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Un CSBJ bien dans son territoire Nord-Isère

Isère le 02 avril 2015 - David Merle - Sports - article lu 1616 fois

Un CSBJ bien dans son territoire Nord-Isère
(photo Eric Séveyrat) - Martial Manier

Martial Manier, président du CSBJ se confie sur le destin d'un club qui revient de loin. Même si sportivement les résultats ne sont pas encore au rendez-vous le convalescent ne s'en sort pas si mal conforté dans son statut de club attaché à son territoire et réciproquement.

Comment définiriez-vous l’identité du CSBJ ?

Nous sommes avant tout un petit club rural, un club qui doit se battre au quotidien pour exister. Nous sommes très attachés à notre territoire, nous essayons d’impliquer un maximum d’acteurs locaux, de fédérer un maximum d’énergies. Mutualiser, toujours et encore. Nous devons voir au-delà de Bourgoin-Jallieu, nous avons tout intérêt à être présents sur l’ensemble du territoire de la CAPI (Communauté de l’Agglomération Porte de l’Isère) et sur l’est lyonnais.

Comment se positionne votre club sur l’échiquier du rugby professionnel ?

Il faut être réaliste le rugby ne peut pas faire abstraction du contexte de  crise économique et de chômage. Je n’entends pas passer le plus clair de mon temps à  faire rentrer de l’argent. Chez nous les salaires sont maîtrisés. Un joueur peut même escompter gagner plus en jouant à un échelon inférieur que ce que nous proposons en Pro D2. Nous offrons l’opportunité de jouer à haut niveau. On vient jouer au CSBJ par passion. Ici ce n’est pas la piste aux étoiles.

Les finances justement, ce ne doit pas être évident pour un « petit club rural »?

Non, surtout que nous continuons d’apurer l’ardoise dont nous avons héritée. Même si nous ne dépensons pas ce que nous n’avons pas, l’exercice budgétaire est délicat car il nous faut éponger. Concrètement le budget du club pour cette saison 2014-2015 est de 4,7 m€, 1,4 pour l’association et 3,3 pour la section professionnelle. Nous recevons 400 000 € de subvention des collectivités et 900 000 € de la ligue au titre des droits TV.

Attendez-vous plus d’engagement des collectivités?

La subvention moyenne d’un club de Pro D2 est de 1m€. Nous faisons rire tout le monde avec nos 400k€. Que l’on ne nous donne pas plus d’argent est une chose mais nous sommes en droit d’attendre des outils car nous remplissons une réelle mission sociale. Conséquences, nous devons nous débrouiller avec nos petits bras. J’ajoute que le conseil général de l’Isère a fermé les vannes depuis bien longtemps au motif que le sport professionnel ne relève pas de sa mission là où le Racing Club de Toulon s’appuie sur le département du Var, l’Union Sportive Montalbanaise sur le Tarn-et-Garonne.

Pourtant le CSBJ fait partie du patrimoine local ?

Vous avez raison mais j’ajouterais que le club peut très bien être perçu comme un outil marketing de développement du territoire. Nous avons notre rôle à jouer dans la promotion du Nord-Isère dans le tissu économique national, lors des 15 journées de championnat que nous disputons à l’extérieur notamment. Les choses avancent très doucement sur ce dossier, tout reste à faire.

Des projets à l’aube de cette fin de saison ?

Oui, deux. Nous ouvrons à la rentrée 2016 un centre de formation à Pusignan (Est Lyonnais) en partenariat avec le Rugby Lyon Reel (Rugby Entente Est Lyonnais) XV. L’objectif est de permettre aux jeunes de l’Est Lyonnais d’intégrer le club tout en leur épargnant de fastidieux trajets. Et puis nous souhaitons refaire la tribune d’honneur du stade Pierre-Rajon idéalement dès la fin du championnat sinon l’année prochaine mais le projet est ferme. La capacité passera de 630 à 890 places assises. Ce projet s’inscrit dans le cadre d’une remise aux normes de cet équipement avec la question du label Stades de la Ligue nationale de rugby en filigrane.

Et le sportif dans tout ça ? Quel regard jetez-vous sur le classement du CSBJ ?

Le Top 14 et le haut de tableau de Pro D2 nous sont inaccessibles. Notre objectif sportif se situe à partir du premier tiers de Pro D2. Nous nous devons de redorer notre blason, cela passe par une demi-finale. Tant que nous n’aurons pas atteint ce stade de la compétition nous n’aurons rien fait. Je suis convaincu que nous avons l’effectif pour mais que voulez-vous, nous avions un contrat avec les joueurs malheureusement ils ne l’ont pas respecté.

On vous sent amer sur ce dernier point ?

Le joueur professionnel est compliqué. Je le dis tranquillement: nous sommes victimes d’une escroquerie cette saison.

Propos recueillis David Merle, Eric Séveyrat.




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