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Fusion des régions : un mariage de raison entre l'Auvergne et Rhône-Alpes

Loire le 05 juin 2014 - Denis Meynard - Collectivités locales - article lu 589 fois

Fusion des régions : un mariage de raison entre l'Auvergne et Rhône-Alpes
Avec 70 000 km2, la région Rhône-Alpes-Auvergne devrait avoir une superficie une fois et demie supérieure à la Suisse

Après avoir longuement combattu l'hypothèse d'une fusion avec Rhône-Alpes, le président de l'Auvergne a rendu les armes mardi, quelques heures après les arbitrages de l'Elysée et de Matignon.

Sans enthousiasme, René Souchon (PS) s’est voulu positif. « Les décisions sont prises, on va les assumer », a lancé celui qui avait imaginé d’autres options pour être au cœur d’une grande région Massif central, en fusionnant avec le Limousin, voire un mariage à trois en rajoutant la région Centre, plus des départements tels que l’Aveyron (Midi-Pyrénées), la Lozère (Languedoc-Roussillon), la Nièvre (Bourgogne) et à la Loire (Rhône-Alpes).
Lui qui voulait à tout prix préserver l’unité de l’Auvergne sait qu’il devra peut-être aussi effectuer des concessions sur ce sujet. Car la résistance annoncée des élus du Cantal oblige à prévoir qu’ils veuillent rejoindre la future région Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon. L’Allier, tourné sur le Bourbonnais, pourrait lui être tenté de demander son rattachement à Bourgogne/Franche-Comté. Concernant Rhône-Alpes-Auvergne, « dont Lyon est la capitale régionale », il a souligné la nécessité de « mettre en place des antennes déconcentrées pour gérer la proximité sur des sujets comme l’éducation, dans une région qui demandera entre 7 heures et demi et 8 heures de temps de trajet par la route d’est en ouest ». « Il faut qu’il y ait du respect pour la petite région Auvergne pour que dure ce mariage de raison, que j’accepte car si on ne le fait pas de façon radicale on ne le fera jamais, même si cette fusion ne générera aucune économie », a indiqué René Souchon.

La Loire, cœur de la nouvelle région ?

Le président PRG du conseil général du Puy-de-Dôme, Jean-Yves Gouttebel, a de son côté convoqué les élus du Département à une session extraordinaire vendredi, consacrée au projet de réforme territoriale. Le député ligérien Jean-Louis Gagnaire (PS), qui avait suggéré un rattachement de la Haute-Loire et du Puy-de-Dôme à Rhône-Alpes (lire notre édition du 30 mai 2014), s’est réjouit que « la Loire et l’Ardèche, ne seront plus le Far West de la région ». Son collègue Régis Juanico (PS) souligne que la Loire, limitrophe de la Haute-Loire, du Puy-de-Dôme et de l’Allier, « trait d'union historique entre ces deux territoires, sera au cœur de la nouvelle grande région ». Le député UMP de l’Ain et conseiller régional Damian Abad estime lui que « les plus gros potentiels de développement de la région se trouvent sur l’axe Métropole lyonnaise-Ain-Haute-Savoie, jusqu’aux frontières de la région genevoise, et non pas sur l’axe Lyon-Clermont-Ferrand ».
La suggestion de Jean-Louis Gagnaire avait reçu le soutien du président du conseil général de la Haute-Loire, Gérard Roche (DVD) et de la majorité des parlementaires de ce département. A l’instar du député-maire UMP du Puy-en-Velay, Laurent Wauquiez, qui parle de « solution du développement économique et du bon sens. En plus, ça résoudrait beaucoup de problèmes auxquels on se heurte aujourd’hui pour nos enfants, quand ils étudient à Lyon ou à Saint-Etienne ». Outre le développement des coopérations hospitalières, universitaires et économiques existantes, le sénateur de la Loire, Maurice Vincent (PS), y voit une opportunité pour accélérer le désenclavement routier et ferroviaire.

Denis Meynard


 

Un éphémère Hôtel de région Auvergne

Jean-Jack Queyranne (PS) a tenu à souligner que les départements auvergnats les moins tournés sur la région qu’il préside, tels que « le Cantal et l’Allier, ont toute leur place dans ce grand ensemble. C’est aux populations de se déterminer. Nous tiendrons des réunions de commission et de commission permanente à Clermont-Ferrand, parce que le président Souchon y tient », a ajouté celui qui sera sans doute présent à l’inauguration du nouvel et éphémère Hôtel de la région Auvergne, le 21 juin, à Clermont-Ferrand. Un investissement de 80 M€ qui sera célébré trois jours après le passage en conseil des ministres du projet de fusion, avec un objectif de mise en œuvre début 2016.



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