Fermer la publicité

Manque de neige en moyenne montagne : « c'est rattrapable »

Isère le 10 janvier 2017 - Elisabeth Laverdant - Société - article lu 238 fois

Manque de neige en moyenne montagne : « c'est rattrapable »
Office de tourisme de l'Alpe du Grand Serre - Les stations comptent beaucoup sur l'arrivée de la neige en janvier

Elle mérite bien son surnom. L'or blanc s'est fait désirer à Noël, notamment dans les stations de moyenne montagne. La saison démarre bien tard et au-delà de causer la déception des skieurs, le manque de neige impacte aussi les stations dans leur globalité : des remontées mécaniques aux moniteurs de ski. Un retard que les stations espèrent bien rattraper.

Il y a celles qui s’en sortent, et celles pour qui Noël est à oublier. Si dans les Alpes du Sud, les vacanciers ont pu skier correctement, les stations de moyenne montagne ne peuvent pas en dire autant. S’il est difficile quelques jours après les fêtes d’établir un bilan précis du manque à gagner, les premières estimations s’esquissent.

A Villard-de-Lans, difficile d’être satisfait : « les remontées mécaniques représentent 30 % du chiffre d’affaire sur la période Noël-nouvel an. Mais cette année, c’est une perte sèche, rien n’était ouvert », explique Fabrice Mielzarek, directeur de la station de Villard-de Lans.

Même son de cloche du côté des moniteurs de ski. « On a eu une grosse baisse d’activité dans les moyennes stations, explique Jean-Marc Simon, directeur général du Syndicat national des moniteurs de ski français (SNMSF). Le problème c’est que quand les moniteurs, qui sont à 99 % des travailleurs indépendants, ne travaillent pas, ils ne gagnent simplement pas d’argent ».

Mais à conditions égales, l’impact du manque de neige varie entre les moniteurs et les stations de ski. « Même avec peu de neige, une école de ski arrivera à faire son chiffre. On verra plus de cours sur les pistes, notamment avec les enfants ». En revanche, il n’y aura pas de ski plaisir, donc pas d’utilisation de remontées mécaniques. D’où le manque à gagner pour les stations.

Des activités à développer

La question qui se pose alors c’est si retard accumulé est rattrapable. Oui affirme Jean-Marc Simon : « c’est rattrapable. Pour nous, Noël représente 15 % de l’activité saison hiver. Il y aura un beau report sur février, on a déjà constaté une hausse par rapport à l’année dernière ». Jean-Louis Martinot, directeur du domaine skiable de Saint-Pierre-de-Chartreuse est lui aussi positif : « ce n’est pas la première fois que ça arrive. Le fait de rater les vacances de Noël, ce n’est pas si catastrophique que ça ». 

Tout va donc se jouer en janvier. L’œil rivé sur les prévisions météo, les moyennes stations attendent que la neige se décide à arriver. « L’an dernier aussi, le démarrage a été compliqué, commente Jean-Marc Simon, pour autant, à la fin de la saison, on était à + 5 % ». A Saint-Pierre-de-Chartreuse, on espère : « à partir du moment où la neige arrive, la clientèle est là. Mais ça risque d’être difficile ». Fabrice Mielzarek lui, relativise : « il y a beaucoup d’incertitudes. Il faudrait que la neige tombe rapidement. Il faudrait aussi qu’on puisse ouvrir longtemps ».

En attendant, les stations doivent réfléchir à des solutions. Si certaines misent sur la neige de culture, les activités hors-ski tendent à se développer. « Il y a une prise de conscience, déclare Jean-Louis Martinot. Il est essentiel pour le fonctionnement et l’emploi dans les stations de pouvoir aboutir à des activités complémentaires ». A Villard-de-Lans par exemple, les vacanciers ont pu notamment profiter de la patinoire ou de la piscine. Chamrousse a également développé cette offre en proposant de la plongée sous glace.

Malgré tout, l’acte d’achat reste le ski. Les activités hors ski ne sont que complémentaires de l’intérêt principal des stations : la neige. « Il faut essayer de scénariser les domaines skiables », explique Fabrice Mielzarek avant de poursuivre : « quand une remonté titube, c’est la station qui boite ».

Elisabeth Laverdant

Tombe la neige

Qu’il n’y ait pas de neige, c’est une chose. Mais pourquoi les flocons tardaient jusque là ? D'abord parceque depuis un mois et demi, le temps est très sec. « Décembre 2016 est le plus sec dans les Alpes du Nord depuis 50 ans », explique Samuel Morin, directeur du Centre d’étude de laneige (Météo-France, CNRS, à Grenoble). Ensuite parce qu’il a fait plus chaud que la normale en décembre. Difficile dans ces conditions de pallier l’absence au moyen de la neige de culture. Ce phénomène est malheureusement appelé à perdurer. « Les hivers se suivent et ne se ressemblent pas. Il y a des variations. Mais la tendance de fond, observée depuis 50 ans et amenée à se poursuivre, c’est la baisse de l’enneigement.»



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide