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Sting et le Théâtre antique : ça fera date

Isère le 15 juillet 2015 - Charlotte Mounard - Musique - article lu 331 fois

Sting et le Théâtre antique : ça fera date
Charlotte Mounard - Affublé d'une barbe toute évangélique, c'est en véritable messie que Sting est apparu sur scène

Enchaînant tube sur tube, la star à la nouvelle barbe fleurie n'a eu aucun mal à se mettre le public dans la poche, conquis par un répertoire faisant la part belle aux années Police.

On connaissait la réputation en demi-teinte que Sting traîne en performance live depuis quelques années. On avait peur d’une réminiscence de certains concerts, où l’ex-chanteur de The Police - en solo ou en groupe recomposé pour l’occasion - n’avait joué qu’une petite heure et sans rappel face un auditoire dubitatif, souvent déçu après des heures passées à attendre son idole. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’interprète de Desert Rose a fait taire les cassandres et mouillé la chemise ce 8 juillet ! Les fans ont été rassurés par ce show joué à guichets fermés et mêlant 40 années de discographie, qui fera résolument date dans l’histoire de Jazz à Vienne.

Affublé d’une barbe toute évangélique, c’est en véritable messie que Sting est apparu sur scène, basse à la main, devant un théâtre comble jusque dans ses moindres interstices. Dans un français parfait, le p’tit gars de Newcastle s’est exprimé face aux gradins, visiblement ému et honoré de performer devant un tel public. Et quelle prouesse auditive ! English Man in New-York, Walking on the Moon, Message in a Bottle, Every Breath You Take… Le nouveau hipster aux 63 printemps (!) a livré une performance à couper le souffle, et on ne compte plus les tubes interplanétaires qui ont résonné le long des couloirs de pierre. Accompagné de son guitariste de toujours, Dominique Miller, le sexy sexagénaire s’était aussi entouré de Vinnie Colaiuta (batteur entre autres de Jeff Beck et double quasi parfait de son ancien acolyte Stewart Coppeland) et du virtuose David Sancious, officiant aux claviers de Springsteen et Clapton - excusez du peu.

Melting-pot musical

Connu et reconnu pour son habileté à mêler rock, punk, reggae et world music, l’homme a toujours pris un  malin plaisir à casser les codes pour trouver sa propre combinaison, qui lui ouvre la porte d’une identité musicale unique. Et si d’aucuns critiquaient la présence d’un chanteur « pop » au cœur d’un événement estampillé « 100 % jazz », Sting a su ressortir ses influences des premières heures, de celles qu’il réserve pour les grandes occasions.

Ses détracteurs auraient-ils occulté les collaborations régulières du musicien avec les plus grands noms du jazz, à l’instar de Miles Davis, Branford Marsalis ou encore Herbie Hancock ? Pour s’assurer de son éclectisme, il n’y avait d’ailleurs qu’à écouter cette éblouissante version de Roxane, mixée avec une reprise d’Ain’t No Sunshine de Bill Withers… Un Sting en kaléidoscope, dont les multiples facettes vont continuer de miroiter derrière les pupilles des 7 500 spectateurs présents pour cette heure et demie de show mémorable.

Charlotte Mounard



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