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TGI de Grenoble : neuf nouveaux magistrats installés

Isère le 13 octobre 2016 - Caroline THERMOZ-LIAUDY - Tribunaux - article lu 400 fois

TGI de Grenoble : neuf nouveaux magistrats installés
Caroline Thermoz-Liaudy - 9 nouveaux magistrats ont été installés dans la juridiction grenobloise

C'est une tradition tous les ans à cette période de l'année. Le Tribunal de Grenoble a installé ses nouveaux magistrats à l'occasion d'une audience solennelle qui se déroulait le 7 octobre dernier. Si les quotas sont, cette fois, généreux, certaines inquiétudes demeurent.

La présidente du Tribunal de grande instance (TGI) Edwige Wittrant le reconnaissait dès l’ouverture de l’audience solennelle de rentrée : « cette année, le TGI de Grenoble est plutôt largement doté en nouveaux magistrats. Mais ce n’est pas une raison pour se réjouir de trop. C’est une photographie plutôt positive de notre juridiction. Mais il ne faut pas oublier le sous-effectif chronique décourageant. L’an dernier nous avons perdu neuf magistrats, dont sept au cours de l’été. Et si nous en installons aujourd’hui, pourvoir les postes qui existent sur le papier semble être une évidence. Pourtant… »

Un message partagé par le procureur de la République, Jean-Yves Coquillat, qui nuance encore : « c’est un jour important et heureux que de procéder à l’installation de neuf magistrats. C’est un profond renouvellement qui apportera des pratiques nouvelles. Mais sur le nombre, huit iront au siège et seule une personne prend ses fonctions au parquet. Pourtant, deux sous-magistrats en sont partis.  Le parquet grenoblois est censé fonctionner avec 14 magistrats, et quand nous y sommes, nous arrivons à tourner. Mais c’est de plus en plus difficile quand les postes ne sont pas pourvus ».

Le procureur n’a pas manqué de développer les raisons de la pénurie : « Ils ne sont pas pourvu car il n’y avait pas de candidats au poste de vice-procureur. Les fonctions intermédiaires manquent d’attractivité . ». Sans compter que le nombre des tâches augmentent de façon exponentielle. « La crise du Ministère public a entraîné une crise des postes. Nous sommes inquiets surtout que cet hiver, un autre vice-procureur partira à la retraite. En 2017, nous allons tourner avec un déficit de 20% d’effectifs. Si on veut lutter contre la criminalité - et c’est peu dire si à Grenoble il y a du travail en la matière - il ne suffit pas d’augmenter les effectifs policiers. Il faut aussi renforcer le pouvoir judiciaire ».

« La tâche est éprouvante, mais noble »

Jean-Yves Coquillat a néanmoins encouragé ses nouvelles recrues, en leur rappelant les quelques prérequis utiles à tout bon jugement : avoir l’esprit d’équipe, et agir avant tout pour le respect de la loi et pour l’intérêt général. « Et ce, même si ces principes semblent en décalage avec l’époque du tout à l’ego, du selfie et de la mise en scène permanente ».

Avant de lever la séance, la présidente a rappelé ses attentes fortes en matière de justice des mineurs : « C’est une priorité, le rythme de notre action doit permettre plus de réactivité. Une réactivité quand les mineurs sont dans l’infraction, mais surtout quand ils sont en situation de détresse. Nous disposons de magistrats spécialisés, et il faudra travailler dur en 2017 pour engager 2018 de manière assainie. »

Et de conclure sur des mots d’encouragement : « notre société a été bouleversée par un déchaînement de violence inattendu […] Quelle est notre capacité à titre individuel à défendre les valeurs de la République ? Quelle est notre capacité à titre individuel à défendre la démocratie ? Les qualités premières d’un magistrat sont de regarder la réalité en face, de s’interroger. La tâche est éprouvante, mais noble ».

Caroline Thermoz-Liaudy
 

Neuf magistrats installés, et autant de profils

Il s’agit en grande majorité de femmes, mais on ne peut pas dire pour autant que les magistrats installés le 7 octobre dernier dans la juridiction grenobloise ont les mêmes parcours. Le représentant des greffes a lu en salle d’audience, les quatre décrets qui installaient neuf professionnels âgés de 24 à 51 ans. Des parcours tout aussi riches et variés, puisque certains n’avaient « que » trois années d’expérience, et d’autres en cumulaient 21. La plupart ont exercé dans d’autres juridictions françaises, certains étaient installés dans des zones difficiles d’Afrique. Des parcours variés qui viennent enrichir le panorama des magistrats grenoblois, qui malgré cette arrivée « massive », craignent déjà le sous-effectif.




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