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Toussaint : « L'Autre Rive », la bien nommée

Rhône le 29 octobre 2015 - Eric Séveyrat - Société - article lu 70 fois

Toussaint : « L'Autre Rive », la bien nommée
L'Autre Rive - Un cercueil recouvert de peinture pour tableau afin que les proches y laissent un dernier message

A première vue, les objets proposées par Brigitte Lardy dans la vitrine de l'Autre Rive à Lyon-Croix-Rousse, évoquent davantage des vases décoratifs imaginés par des artisans d'art que des urnes funéraires. Rencontre.

« En matière funéraire, les choses évoluent peu, constate Brigitte Lardy. Il y avait une demande d’autre, chose explique-t-elle. A la suite de deuils de proches, je trouvais que l’on ne faisait pas assez ressortir l’esprit des défunts, les obsèques manquaient d’humanité, on peut proposer quelque chose de plus gai. J’ai composé une vitrine avec des objets colorés, et je propose des créations d’artistes, de stylistes, en céramique, en résine, en verre soufflé, en émail cloisonné, et une urne en carton recouverte de laine… » (90 à 350 €) Cet ancienne styliste et responsable de collections a travaillé chez Manoukian, Lejaby, Newmann, Arena, puis elle s’est lancée dans cette entreprise il y a moins de deux ans, elle ne regrette pas.

L’Autre Rive est une petite marque parisienne, dont l’enseigne croix-roussienne est la déclinaison lyonnaise. Brigitte Lardy a dû suivre une formation, ce qui lui permet de proposer aujourd’hui un service complet aux familles en deuil, avec une prestation qui comprend toute la chaîne de l’accueil à la cérémonie. Lors d’un deuil, les proches sont le plus souvent démunis et un peu perdus. L’Autre Rive propose un service moins standardisé (en restant dans des prix standards !) en faisant sens autour de la disparition de l’être cher. Elle propose par exemple un cercueil recouvert de peinture pour tableau, sur lequel on peut écrire à la craie. Elle travaille avec un marbrier qui propose des pierres tombales sobres et simples, et des entreprises et stylistes de la région, dont Roxanne Andrès, qui a « designé » l’Urne miroir notamment (voir notre photo de une).

« Dans mon activité, la crémation et l’inhumation s’équilibrent à 50-50 %, dit-elle. Pour les cendres on peut tout imaginer, sauf la voie publique, ce qui est interdit. Mais on peut disperser des cendres depuis une montgolfière, dans la nature, en mer, etc. La tendance est à l’urne biodégradable que l’on enterre au cimetière, qui sera munie d’une plaque au nom du défunt et d’un simple rosier… »  On objectera qu’il est presque dommage que de jolies urnes funéraires (que l’on ne peut garder chez soi depuis la loi de 2010) ne puissent être offertes aux regards : « Même dans les colombariums les plus récents, les « cavurnes » sont munis de plexiglass opaque qui ne permet pas de voir les urnes. Ceci est de la responsabilité des communes », explique Brigitte Lardy.  On le répète : les choses évoluent lentement.

Eric Séveyrat



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