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Sophie Moreau se bat pour elles

Rhône le 21 mai 2015 - A. G.-P. - Sciences, Santé, Environnement - article lu 1002 fois

Sophie Moreau se bat pour elles
D.R. - Rendez-vous le 24 mai au parc de Lacroix-Laval

Le 24 mai, au parc de Lacroix-Laval, 9 000 femmes vont prendre le départ de la course contre les cancers féminins. Avec l'association Courir pour elles dont elle est présidente, Sophie Moreau veut inciter à la pratique sportive pour prévenir la maladie.

C’est une grande vague rose qui va submerger, pour la dernière année, le parc de Lacroix-Laval, ce dimanche de Pentecôte. Face à l’ampleur de la manifestation, l’édition 2016 de « Courir pour elles » aura en effet lieu à Bron-Parilly. « Nous avons lancé la première étape lyonnaise du Ruban de l’espoir en 2010 avec 1 650 participantes. Et cinq ans plus tard, nous rassemblons 9 000 femmes. Nous avons reversé, au total, 251 000 € à quatre associations de soins de support contre le cancer. Avec 20 000 personnes présentes sur le site, entre les organisateurs et les supporters autour des sportives en tee-shirt rose, le parc de Lacroix-Laval arrive à saturation, surtout au niveau du stationnement. Nous devions donc répondre à ce véritable élan de solidarité en trouvant un autre espace pour accueillir toujours plus de femmes. L’an prochain à Bron-Parilly, nous espérons qu’elles seront au moins 15 000 à venir courir, marcher ou faire du yoga. »

Sophie Moreau est une sportive confirmée et convaincue des bienfaits de la pratique d’une activité physique. Lorsqu’elle crée l’association Courir pour elles en 2009, elle vient d’être licenciée. Elle a alors envie de donner un autre sens à sa vie, de pencher son regard vers les autres et d’être plus attentive à ce quotidien qui lui a parfois échappé. Dans le quartier de la Guillotière où sont scolarisés ses deux enfants, le cancer a frappé des familles et des enfants se sont retrouvés sans maman pour grandir. « J’ai voulu réagir », déclare alors cette boulimique de sport qui prend appui sur sa passion pour lancer un cri d’alarme.

Avec sa belle-sœur et une amie, Sophie lance le projet d’une journée festive et caritative avec une course et une marche de 5 ou 10 km réservée aux femmes. Son premier partenaire financier est son mari qui la soutient toujours dans cette aventure. Un comité d’éthique, composé d’anciennes malades du cancer et de médecins, assure la transparence et l’intégrité de cette nouvelle association destinée à favoriser la pratique sportive pour lutter contre les cancers féminins en particulier. « Il faut sortir les femmes de la sédentarité et faciliter l’accès au sport. Car il est prouvé scientifiquement et médicalement que le sport apporte un bien-être incontournable à la santé et qu’il permet d’éviter certaines rechutes. »

L’association Courir pour elles incite ainsi à bouger tout au long de l’année et à participer à trois événements dynamiques annuels : en octobre, « Rouler pour elles » à la Part-Dieu ; en mars, « Danser pour elles » à Bellecour et en mai, « Courir pour elles ». Elle a également mis en place une APA-santé, activité physique adaptée, à l’hôpital Nord-Ouest de Villefranche-sur-Saône et finance l’intervention d’un coach qui permet aux femmes en soin de bénéficier d’un soutien physique adapté pendant leur traitement.

Sophie Moreau est bien décidée à faire évoluer les mentalités et à sensibiliser les élus pour faciliter la pratique sportive en ville, et à inscrire le sport santé comme une priorité politique. « Lyon est une ville qui mérite d’être tournée vers le sport. Les piscines et les parcs doivent élargir leurs plages d’ouverture. Les vélos doivent également avoir une vraie place et être respectés. Il faut aussi donner un accès à l’information aux femmes qui vivent en milieu défavorisé ou qui sont isolées. Le sport doit pouvoir être une hygiène de vie pour tous. »

L’ancienne marathonienne, aujourd’hui triathlète, court, nage et pédale chaque jour. Elle veut transmettre ce besoin vital de bouger en véhiculant des valeurs de solidarité, de partage, de convivialité et de générosité à toutes les femmes. Pas d’esprit de compétition ni de féminisme, mais un engagement humain, un défi et un grand élan du cœur. « Courir pour elles, c’est beaucoup plus qu’une course, c’est une grande mobilisation fraternelle, un moment très fort chargé d’émotions, de rires et de pleurs. C’est un message d’espoir exceptionnel ! »



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