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Stationnement à Saint-Etienne : votre rue va-t-elle devenir payante ?

Loire le 14 février 2017 - Mathieu Ozanam - Agglomération stéphanoise

Stationnement à Saint-Etienne : votre rue va-t-elle devenir payante ?
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La municipalité a décidé d'étendre le parc des places payantes à Saint-Étienne. L'objectif affiché est de limiter l'occupation de l'espace public par des voitures « ventouses ».

La nouvelle risque de ne pas faire plaisir aux Stéphanois : la municipalité a décidé de « créer » 1 873 places de stationnement payantes en zone verte dans les quartiers Tréfilerie (1 242 places), Crêt de Roc, Jardin des plantes et Grouchy. La mesure sera effective le 1er janvier 2018. Elles s’ajoutent aux 5 720 places payantes déjà existantes.

« Nous avons la volonté de mettre en place une véritable politique de stationnement », expose le maire Gaël Perdriau. En fait de création, il s’agit de matérialiser au sol les places et d’étendre le parc d’horodateurs. Une opération qui coûtera 1,1 M€. Et qui nécessitera l’embauche de six agents verbalisateurs s’ajoutant à un effectif de 26 agents déjà en service.

En rendant payantes des places qui étaient jusqu’à présent gratuites, la Ville de Saint-Étienne veut inciter les automobilistes à ne pas immobiliser trop longtemps leur véhicule. « Une place gratuite, c’est deux rotations, explique Pascal Lacour, adjointe à l’espace public et au stationnement. Une place payante, c’est six rotations par jour. »

INTER Une tarification résidentielle trop faible

Dans un rapport de 2013, le Commissariat général à la stratégie et à la prospective s’était intéressé à la politique de stationnement urbain des communes et intercommunalités. Il décrivait une situation dans laquelle « le stationnement résidentiel (…) gratuit ou très faiblement tarifé dans la plupart des grandes agglomérations (…) conduit de facto à une privatisation de l’espace public par les riverains qui va à l’encontre de la valorisation de cet espace ».

L’auteur estimait par ailleurs que « les politiques menées dans les villes françaises ont laissé les véhicules en stationnement occuper la majorité de l’espace disponible, accréditant l’idée que garer son véhicule dans la rue gratuitement ou à un tarif très réduit faisait partie des droits liés à l’habitation, au détriment des autres activités sur l’espace public ».

Dans leur récent rapport annuel les magistrats de la Cour des comptes partagent cette analyse. Ils estiment que la tarification préférentielle accordée aux résidents poursuivaient le but de les « inciter (…) à ne pas utiliser leur automobile pour leurs déplacements au sein de l’agglomération ». D’autant que « ces tarifs pour les résidents peuvent s’avérer nettement inférieurs à ceux des abonnements dans les parcs publics. Résultats : « ces tarifs résidents peuvent ainsi, s’ils sont trop faibles, contribuer à la saturation du stationnement en voirie et dissuader de stationner en ouvrage. »

A Saint-Étienne le tarif résidents sur la voie publique est ainsi de 18 € par mois, et de 2,2 € pour neuf heures en zone verte. Un abonnement dans le parking de la place Jean-Jaurès coûtera en revanche 60,2 € par mois pour un Stéphanois et 18 € par jour.

Mathieu Ozanam



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