Fermer la publicité

Un cri ! La (Grande) guerre sans fin

Loire le 29 août 2015 - Daniel Brignon - Expositions - article lu 280 fois

Un cri ! La (Grande) guerre sans fin
La fleur au fusil

Le musée d'histoire du XXe siècle d'Estivareilles présente une nouvelle exposition temporaire sur la Grande Guerre : Un cri ! La (Grande) guerre sans fin, une série des 32 peintures de Philippe Bouillaguet, qui évoquent, jusqu'à en en donner la sensation, le tourment de la guerre, de toutes les guerres.

Artiste autodidacte alti-ligérien, Philippe Bouillaguet a peint dans une série de toiles datées de 2010 l’absurdité de la guerre de 14-18. Il raconte, avec les armes du peintre, la violence, l’horreur, l’omniprésence de la mort. Un récit poignant de la Grande Guerre qui veut surprendre, pour le moins déranger, voire déstabiliser : pousser le visiteur dans ses  retranchements.

« Étonnante et dérangeante, la peinture de Philippe Bouillaguet nous laisse au premier regard quelque peu sidérés. Des scènes de violence et de mort se jouent dans un tournoiement de couleurs vives, de flammes, dans un enfer où nulle échappatoire n’est possible. Aucun ciel, aucun horizon, aucune lumière extérieure dans ces représentations où ne filtre aucun air. C’est un monde clos, saturé de flammes, une sorte de tourbillon dévorant », décrit la photographe Michèle Gendrat, ajoutant « L’artiste peint la guerre, ou plutôt la quintessence de la guerre : chaos, fulgurance de la mort, désarroi, angoisse… mais sur un mode singulier, figuratif sans être réaliste. »

« Philippe Bouillaguet peint sans croquis préalable, d’un trait, d’une longue respiration, sans reprendre haleine, en transe. C’est une peinture kaléidoscopique qui se fixe sous le regard, un tumulte immobile, un confinement difficilement contenu à la “surface-support“. Chutes de panneaux d’aggloméré de bois, portes de placards, bouteilles, malles et cantines, la boulimie du peintre n’a pas de limite, mue par une nécessité intérieure », commente à son tour Henri Pailler le conservateur en chef des musées du Forez, qui accueille l’exposition.

Mu par une profonde blessure personnelle, une histoire familiale qui le hante, Philippe Bouillaguet évoque l’horreur indescriptible, juste saisie dans la fulgurance du geste, de la Grande Guerre, mais aussi de toutes les guerres, depuis celle qui devait être la dernière… Il parle aux hommes et aux femmes du XXIe siècle en tentant de provoquer un impact sur la mémoire.

Daniel Brignon

Musée d’histoire du XXe siècle, Résistance et Déportation, à Estivareilles, jusqu’au 30 novembre. Ouvert tous les jours de 14 h à 18 h. Tél. : 04 77 50 29 20.



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide