Fermer la publicité

Tarification sociale : eau secours !

Isère le 05 octobre 2015 - Caroline THERMOZ-LIAUDY - Région grenobloise - article lu 244 fois

Tarification sociale : eau secours !
stocklib - La métropole travaille sur le meilleur moyen d'adopter une tarification sociale de l'eau

Cinquante collectivités vont expérimenter la tarification sociale de l'eau, dans le but d'alléger la facture des ménages défavorisés. La métropole grenobloise en fait partie.

La loi Brottes doit instaurer pendant 5 ans des aides au paiement et une tarification progressive. La Métro fera partie du lot, mais la mise en place se veut plus compliquée que prévu. C’est la grande interrogation pour les gestionnaires de l’eau. Car si la loi Brottes prétend à aider les familles défavorisées à payer les factures, elle ne dit ni comment le faire, ni pour qui le faire. « Chaque collectivité choisira son mode de tarif social », indique le ministère du Développement durable, qui souhaite « favoriser l’innovation » pour retenir les solutions les plus efficaces pouvant s’étendre à l’ensemble du territoire.

Or, à Grenoble, la désharmonisation des différentes régies, et les différences de prix sont telles qu’il est difficile de mettre en place une tarification parfaitement juste. Olivier Bertrand, élu à Grenoble, à la Métropole et président de la SPL « Eaux de Grenoble » (qui regroupe 64 communes), nous a expliqué les raisons du casse-tête :   « La loi permet une dérogation au principe de « L’eau paie l’eau », qui se traduit par des budgets annexes des collectivités locales. Il y a donc des régies, des SP, des DSP qui gèrent l’eau. Et avec ce texte on pourrait tester des méthodes en prenant de l’argent sur le budget principal de la collectivité. Ce que nous ne voulons pas faire. On veut rester dans le principe de « L’eau paie l’eau ». Pas de pioche dans le budget social (basée sur l’imposition locale « particulièrement injuste » rappelle O. Bertrand), il faut donc établir des échelons pour définir les prix de l’eau ?
inter

Une usine à gaz

Là encore la métropole se retrouve face à de nombreux problèmes : « On peut faire une tarification progressive, où les premiers mètres cube seraient gratuits, puis de plus en plus chers ». En partant du principe que les besoins vitaux ne se paient pas, mais que plus on consomme « pour le confort » plus on paie cher. « Mais la plupart des gestionnaires ne connaissent pas la composition des foyers. Et il est évident qu’une famille de 4 personnes consomme plus d’eau qu’une personne seule. A cela s’ajoute le fait que l’agglomération compte énormément de compteurs collectifs, qui équipent la quasi-totalité des logements sociaux.»

« Si on ne fait pas attention, ça peut devenir une usine à gaz, qui au lieu d’aider les moins aisés, peut avoir l’effet inverse ». Recenser la composition des ménages coûterait trop cher, il faudrait alors compenser ce manque à gagner. Idem si l’on devait équiper tous les foyers d’un compteur individuel. Alors quoi, on arrête tout ? « Notre solution, encore à l’étude, devrait tendre vers une gratuité pour tous des premiers mètres cubes, couplée à un système de “chèques eau“, basé sur le quotient familial. Ce chèque permettrait de se faire rembourser une partie de la facture ». Enfin, pour que tous puissent avoir accès à l’eau, la Ville de Grenoble pourrait travailler avec des associations pour rétablir des points de douches publiques et de sanitaires pour les personnes en errance.


Caroline Thermoz-Liaudy


 

La particularité grenobloise

Si la consommation moyenne d’un ménage en France est de 120m3 (en général pour un foyer de 4 personnes), la moyenne grenobloise est de 40m3 ! Un chiffre particulièrement bas, induit par le fait que Grenoble est une ville étudiante, avec 48% des ménages composés d’une seule personne. Une difficulté supplémentaire pour la tarification de l’eau, qui doit garantir une tarification des plus justes.
 



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide