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Une cour d'assises au Petit Louvre

Loire le 05 juin 2015 - Béatrice Perrod-Bonnamour - Spectacle, Théâtre - article lu 183 fois

Une cour d'assises au Petit Louvre

Le 18 juin, l'association des Amis du Petit Louvre reconstitue le procès de Sébastien Peytel, notaire à Belley, accusé en 1838 d'un double meurtre. Coupable ou non-coupable ? Le public sera invité à se prononcer.

« Chaque année, le Petit Louvre choisit un thème pour ses conférences de printemps. Le choix s’est porté sur la Justice », raconte Monique Vialla, vice-présidente des Amis du Petit Louvre. Jacques Rouzet, scénariste de télévision, a ouvert la saison avec une causerie sur les crimes dans le Roannais. « Ayant lu l’ouvrage du bâtonnier P.-A. Perrod qui s’était penché  dans les années 1950, sur l’affaire du notaire Peytel, accusé en 1838 à Belley (Ain) du double meurtre de son épouse et de son domestique, j’ai été très intéressée par l’un des plus grands faits criminels de la Monarchie de Juillet qui resta pour beaucoup une énigme. Je voulais savoir pour quelles raisons de grands hommes comme Honoré de Balzac, Gavarni et Lamartine prirent position pour Peytel. Le sujet a été retenu par l’ensemble du bureau. Restait à mettre en œuvre le projet. »

Bois de Justice

Il fallait réaliser d’abord un condensé des quelque 600 pages du livre de P.-A. Perrod, scénariser ce grand procès qui dura cinq jours aux assises de Bourg-en-Bresse du 26 août au 31 août 1839. Après le rejet de recours en grâce, Peytel fut guillotiné le 28 octobre 1839 à midi, par le chef des exécutions criminelles de France, Deibler qui, avec ses « bois de justice » se déplaçait de ville en ville. Pour Monique Vialla, passionnée d’Histoire, baignée dans le monde de la justice, et qui par ailleurs connaissait les arcanes de l’écriture d’un scénario, il ne restait qu’à prendre la plume et à s’atteler à cette « lourde » production. Un projet audacieux ! Et qui après neuf mois d’écriture s’est concrétisé.

Au café

Mais tout n’était pas bouclé. Il fallait réaliser la mise en scène, trouver les acteurs. « Incroyable, avec Anne-Marie Debarnot, présidente du Petit Louvre, nous avons recruté nombre d’interprètes au café de la Pacaudière. Certains ont été amusés par le projet et ont accepté avec humour de jouer le jeu. D’autres sont partis en courant. Ainsi le casting des témoins a-t-il été bouclé rapidement. Il restait la cour ! Là, j’avoue que j’ai fait appel à mes connaissances. J’ai proposé à Jean-Paul Renard d’assurer la présidence de ce tribunal reconstitué. Ancien président du tribunal de commerce de Roanne, il été emballé par l’idée. Sans problème, tout s’est enchaîné. Alain Lewinger (ancien président du TCR) et André Roux (vice-président) ont accepté d’être ses assesseurs, Michel Pawloff, procureur du roi, Me Pierre-Yves Lucchiari, avocat en exercice, avocat la défense. Quant à Jean-Pierre Clément qui endosse le rôle délicat de l’accusé il campe un Peytel de haut vol. »

Mme Vialla, de plus a pris la peine de rencontrer Mme Rouchouse,  substitut du procureur de Roanne qui lui donna des conseils éclairés sur le cérémonial d’une cour d’assises. Elle sera présente lors la reconstitution du 18 juin. Laurent Beard, magistrat stagiaire au tribunal de Roanne, a pris le soin de guider les répétitions.

Regard sur l’affaire Peytel

Dans la nuit du 1er au 2 novembre 1838, Sébastien-Benoît Peytel, notaire à Belley, revenait de Mâcon, en compagnie de sa femme Félicité, enceinte de cinq mois et de son domestique, Louis Rey. Ces deux derniers furent assassinés, l’épouse par une arme à feu et le domestique à coups de marteau.

Ces crimes eurent lieu sur la route qui longe la rivière du Furans après avoir franchi le Pont d’Andert, route qui emprunte la montée boisée de la Darde pour rejoindre Belley…

Le bâtonnier de Lyon,  Pierre-Antoine Perrod (1907-1994) essaya d’apporter toute la lumière sur l’un des grands faits divers criminels de la Monarchie de Juillet. Son livre L’Affaire Peytel publié  en 1958 fut couronné par l’Académie française. Il mena une enquête rigoureuse, découvrit des documents inédits et retraça avec une grande justesse tout ce procès qui défraya la chronique. Juriste de talent, grand avocat, Bernard Pivot disait de lui : « il devenait le tribunal à lui tout seul, il en était le président, il en était l’accusé ».

Ce procès d’après le livre de l’avocat lyonnais a été adapté pour la télévision.

 

B. P.–B.

Avez-vous une intime conviction ?

En venant assister à cette reconstitution théâtrale du procès Peytel, le public endosse le rôle des jurés et à la fin du spectacle ou plutôt de l’audience, il sera demandé aux spectateurs, dans le silence et la sincérité de leur conscience de voter sur la culpabilité ou non de Peytel, en choisissant  le papier rouge (coupable) ou le papier vert (non-coupable) distribués à l’entrée. Une urne circulera dans la salle pour recueillir les votes.  

Pratique

Procès Peytel, salle polyvalente ERA à la Pacaudière, jeudi 18 juin à 20 h. Entrée 8 €, gratuit pour les enfants. Renseignements : www.lesamisdupetitlouvre.fr



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