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Un député de l'Isère en pointe contre l'anorexie organisée

le 31 mars 2015 - Arnaud DE JUBECOURT - Société - article lu 1859 fois

Olivier Véran député suppléant de Grenoble vient de rendre son siège à Geneviève Fioraso. Il avait pris ses fonctions lorsque Geneviève Fioraso dont il était le suppléant, est devenue ministre du gouvernement Ayrault, puis secrétaire d'état dans le gouvernement Valls. Agé de 32 ans, Olivier Véran est médecin neurologue au CHU, et passionné par les questions de santé.

Membre de la commission affaires sociales à l’assemblée nationale, il a participé à des réflexions sur différents sujets relatifs à la santé : l’assurance maladie, la filière sang, l’emploi médical. Aujourd’hui, il s’engage contre l’anorexie, fléau des temps modernes qui touche presque 2 jeunes femmes sur 100 et dont la fréquence augmente dans le monde entier, comme du reste les autres troubles du comportement alimentaire (boulimie notamment). Il souhaite avant tout que l’anorexie ne soit pas encouragée, notamment par les agences de mannequins qui privilégient outrancièrement la maigreur, parce que c’est la mode : les vêtements sont parait il « mieux mis en valeur sur un corps maigre qui induit un flottement des vêtements». C’est du moins la vérité qui prévaut depuis quelques années, au point que plusieurs mannequins souvent très jeunes sont mortes de sous nutrition, avec un poids inférieur à 40kg pour des tailles de plus de 1,74m. Femmes objets ou objets de design, elles n’ont pour l ‘instant pas ému la profession qui continue à privilégier «ce qu’elle appelle pudiquement « l’extrême minceur ». Certains pays ont commencé à légiférer contre cette dictature du design, notamment Israël et l’Espagne.

15cm d'écart entre les jambes : c'est la nouvelle règle édictée par les designers, qui met en péril la santé des mannequins.

 

La France pourrait emboîter le pas, à l’occasion de la prochaine loi santé. C’est du moins le souhait de Olivier Véran, qui propose deux amendements : l’un pour fixer un indice de masse corporelle (IMC, calculé en divisant le poids par la taille au carré) en deça duquel les mannequins ne pourraient plus être embauchées ; cet amendement a finalement été rejeté par l’assemblée. Un autre amendement (CS1674) concerne la lutte contre l’apologie de l’anorexie, et a été adopté.  Personne ne se fait d’illusion sur la portée de ce texte qui reste somme toute limité. Mais il importait pour le député isérois que la loi contribue à lutter contre ce véritable problème de santé publique, en attendant que la mode change. Mission accomplie juste à temps, puisque le député Véran redeviendra simple suppléant lorsque Geneviève Fioraso reprendra son poste , après avoir quitté son ministère pour raisons de santé.

L’anorexie mentale
L’anorexique veut limiter son poids, même s’il a faim, en se privant, ou en se faisant vomir. Son indice de masse corporelle est inférieur à 18,5 kg/(m)2 (poids (kg)/taille (m)2) avec un amaigrissement de plus de 15 % du poids. L’anorexie touche 230 000 personnes en France, principalement des femmes (95%) surtout entre 15 et 25 ans. Elle est favorisée par certains contextes et antécédents familiaux, par l’anxiété ou la dépression. Elle peut entraîner des complications comme l’ostéoporose. Elle se soigne avec de bonnes chances de guérison.



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