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Une création hip-hop franco-malienne made in Saint-Etienne

Loire le 20 février 2014 - Florence Barnola - Agglomération stéphanoise - article lu 552 fois

Une création hip-hop franco-malienne made in Saint-Etienne
Dyptik est le nom d'une compagnie de danse hip-hop stéphanoise. C'est aussi celui d'un spectacle, fruit d'une rencontre entre deux cultures, deux pays : le Mali et la France. La création se jouera au Centre culturel de la Ricamarie les 27 et 28 février prochain.

«  Avec Dyptik, en faisant dialoguer la France et le Mali, j’ai fait le pari que le croisement et l’interaction de deux identités culturelles et artistiques nourriraient ma recherche chorégraphique et l’amèneraient à dépasser ses codes habituels », raconte Souhail Marchiche, le chorégraphe, fondateur de la compagnie de danse Dyptik.

D’où le bien nommé Dyptik, le deuxième opus d’un travail commencé en 2011. A cette époque Souhail Marchiche et Mehdi Meghari (danseur, chorégraphe et co-fondateur de la compagnie), après avoir monté la pièce En Quête qui traitait du déracinement, ont eu envie de poursuivre leur questionnement sur la quête identitaire : « Travailler autour des conséquences du déracinement sur l’identité nous semblait incontournable, comme un prolongement ».
Fin 2012, le hasard met sur le chemin de Dyptik, alors nommée Melting Force, la compagnie malienne Dogmen G. Les danseurs B-Boys de Bamako sont considérés comme les représentants de la danse hip-hop au Mali et oeuvrent beaucoup pour transmettre cet art aux jeunes. « La rencontre avec les danseurs maliens et leur richesse chorégraphique a servi de déclencheur. J’allais pouvoir confronter nos exigences et notre spécialisation au vaste éventail de leurs pratiques et à leur aisance à manier des styles de danse variés. » En 2013, une collaboration dansée bi-culturelle voit le jour. Sous la direction de Souhail Marchiche, ils sont huit danseurs à partager différences et points communs, quatre danseurs maliens (Mamadou Camara, Modibo Keita, Salah K) et quatre français (Alison Benezech, Valentina Corosu, Toufik Maadi et Mehdi Meghari) : « Les émotions de chaque danseur, confronté à l’autre et enrichi de sa différence, constituent l’essence de cette pièce. C’est pour cela que j’ai tenu à les impliquer étroitement dans le travail d’écriture et de création. Le dialogue qui s’est instauré nous a notamment rappelé que le hip-hop porte un langage pluriel qui incite à bousculer sans cesse les habitudes chorégraphiques. »
Des improvisations, de la rencontre de deux cultures et de corps différents est né ce spectacle sur l’identité : « La chorégraphie se nourrit de nos différences d’esthétique, d’énergie et de gestuelle. Cette démarche artistique représente un vrai défi pour les danseurs ». Les répétitions ont eu lieu entre le Mali et la France contribuant à la richesse du thème travaillé. « L’alternance du temps de travail entre la France et le Mali a justement permis à chacun d’eux de quitter ses repères, de ressentir le dépaysement et d’expérimenter l’altérité pour mieux les retranscrire sur scène. »   
Les répétitions courront jusqu’à fin février jusqu’à la première ricamandoise le 27. La séance de travail à laquelle nous avons pu assister fin janvier a encore une fois démontré le très beau travail de cette compagnie stéphanoise. A n’en point douter, cette nouvelle création sera d’une grande force émotionnelle et une belle ode à la mixité. Cerise sur le gâteau, Patrick De Oliveira a réalisé un sublime travail sonore.

Florence Barnola


Dyptik  par la compagnie du même nom, le 27 et 28 février à 20 h 30 au Centre culturel de la Ricamarie



Dyptik, ex-Melting Force

La compagnie Dyptik est née en 2013, formée par le duo Souhail Marchiche et Mehdi Meghari. Les deux danseurs chorégraphes se connaissent et travaillent ensemble depuis 1998, date à laquelle ils se sont rencontrés au sein du collectif Melting Force. Ils en assurent la direction artistique en 2007. On doit au binôme la chorégraphie de la Biennale de la danse de Lyon de 2010 et 2012 ainsi que l’organisation de la compétition départementale Battle of the Loire.
Ce nouveau nom de compagnie, marque pour les deux artistes une maturité « Avec Dyptik, nous voulons véhiculer les valeurs du hip-hop, respect, échange, transmission, tout en nous inscrivant dans une approche professionnelle et artistique de la discipline. »



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