêmes si quelques-uns ont été irrémédiablement détériorés, perdus ou volés pendant les années de déshérence qu’a connu la collection ».
2015 marque une étape importante dans le combat mené par Danièle Miguet. « Elle commémore le centenaire de la disparition du peintre et marque l’aboutissement d’un projet né il y a dix ans. À savoir, organiser une grande rétrospective Armand Charnay, en Seine-et-Marne, à Bourron-Marlotte, petite cité près de Fontainebleau, où celui-ci vécut 40 ans ».

Danièle Miguet a su convaincre les élus de Charlieu de prêter 50 œuvres pour cette exposition temporaire à Marlotte. Elle devrait connaître un retentissement important grâce au délégué des Affaires culturelles de la cité, Nicolas Quénu, tombé sous le charme du peintre charliendin.

Béatrice Perrod-Bonnamour

Aux frontières de l’Impressionnisme : Armand Charnay, Bourron-Marlotte, jusqu’au 6 décembre.

Un peintre et défenseur de la nature

Charnay peint en plein air, garde le point de vue frontal et l’illusion de la profondeur chers aux classiques, tout en donnant aux contours et aux volumes, des formes mouvantes et évanescentes.

Inconditionnel de la nature, écologiste avant l’heure, il milite alors qu’il vit à Marlotte pour que l’on n’abatte pas les arbres de la forêt de Fontainebleau. Cette forêt qu’il a découverte en 1866 et qui fut pour lui un éblouissement. Il combat un projet de carrière au cœur de la forêt alors qu’il est frappé d’un décollement de rétine dans les années 1907 et qui le forcera à abandonner la peinture.



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