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Un Stéphanois expérimente une BD aléatoire

Loire le 09 mai 2015 - Xavier Alix - Sciences, Santé, Environnement - article lu 266 fois

Un Stéphanois expérimente une BD aléatoire
Xavier Alix - Peu de chances d'application commerciale mais le projet ne manque pas d'interpeller pour son art et sa technique

A l'occasion de la dernière Biennale internationale du Design, un jeune designer fraîchement diplômé de l'Esadse (1) proposait d'expérimenter « Et dans la salle suivante ». Bande dessinée numérique au destin aléatoire selon les choix du lecteur et du prototype…

Doit-il maintenant aller tout droit ? Prendre les escaliers du bas ? Du haut ? Au lecteur de trancher entre ces choix qui se présentent systématiquement à l’issue de la lecture de chaque page. Page de 30 cm de large correspondant à une salle d’un donjon dans lequel évolue un barbare. Sorte de Conan inspiré de l’univers « heroic-fantasy » en quête de princesse à délivrer, sorti d’un coup de crayon humoristique de Martin Guillaumie.

Le choix du lecteur effectué, le prototype revêtu de bois de ce jeune designer diplômé en 2014 de l’Esadse associant un ordinateur et une imprimante thermique détermine puis imprime de manière aléatoire la suite : pièges, rencontres, combat etc. Si le héros survie à l’issue de cette nouvelle page, le choix entre les trois directions pour la suivante est à nouveau proposé. Cela peut ainsi théoriquement durer jusqu’à épuisement du papier !

« La taille du rouleau est de 30 m. Mais le record que j’ai enregistré est de 9 m, constatait Martin Guillaumie durant la dernière Biennale internationale du design de Saint-Etienne qui exposait sa BD dans le cadre de l’exposition Multitude du NDesign+1, Même si j’ai été aidé sur le code informatique, ce n’était pas vraiment le plus compliqué. Le plus long a été de réaliser les 1 000 dessins que combine au hasard mon prototype. » 500 dessins de décors, 500 autres de personnages en mouvements sans oublier les textes. « C’est une BD muette, sans bulles, clin d’œil aux débuts de la BD classique dans la mesure où la BD numérique en est à ses balbutiements. J’ai réalisé quelque chose entre les deux qui interroge. Il me fallait donc un scenario simple. »

Projet de fin d’études de Martin Guillaumie, diplômé en 2014 et aujourd’hui designer indépendant exerçant à Saint-Etienne, cette BD avait été exposée fin 2014 au centre G.-Pompidou à Paris. Et devait l’être cette année à nouveau à l’étranger. A Londres notamment. Sollicitée par le jeune designer, l’implantation française de la société Brother, géant mondial de la gestion de documents, a sponsorisé le projet en fournissant l’imprimante thermique (transportable mais dont l’impression s’efface à terme). Pour une économie pécuniaire - ce matériel coûte entre 700 et 1 000 € -  et une meilleure performance .

 Xavier Alix

1École supérieure d'art et design de Saint-Étienne



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