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Ultra Nova enfin repris

Loire le 16 janvier 2014 - Aline Vincent - Roannais - article lu 463 fois

Ultra Nova enfin repris
(D.R.)

L’offre de reprise du fabricant de lames de scies roannais Ultra Nova vient d’être validée, après plusieurs mois de consolidation du dossier.

Considérant que les conditions d’une poursuite pérenne de l’activité avaient enfin été réunies, le tribunal de Commerce de Roanne a déclaré l’offre de l’indien Trident Tools (Magicut) recevable lors de l’audience du 8 janvier. Afin de conserver et dynamiser dans le Roannais, une industrie leader autour de la lame de scies, le repreneur s’est engagé à organiser sa production autour d’un produit d’avenir, le ruban bimétal, intégralement fabriqué sur place. Prix de cession: 310 000 € comprenant les éléments incorporels pour 50 000 €, les terrains et bâtiments pour 200 000 € et les stocks, consommables et encours de production pour 51 000 €. Les éléments incorporels incluent notamment le nom commercial Ultra Nova, les marques et autres droits de propriété industrielle, les brevets… Un paiement de 250 000 € comptant a eu lieu le 8 janvier. Le solde est différé à 30 jours.
Le jugement rappelle que « le financement de l’exploitation est subordonné à la vente de l’actif immobilier ». Le transfert des bâtiments ne pourra avoir lieu qu’après le paiement total du prix convenu, soit 3 5 M€ par l’acquéreur, la société IDP Développement. La filiale du groupe Safibri, dirigée par Patrick Desmonet, a remis un acompte de 1 M€ et un certificat de sa banque pour attester de sa capacité financière pour le règlement du solde. Le jugement stipule que, « contrairement à ce qui était prévu initialement, le crédit de trésorerie de 1 M€ pour financer l’exploitation dès septembre 2014 n’est pas confirmé, et que le virement de 500 000 € demandé n’est pas non plus à ce jour (8 janvier, Ndlr)  confirmé par la banque française dans laquelle un compte a été ouvert… Le repreneur devra rendre compte de l’utilisation des fonds provenant de la vente des biens immobiliers ».

Un effectif ramené à 82 salariés

Quant à l’effectif, il sera ramené à 82 personnes suite au licenciement de 29 salariés. « Le repreneur devra garantir ces 82 emplois à temps plein pendant 2 ans, sauf pour un motif autre qu’un licenciement économique.» Trident Tools a pris l’engagement sur 5 ans de ne pas distribuer de dividendes et de ne pas procéder à une réduction du capital social par remboursement à un associé ou actionnaire. Il s’est aussi engagé à ne pas céder les marques et brevets. Toujours dans le souci de pérenniser l’entreprise localement, « il conviendra de prononcer l’inaliénabilité des biens incorporels pour une durée de 6 ans ». Pour mettre en place une nouvelle organisation et des méthodes modernes, la société investira dans de nouvelles machines et techniques en concentrant les moyens humains, techniques et commerciaux sur un seul site dans l’agglomération roannaise. Au programme dès aujourd’hui  figurent la récupération des clients historiques, la constitution d’un stock de matières premières en provenance de Trident Tools, la réactivation des réseaux de distribution, la création de nouveaux réseaux et l’implantation de nouveaux centres de soudure. De son côté, l’ancien propriétaire, l’Allemand M. Doring, resté très en retrait jusqu’ici, s’est engagé devant le tribunal à l’achat du stock à concurrence de 100 000 € dans les meilleurs délais ainsi qu’à faire le point avec les organes de procédure sur les dettes respectives des sociétés du groupe Doring par rapport à l’Ultra Nova.

Aline Vincent


Une reprise sous haute surveillance

Si les renvois successifs du dossier démontrent qu’un maximum de garanties ont été obtenues, force est de constater que le contexte économique et social a été pris en considération. Il s’agissait par ailleurs de l’unique offre de reprise. L’objectif a toujours été de préserver un maximum d’emplois et de dynamiser dans le Roannais une industrie leader autour de la fabrication de la lame de scie. Le mandataire liquidateur a néanmoins fait remarquer que le prix proposé pour les éléments corporels et incorporels pour 100 000 € était « clairement dérisoire eu égard aux valeurs d’inventaire transmises par le commissaire priseur ayant avancé la somme, hors stock, de 1, 69 M€.



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