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TéléGrenoble : près de 10 ans d'existence et des projets pour 2015

Isère le 09 décembre 2014 - Laurent Marchandiau - Tech et Médias - article lu 1423 fois

TéléGrenoble : près de 10 ans d'existence et des projets pour 2015
À l'origine télé nomade puis sédentaire, téléGrenoble a su s'imposer dans le paysage médiatique grenoblois tout en réussissant le pari d'équilibrer ses recettes cinq ans après sa création. Dans les semaines prochaines, la chaîne locale augmentera son capital et déménagera en juin 2015 dans de nouveaux locaux. Entretien avec son directeur général, Gérard Balthazard.

Le directeur général de TéléGrenoble, Gérard Balthazard, revient sur les conditions de reprises de la chaîne de télévision locale de Grenoble.

Pouvez-vous retracer ces premiers temps à la tête de la TéléGrenoble ?

Je suis arrivé en août 2008. Thibault Leduc, le rédacteur en chef de TéléGrenoble, m’a contacté alors qu’il cherchait un directeur général. Je n’avais jamais fait de télé. À l’époque, le groupe Hersant commençait à avoir des difficultés notamment avec Paru Vendu. Un vendredi matin, je suis convoqué par le staff du groupe Hersant et Philippe Hersant, le Pdg. Il commence à m’expliquer qu’il n’avait plus les moyens de gérer les pertes, qu’il fallait trouver des solutions. Il m’a rapidement fait comprendre que le meilleur moyen de sauver TéléGrenoble était de racheter la structure. À la fois je ne m’y attendais pas et dans un sens, avec beaucoup de lucidité, c’était sans doute la seule issue. On avait commencé un travail de restructuration et de reconquête sur le grand Grenoble.

Nous avons eu beaucoup de chance avec Philippe Hersant. Au fond de lui, il était persuadé qu’avec Thibault, nous étions les deux personnes capables de reprendre la chaîne. Il a été extrêmement sympathique. Nous étions encore une petite vingtaine et il a fallu que l’on redémarre à huit-neuf collaborateurs. Philippe Hersant nous a aidés à licencier les personnes de manière à ce qu’elles partent dans des situations extrêmement convenables. Nous sommes repartis en avril 2010 avec une structure saine, mais avec un chiffre d’affaires (700 K€ à l’époque, Ndlr) qui ne permettait pas de payer les charges.

Quel plan d’action avez-vous mis en place pour redresser cette structure déficitaire ?

Nous avons décidé d’ouvrir le capital à des sociétés extérieures. Une douzaine de chefs d’entreprises essentiellement isérois nous ont fait confiance avec comme perspective de voir si la structure pouvait être viable à fin 2010. De ce fait on a augmenté le capital à 100 K€, chaque chef d’entreprise mettant en moyenne 10 K€ chacun sans rétribution de dividendes. Entre notre travail de terrain, le travail de rédaction de Thibault et son équipe, nous sommes arrivés à l’équilibre fin 2010 en recentrant TéléGrenoble afin d’en faire une vraie télé des territoires.

Dès septembre 2011, vous avez obtenu une deuxième fréquence. C’était un pari risqué ?

Au départ, nous n’avions qu’un émetteur sur la Tour-Sans-Venin (en 2005) et un relais à Montaud pour couvrir le Voironnais (dès 2007). Lors du rachat, nous nous sommes battus pour avoir l’émetteur de Chamrousse. Le CSA a relancé un appel à candidature. N’importe qui aurait pu répondre avec le risque de voir une nouvelle télé s’implanter. Nous avons eu beaucoup de chance, le seul dossier déposé, c’était le nôtre. En septembre 2011, le CSA nous accorde l’émetteur.

Nous n’aurions pas pu nous développer comme nous l’avons fait sans celui-ci. Il nous a permis de couvrir correctement Grenoble, le Grésivaudan et l’Oisans. Dès lors nous avons recentré notre ligne éditoriale. Nous n’avons pas vocation à sortir de notre territoire. On s’intéresse à la citoyenneté, au sport, à l’économie. On a développé le journal des Voironnais, celui du Grésivaudan, on a expliqué à la Metro que nous pouvions être un relais de communication, nous avons créé une émission sur le rugby, disposons d’une très belle émission économique Class’Affaires soutenue par la Caisse d’Épargne Rhône-Alpes…

Quels sont vos rapports avec les médias locaux ?

Dans l’ensemble, nous nous entendons très bien avec les médias locaux. Je rencontre régulièrement Christophe Tostain, le Pdg du Dauphiné Libéré, ses équipes, nous échangeons en toute transparence, librement avec chacun nos problèmes, nos façons de penser, nos stratégies… Nous sommes peut-être la seule télé en France à avoir invité André Faucon pour présenter la grille de rentrée de France 3 Alpes, on essaie de coproduire des émissions sportives ensemble. On s’entend très bien avec France Bleu Isère, un journaliste vient faire une émission culture/cinéma, de même avec L’Essor et Présences...

L’an prochain, la chaîne fêtera ses dix ans. Quels sont vos projets ?

En juin 2015, nous allons déménager de nos locaux de Technisud pour nous installer au 3e étage d’un nouvel immeuble en R+5 au cœur de Grenoble, non loin de l’Hôtel-de-Ville et de la Métro. Nous disposerons de 320 m² d’espace ainsi que d’un plateau de 60 m². Au total, cela représente un investissement de 1,3 M€ financé en grande partie par un prêt bancaire et intégrant le renouvellement de notre matériel qui arrive en bout de souffle.

Afin d’accompagner le développement de notre chaîne pour les cinq prochaines années, nous allons augmenter notre capital de 250 K€ à 300 K€ dans les semaines à venir. Nous avons différents projets en cours, notamment l’ouverture de la chaîne à la musique que ce soit au niveau des festivals, de l’électro ou du classique. Dernièrement, nous avons fait le choix d’arrêter la régie nationale – nous ne disposions déjà pas de régie commerciale locale - pour la simple raison que nous sommes une télévision de proximité. C’est notre ADN !

Propos recueillis par Laurent Marchandiau

 

TéléGrenoble en chiffres

- 12 personnes ;
- 1,5 M€ de chiffre d’affaires dont 300 K€ en contrats de coproduction ;
- Un résultat net allant de 0 à 50 K€ selon les années (30 K€ en 2013) ;
- Plus de 100 000 téléspectateurs fidèles chaque semaine.

TéléGrenoble en 6 dates

Depuis 2007, la chaîne est installée à Technisud à Grenoble diffusant des émissions 24h/24  à travers les canaux hertziens, le Web, mais aussi via l’offre TV des principaux fournisseurs d’accès Internet (Orange, Free, Alice et depuis septembre Numéricable) ;

2002 : Jacques Rosselin (fondateur de l’hebdomadaire Courrier International), Emmanuel des Moutis (ex-Pdg de l’agence de marketing direct Wunderman ) avec l’appui de la fondation Berlys de Pierre Bergé fonde la société Antennes locales rattachée dès 2004 au Groupe Hersant Média ;

20 octobre 2005 : création de téléGrenoble ;

Avril 2010 : rachat de téléGrenoble par Thibault Leduc et Gérard Balthazard avec une ouverture au capital de la société auprès d’une douzaine de chefs d’entreprise principalement isérois ;

Septembre 2011 : obtention de l’émetteur de Chamrousse permettant de couvrir Grenoble, l’Oisans et le Grésivaudan ;

Fin 2014-début 2015 : augmentation de 250 K€ à 300 K€ du capital de la chaîne ;

Juin 2015 : déménagement dans de nouveaux locaux au cœur de Grenoble.



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