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Travaux publics - Ecotaxe : l’abandon qui soulève des questions

Loire le 18 octobre 2014 - Emilie Massard - Actualités - article lu 672 fois

Travaux publics - Ecotaxe : l’abandon qui soulève des questions
Sans l'écotaxe, comment financer les infrastructures routières ? Ici, un portique d'Ecoumouv (© Ecomouv)

L’annonce de l’abandon de l’écotaxe a suscité un soulagement pour la plupart des acteurs du domaine des transports, et plus largement pour les entreprises.

Pour celles du bâtiment aussi, la décision était inévitable.
« L’abandon était inéluctable, estime Thierry Vidonne, président de la Fédération du BTP des la Loire. Dans sa dernière mouture, le projet de l’écotaxe était maintenu sur 4 000 km qui couvraient quelques axes de façon irrégulière, et qui risquaient de créer des inégalités de territoires. Dans la Loire par exemple, en taxant l’axe Saint-Etienne/Lyon, c’était une taxe locale qui était imposée à notre économie, une vraie double peine pour tous les usagers de cet axe. Malgré l’engagement du préfet de région Jean-François Carenco de déplacer la taxe sur un autre secteur, nous étions inquiets.» L’abandon est donc accueilli avec satisfaction par le bâtiment, mais en même temps soulève des inquiétudes : sans écotaxe, comment financer la maintenance des infrastructures routières ?
« On sait qu’il manque 300 M€ à l’Etat pour qu’il respecte ses engagement, l’écotaxe n’était pas une solution satisfaisante, mais il va quand même falloir des financements, souligne Thierry Vidonne. A la fédération de la Loire, on est actuellement en train de travailler sur l’ensemble des chantiers annulés ou reportés, pour savoir quelles en sont les causes. L’abandon de l’écotaxe vient s’ajouter à un contexte général difficile pour le bâtiment qui constate une panne de l’investissement et des mises en chantier très grave. En 2014, elles ont perdu autant d’activité que pendant les 5 années précédentes. En temps normal, les entreprises de travaux publics n’ont pas de visibilité à court ou moyen terme, bien souvent plus d’un an s’écoule entre l’annonce d’un projet et le début des travaux. Si l’on ne trouve pas de financements aujourd’hui, cet abandon peut prolonger leurs difficultés.» Quant à l’annonce de S. Royal - reporter la taxe sur les sociétés autoroutières -, pour Thierry Vidonne, ce n’est pas un bon signal non plus. « Pour notre territoire par exemple, je pense que ce genre de mesures ne va pas inciter à investir sur l’A45. »

Emilie Massard

Transports et travaux publics appellent à une politique de long terme

A l’annonce de la suspension de l’écotaxe, les organisations nationales représentant les secteurs du transport urbain et ferroviaire, les travaux publics, les usagers et les élus, ont réagi en demandant au gouvernement de définir une politique de long terme pour le financement des transports en France. Le GART (Groupement des autorités responsables de transports), la FNAUT (Fédération nationale des associations d’usagers des transports), l’UTP (Union des transports publics et ferroviaires), la Fédération nationale des travaux publics, l’ADCF (Assemblée des communautés de France) et la TDIE (Transport développement intermodalité environnement) se sont associés pour « dénoncer une décision qui risque de peser lourd sur la pérennité du financement des infrastructures de transport. Sans les financements publics, le secteur tout entier serait gravement atteint. C’est le financement d’une centaine de projets de transports en commun en site propre et le volet transport des contrats de plan Etat-Région qui se trouvent directement menacés. »
Les organisations demande donc au gouvernement de définir une politique à long terme qui permette d’assurer des ressources pérennes et stables pour le financement de la mobilité en France. « De report en reculades par les différents gouvernements qui se sont succédé depuis 2010, la décision prise par le gouvernement signe pratiquement l’acte de décès de cette fiscalité, pourtant basée sur la prise en compte du principe « pollueur-payeur » qui figure dans la Charte de l’environnement, partie intégrante du bloc constitutionnel depuis 2005 », soulignent ces organisations.



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