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Toussaint : Meminis, la mémoire et l'esthétique

Rhône le 29 octobre 2015 - Eric Séveyrat - Société - article lu 145 fois

Toussaint : Meminis, la mémoire et l'esthétique

On le constate, il n'y a guère que la crémation et l'objet urne funéraire, qui font progresser l'art du même nom. Méminis y participe.

Cette jeune société de Saint-Priest (Métropole de Lyon) s’est lancée en 2013 dans les objets funéraires innovants. Les urnes « designées » sont fabriquées en France, et Méminis utilise deux familles de matériaux : des alliages comportant une haute charge minérale. Ces alliages ont la propriété d’associer la dureté et la résistance de la pierre naturelle à la douceur et la beauté de la céramique, de la porcelaine de Limoges avec différents types de finitions (émaillé, biscuit…). Chaque urne est accompagnée d’un médaillon, objet de souvenir et symbole du lien éternel avec le disparu. Ce médaillon pourra être choisi au sein d’une collection et gravé sur demande.
Avec son associé Mathieu Rochas, François Jeanne est l’un des deux fondateurs : « Au début des années 70, dit-il, la crémation n’existait quasiment pas en France. En 40 ans, elle est passée de moins de 1 % à plus de 30 %, et 50 % des personnes interrogées déclarent vouloir opter pour la crémation après leur mort. » Méminis a fait effectuer un sondage par l’organisme Opinionway (lire encadré), le meilleur moyen d’obtenir non seulement des renseignements sociologiques mais aussi une véritable étude de marché. A l’instar de Brigitte Lardy, qui a ouvert L’Autre Rive il y a deux ans à Lyon (lire par ailleurs dans ce dossier) François Jeanne est lui aussi issu des milieux de la mode (commercial chez Chanel).

Référence romaine

Les urnes Meminis étaient des produits haut de gamme situés à des niveaux de prix de l’ordre de 1000 €, mais « nous nous sommes rendus compte que le client n’était pas au rendez-vous. Nous sommes revenus vers des produits moins chers (environ 500 €). Esthétiquement, il n’y a aucune tradition en France, c’est pourquoi beaucoup d’urnes « standards » ont été faites en forme d’amphores romaines, c’était la seule tradition à laquelle on se référait... » Les produits de Méminis sont référencés aujourd’hui dans 150 à 200 agences de pompes funèbres en France, et si la société est basée en région lyonnaise, François Jeanne a ouvert son bureau à Clichy pour se développer en région parisienne.

Eric Séveyrat

Les Français et les rites

La société Méminis a fait réaliser fin 2012 par l’organisme Opinionway un sondage « Les Français et les rites funéraires ». Extraits.
- 19 % des Français estiment qu’une urne funéraire est un objet moderne
- 19 % des Français considèrent également qu’une urne funéraire est propice au souvenir quand il sont à peine plus (22 %) à penser cela à propos d’une pierre tombale mais, contrairement au qualificatif précédent, ce taux est loin derrière ceux obtenus par d’autres objets funéraires comme une photogravure (46 %), un message gravé (42 %) ou une plaque funéraire (40 %).
- En matière d’esthétisme, critère peu associé à la question des obsèques, l’objet le mieux noté est le vase avec des fleurs artificielles (8 %), suivi de près par l’urne funéraire (7 %).



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