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Sylvie Baudino explore le parfum de la rose

Loire le 17 juillet 2015 - Emilie Massard - Sciences, Santé, Environnement - article lu 663 fois

Sylvie Baudino explore le parfum de la rose
Emilie Massard - Sylvie Baudino dirige le laboratoire de biotechnologies végétales

Cet été, l'Essor-Affiches vous propose de vous présenter des scientifiques ou des chercheurs qui ont marqué l'année universitaire. Premier épisode de cette série : Sylvie BaudinoDirectrice du laboratoire de biotechnologies végétales appliquées aux plantes aromatiques et médicinales de l'Université Jean Monnet, qui a récemment fait l'objet d'une publication dans une grande revue internationale sur le parfum de la rose.

Après des études en région parisienne, Sylvie Baudino a commencé sa carrière dans un groupe de recherche pour une entreprise privée, avant d’intégrer la recherche publique à l’ENS de Lyon, puis à l’université Jean-Monnet à Saint-Ètienne dont elle dirige aujourd’hui le laboratoire de biotechnologies végétales appliquées aux plantes aromatiques et médicinales. Avec une quinzaine de personnes à ses côtés, elle fait des recherches pour augmenter les connaissances fondamentales sur les plantes utilisées par l’homme, et apporte des résultats qui peuvent avoir un impact sur la façon dont on les cultive ou les utilise. « On travaille par exemple sur un projet sur le dépérissement de la lavande, pour lequel on est en relation direct avec les producteurs pour mieux connaître l’impact de la sécheresse sur la lavande. »

Mais l’actualité du laboratoire tourne plutôt en ce moment autour de la rose, puisque les chercheurs, en collaboration avec des confrères de l’Inra, de l’ENS de Lyon, des Universités de Strasbourg et de Lyon et du CNRS, ont fait une découverte qui ouvre de nouvelles perspectives, notamment pour la sélection de rosiers. « On s’est aperçu qu’un gène, le RhNUDX1, que l’on connaissait puisqu’il est présent dans tous les organismes, jouait un rôle clé dans la production du parfum de la rose, explique Sylvie Baudino. Ce gène s’exprime en effet très fortement dans les variétés parfumées. C’est une voie de synthèse originale par rapport aux autres plantes, qui utilisent d’autres enzymes. » Grâce à cette découverte, les chercheurs pourraient par exemple aider les obtenteurs à sélectionner leurs roses. « En regardant si la fleur a la bonne version du gène ou non, on pourrait les aider à combiner les espèces dans la sélection. »

« En ce qui concerne les roses de jardins et les fleurs coupées, nous travaillons avec des obtenteurs qui nous donnent accès à leurs rosiers, nous permettent des prélèvements, échangent avec nous sur leurs résultats, etc. Mais nos relations ne sont pas formalisées sur des projets précis, qui sont compliqués à financer. »

Le laboratoire travaille également sur les huiles essentielles, qui utilisent une seule sorte de roses. Une application qui intéresse chimistes et industriels de la parfumerie, qui financent plus facilement des projets. « Il nous reste encore beaucoup de choses à apprendre et à élucider autour des différentes étapes de cette voie de synthèse, précise Sylvie Baudino. On veut voir par exemple si le gène peut avoir la même fonction sur d’autres rosacés : la rose sauvage, mais aussi des fruits comme la fraise ou la pêche. »

La publication d’un article dans la revue Science, l’une des deux plus prestigieuses revues scientifiques généralistes, a apporté de la visibilité aux travaux du laboratoire. « On espère que ça va nous aider à continuer notre travail et à financer nos recherches, ce qui reste encore compliqué aujourd’hui,  et nous permettre de nouvelles collaborations avec d’autres laboratoires. »

Emilie Massard



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