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Transports : Et si Grenoble devenait accessible ?

Isère le 06 février 2014 - La Rédaction - Actualités - article lu 1051 fois

Elle porte pour initiales : VSP pour voie spécialisée partagée.

Aujourd’hui et depuis 2007, elle permet aux bus du conseil général qui assurent la liaison directe entre Voiron et Crolles en passant par Grenoble, de ne pas rester coincés dans le bouchons, et d’utiliser sur 4,2 km la bande d’arrêt d’urgence pour tenir ses délais. Dès le début du mois de mars, elle sera rallongée de 5 km entre l’échangeur n° 12 de Veurey et le n° 14 de Saint-Égrève. Un passe-droit qui entre dans une stratégie claire de désengorgement de la ville-centre aux heures de pointes (c’est pourquoi la mesure n’est prise que dans le sens Voreppe- Grenoble.) Aujourd’hui, 9 lignes Transisère, la ligne 30 du réseau Tag et la navette qui mène à l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry l’empruntent quotidiennement, soit 150 bus et 7000 voyageurs. Un trafic qui correspond à 15 départs / heure et / sens, (en heure de pointes uniquement). La voie qui a le plus bénéficiée du dispositif est la Voiron-Crolles qui a vu sa fréquentation doubler depuis 2006. «Il s’agit de la ligne d’autocars interurbains la plus chargée de France », précise Hervé Monet, directeur adjoint à la mobilité du conseil général (CG38). Du côté du fonctionnement, rien de plus simple. Les bus (conduits par des chauffeurs habilités) empruntent la bande d’arrêt d’urgence (BAU). Des stations de comptage détectent la formation de bouchons, aidées de 21 caméras de contrôles qui repèrent les accidents. Si la voie est ouverte, une signalétique spéciale précise que la bande est ouverte aux bus. En cas d’accident (et donc d’encombrement de la BAU), des feux imposent aux autocars de rejoindre la voie classique. La VSP est activée par le PC de Grenoble dès que la vitesse de circulation descend en dessous de 50km/h. Quand la vitesse de circulation remonte, la VSP est fermée. En plus de gagner du temps, les utilisateurs de la VSP bénéficient surtout de l’assurance de la régularité du trajet. Alors qu’un automobiliste met entre 20 et 50 minutes pour relier Voreppe et Grenoble les jours de bouchons, les bus effectuent le parcours entre le péage et le pont d’Oxford en 10 à 15 minutes. Une solution efficace mais qui a un coût : 6M€ pour le premier tronçon supporté à 100% par le CG38, et 8,5 M€ pour le second, supporté équitablement par le CG38 et par Aréa (à cause du changement de gestionnaire, l’autoroute concédée ne commence qu’a Saint-Egrève). Un dispositif qui est donc unique en France et pour lequel s’est particulièrement battu le président Vallini, venu inaugurer la nouvelle portion : « Pour le 1er tronçon, la corporation des ingénieurs des Ponts n’en voulait pas. J’ai dû aller frapper au bureau du ministre Bussereau. Pour le 2eme tronçon, ça a été long aussi. » Pour accéder à Grenoble plus facilement, une VSP, mais pas que… Puisqu’il parlait mobilité, André Vallini a évoqué la récurrente question de l’élargissement de l’A480. Une option qui ne devrait pas rester un vœu pieu si on en croit les propos du président du département. « Je veux faire de l’A480 une voie structurante d’agglomération, donc l’élargir et réaménager l’échangeur du Rondeau, qui est aujourd’hui le véritable goulot d’étranglement. » Un projet ambitieux et coûteux : il faut compter 300 M€ pour l’élargissement de l’A480 financés par Aréa, et 60 M€ pour l’échangeur du Rondeau, supportés de manière égale entre l’Etat, Aréa et les collectivités. Le hic, c’est que si on en entend beaucoup parler, les travaux restent au point mort, malgré l’annonce faite en 2012 par André Vallini de mobiliser les caisses du CG38 pour financer l’élargissement de l’A480 à 2 x 3 voies. Les choses devraient pourtant bouger puisque le ministre des transports a confirmé l’été dernier que le projet faisait partie du plan de relance autoroutier du gouvernement en ce moment en cours d’instruction par la Commission Européenne. L’accès devrait donc être facilité grâce à une solution qui, précise André Vallini : « ne coûtera pas un euro au contribuable, puisqu’ Area prendrait ces travaux à sa charge, en échange d’une extension de sa concession. » Enfin, presque rien, puisqu’il précise tout de même, que si l’A480 restera gratuite, Aréa appliquera une augmentation au péage de Voreppe… Plus chère, mais peut-être plus fluide. Qui sait…Entre la VSP, l’élargissement de l’A480, le prolongement du tramway jusqu’au Fontanil et le transport par câble, les difficultés d’accès à Grenoble ne seront peut-être plus qu’un souvenir… On peut toujours rêver !


C.T-L.



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