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Stéphane Magnin, à corps et à sons

Loire le 14 novembre 2014 - Béatrice Perrod-Bonnamour - Actualités - article lu 518 fois

Roannais devenu Parisien, le compositeur de musique classique contemporaine, Stéphane Magnin, vient de concevoir pour l’Orchestre national de France une suite en cinq mouvements qui s’apparente à une symphonie en miniature. Vous avez pu entendre des extraits de sa pièce A Corps du 3 au 7 novembre au micro de Anne Montaron sur France Musique au début du mois en même temps que des séquences de sa vie.

Roannais devenu Parisien, le compositeur de musique classique contemporaine, Stéphane Magnin, vient de concevoir pour l’Orchestre national de France une suite en cinq mouvements qui s’apparente à une symphonie en miniature.
Vous avez pu entendre des extraits de sa pièce A Corps du 3 au 7 novembre au micro de Anne Montaron sur France Musique au début du mois en même temps que des séquences de sa vie. « A Corps, c’est le titre d’une partition pour grand orchestre », raconte le compositeur dont la musique s’inscrit dans le courant de musique française véhiculée par Edgard Varese (1), Gérard Grisey (2), Gérard Pesson (3)
« Des rencontres marquantes. Je m’inscris dans ce mouvement qui pour moi remonte à Debussy, Ravel. A corps que j’ai enregistré le 17 octobre à l’Ircam, sous la direction de Maxime Tortellier, a une dimension physique, charnelle. La musique et le titre sont en rapport avec la masse de l’orchestre. L’écriture fait appel au rythme cardiaque, respiratoire. Cette musique est en rapport avec ma vision de l’orchestre, comme un seul corps, une chair, dont j’aime travailler l’énergie, l’épaisseur, la puissance. Toutes les familles d’instruments sont représentées (bois, cuivres, percussions, cordes) et considérées au même niveau même si les percussions sont manifestes ». A corps a été commandé à Stéphane Magnin par Radio France pour l’Orchestre national de France. Il s’agit d’une partition en cinq mouvements de 12 min. « Cette pièce vient d’être pré-selectionnée pour être présentée mi-novembre devant le jury de la ISCM (International society for contemporary music) pour les World music days 2015 en Slovénie », ajoute le compositeur.
Né à Roanne le 18 juin 1970, il est le dernier d’une famille de 9 enfants. « La musique était très présente à la maison, ma mère écoutait beaucoup de disques et l’intérêt pour l’art et la création sont très présents dans ma famille : un de mes frères, musicien, est luthier à Ambierle et un neveu engagé dans la même voie. J’ai pratiqué différents instruments, dont les percussions, la guitare ». Plusieurs Roannais ont compté pour lui, notamment Jean-François Rondepierre, grand connaisseur de musique et organisateur de concerts de grande qualité (Musique Vivante) ; Robert Yacar pour lequel il compose des musiques de scène pour le théâtre.
Diplômé de l’École nationale de musique de Villeurbanne puis du Conservatoire national supérieur de musique et de danse (CNSMD) de Lyon, Stéphane suit les cours du Centre Acanthes à Villeneuve-lez-Avignon (1997), de l’Académie d’été de l’Ircam (1998). A Lyon, il est co-créateur d’un collectif de création musicale : 9dN. Il compose également des musiques originales de films pour Georges Combe, Bernard Bonnamour. Il est lauréat de plusieurs concours dont le 5e Concours de composition Grame/Eoc à Lyon en 2004. Une rencontre avec le compositeur Gérard Pesson le décide à s’installer à Paris en 2008. Il reçoit des commandes du ministère de la Culture, de Radio France, de différents ensembles et est accueilli plusieurs fois en résidence (Grame, Akademie der Künste à Berlin, Forum des jeunes compositeurs à Toronto).

Les 90 ans de Pierre Boulez

L’écriture musicale de Stéphane Magnin  « à la table, sur papier » est guidée par le son, l’énergie et la relation du musicien à son instrument. Sa démarche artistique est liée à la perception et au sensible, en portant une grande attention au rendu sonore et à la notion de temps musical, dans une recherche d’expression et de poétique ». Il compose le matin car « je suis frais, j’entends mieux ma musique intérieure. » Pour 2015, Stéphane a en projets plusieurs créations : un Duo pour la soprano Elise Chauvin et l’altiste Laurent Camatte en collaboration avec l’écrivain Pierre Senges, une pièce de concert pour les Percussions de Strasbourg et un premier Quatuor à Cordes pour le Quatuor Tana à Bruxelles. Par ailleurs, il doit participer en région Rhône-Alpes à un concert pour les 90 ans de Pierre Boulez à Montbrison avec la participation de la Maîtrise de Saint-Etienne, pour lequel il composera une nouvelle pièce pour l’Eoc (Ensemble orchestral contemporain) et son chef, Daniel Kawka.
Un rêve pour le compositeur qui vit à Paris et enseigne au conservatoire de Vitry-sur-Seine : « qu’une de mes créations soient interprétées au Théâtre municipal de Roanne ».

Béatrice Perrod-Bonnamour


Pour plus d’informations : stephanemagnin.com .

(1) Edgar Varèse ou Edgard Varese est un compositeur français naturalisé américain né à Paris le 22 décembre 1883 et mort à New-York le 6 novembre 1965.
(2) Gérard Grisey, né à Belfort le 17 juin 1946 et mort à Paris le 11 novembre 1998, est un compositeur français
(3) Gérard Pesson  est un compositeur français né le 17 janvier 1958


Lieu :
Le lieu de l’écoute intérieure à 4 h du matin.

Date :
Vendredi 13 avril 2012, j’ai appris ma présélection pour la Villa Médicis

Ambition :
Etre reconnu internationalement en tant que compositeur et poursuivre mes créations en musique de chambre, orchestrale, aborder la voix et la scène.

Phrase :
« La musique est le devenir des sons » (Gérard Grisey)

Personnalité :
Gérard Pesson, compositeur, professeur de composition au CNSMD de Paris, ancien producteur sur France Musique et ancien Directeur du Conservatoire de Vitry-sur-Seine.



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