Fermer la publicité

Transports - A 45 : l'État en grande muette

Loire le 22 novembre 2014 - Xavier Alix - Collectivités locales - article lu 1030 fois

Transports - A 45 : l'État en grande muette
L'A 47 restera-t-elle la seule liaison autoroutière avec Lyon ? (D.R.)

Ecotaxe envoyée sur le bas côté, coupes budgétaires de l'Etat et baisses passées, présentes et à venir des dotations aux collectivités posent légitimement la question du financement public de l'A 45.

Public parce que l’Etat a toujours avancé que le projet au regard du relief et de la fréquentation attendue réclamerait au moins 700 M€ de subventions d’équilibre sur les 1,2 Md€ que coûteront ses 48 km.
Longtemps motif de report de l’appel d’offre, l’obstacle de la répartition des 700 M€ a été très théoriquement éliminé quand le Département et Saint-Etienne Métropole se sont engagés en 2011 à fournir 350 M€, l’État assurant les 50 % restants. Depuis, l’appel d’offre qui doit déterminer selon la réponse des entreprises la nécessité ou non de cette subvention mais aussi le montant du péage (lire ci dessous) a été lancé. Deux réponses ont été transmises fin septembre. L’Etat est censé les examiner en ce moment même.
Mais à la date du 19 novembre, Saint-Etienne Métropole et le conseil général attendaient toujours un retour malgré deux énièmes courriers communs adressés début septembre puis début novembre au nouveau secrétaire d’Etat aux Transports. Celui-ci n’a même pas pris la peine de donner une réponse formelle… C’est ce que le président du conseil général B. Bonne - qui depuis octobre 2012, sans même compter les réunions techniques, en est à 15 courriers et interpellations directes à l’Etat ! - a répondu lundi lors de l’assemblée départementale sur les orientations budgétaires à l’opposant socialiste B. Jayol. Ce dernier ayant demandé si le conseil général serait en mesure d’honorer sa promesse. Bernard Bonne a conclu qu’« il est inutile d’en parler pour 2015 car malheureusement nous n’en sommes pas là ». Toujours pas là malgré l’approbation nette et publique du dossier par deux présidents successifs en visite dans la Loire : Sarkozy en 2011, Hollande en 2012.

Plus que 6 ans de Dup

Confidence piégée ? « De l’aveu de dirigeants de sociétés autoroutières », conseil général, CCI sud Loire et agglomération stéphanoise avaient dit à plusieurs reprises que la subvention d’équilibre ne serait de toute façon pas nécessaire. « C’est une hypothèse qu’il ne faut pas encore écarter, estime lui Gaël Perdriau, nouveau président de Saint-Etienne Métropole, j’étais favorable à l’accord passé en 2011 par mon prédécesseur (Maurice Vincent, Ndlr) et B. Bonne même si une fois de plus, l’Etat se décharge sur nous. Pourra-t-on payer si l’offre réclame 175 M€ ? Dans un tel cas, le chantier ne pouvant pas démarrer avant la fin du mandat ou le début du prochain, cela impacterait l’investissement sur plusieurs mandats. Il y aura un choix à faire au détriment d’autres. Mais avant de parler argent, nous aimerions déjà avoir les offres transmises pour en discuter…»
Il ne reste plus que 6 ans de validité à la Dup (Déclaration d’utilité publique, datant de 2008). Si en 2020 les travaux sont engagés, il ne devrait pas être compliqué, c’est classique, d’obtenir de la part du Conseil d’Etat, qui doit trancher dans un tel cas comme le veut la procédure, l’autorisation de proroger la Dup. Une demande que doit déposer et motiver … le ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Energie (dont relève actuellement le secrétariat d’Etat aux Transports) au moins 6 mois avant la fin de la Dup afin d’éviter de reprendre la procédure à 0, l’enquête publique notamment. Si les travaux, eux, n’avaient pas encore démarré à cette date, l’argumentation se devrait d’être beaucoup plus détaillée. A moins que le ministère ne constate alors l’infaisabilité du projet. Par exemple pour raisons financières. « Si le projet était abandonné, il faudrait aussi compter les poursuites potentielles des entreprises ayant dépensé de grandes sommes en études pour rien », soulignait début novembre le député stéphanois et vice-président du conseil régional Jean-Louis Gagnaire à L’Essor-Affiches. Est-ce, malgré tout, ce que l’Etat cherche ?

Xavier Alix


Quel péage ?

Quel tarif proposeront les entreprises sur 48 km d’A 45 ? Association luttant contre, la Sauvegarde des coteaux du Jarez qui dit tenir ses chiffres « de l'Equipement » parle de 5,28 € le trajet simple pour un véhicule léger sur la base de 35 000 vl/jour. Alors que l’Etat a fustigé cet automne les bénéfices monstrueux des sociétés autoroutières, la fondation Terra nova vient de publier une étude (Les concessions autoroutières à l’heure du choc de l’offre) soulignant qu’une baisse 50 % des péages ne compromettrait pas l’équilibre financier du secteur. Selon Terra nova, l’entretien d’une autoroute de base va - sans compter l’amortissement - de 3 à 4 cents par voiture au km. Mais l’entretien de l’A 45 s’apparentera sans doute plus à l’A 43 Lyon/Chambéry au regard du relief qui coûte à un automobiliste 13,1 € sur 90 km. Dans la logique actuelle, un client ligérien de l’A 45 la payerait trois fois : via ses impôts locaux, nationaux et un péage.



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide