Fermer la publicité

Enquête : SNF en saura plus lundi

Loire le 30 janvier 2015 - Xavier ALIX - Sciences, Santé, Environnement - article lu 182 fois

Enquête : SNF en saura plus lundi
Georges Rivoire - Les habitations les plus proches du site sont à 400 m

Le Conseil de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) rend son avis lundi sur le projet d'extension du géant chimiste ligérien. Ultime étape avant l'arrêté d'autorisation préfectorale ? Des associations réclament une enquête complémentaire.

Imprécis au vu des risques. C’est, résumée, l’appréciation des associations La Fouillouse protégée et de la Frapna Loire sur les conclusions de l’enquête du commissaire d’Etat donnant en juillet dernier un avis favorable à la demande de SNF. Le leader mondial en matière de polymères, fabrique des produits chimiques destinés au traitement de l’eau mais aussi du pétrole, du papier... Les 37 ha de son site d’Andrézieux-Bouthéon, le seul classé Seveso seuil haut dans la Loire, emploie environ 1 000 salariés. L’entreprise a demandé à l’Etat l’autorisation d’y doubler sa production de 75 000 à 150 000 t/an. Entraînant une augmentation considérable du stockage.
« Tant mieux si l’économie va mieux grâce à ce projet, SNF parlant de 200 emplois créés, lance le président de La Fouillouse protégée Richard Atlan, ce que nous demandons, ce sont des précautions proportionnelles à la dangerosité qu’induit cette extension. » Son association et La Frapna ont d’ailleurs « apprécié » l’avis favorable du commissaire enquêteur portant sur la création de stations de mesure du bruit et de pollution atmosphérique. Ce sont « les appréciations d’ensemble relatives aux risques d’explosion et pollutions chimiques chroniques non mesurées » qui les interpellent, citant le rapport du commissaire : « (…) les évolutions intervenues ou proposées pour le site n’ont pas pour conséquence un accroissement de ces risques d’accident. Impacts pollution et bruits issus du site SNF sont non préoccupants en terme de risque pour la santé des populations riveraines ».
Pour R. Atlan, « doubler la production, c’est fatalement doubler les erreurs potentielles. Ainsi que l’émission dans l’air de Cov actuellement de 260 t. par an. Emissions non mesurées depuis 2006 et pourtant en 2014 qualifiées de “conformes“ ! L’administration n’a pas fait de contrôles inopinés sur ces émissions et le stockage. Elle se contente de suivre les hypothèses de SNF. » D’où sa pétition (1 000 signatures depuis novembre) afin d’obtenir « une expertise neutre » d’un cabinet indépendant. Pétition qui a valu à R. Atlan la visite de gendarmes (lire encadré)…
« Nous laissons la procédure administrative suivre son cours et n'avons aucun commentaire à faire », nous a fait savoir Pascal Rémy, PDG de SNF. Pascal Simonin, chef de l’unité Loire de la Dreal, derrière l’enquête, explique « qu’il est exceptionnel qu’une demande d’enquête supplémentaire aboutisse. L’administration, le demande de temps en temps mais ce n’est pas ici jugé nécessaire. » Pourquoi ? « Le risque technologique a été largement étudié en amont et des préconisations appliquées, par exemple des cuves de tailles plus modestes. Le risque chronique, la pollution atmosphérique, sera lui réduit avec un projet pour 2020 de réduction de diviser par deux les émissions. Enfin, l’enquête de notre unité a été doublée à échelle régionale. »
En cas d’avis favorable lundi, l’arrêté d’autorisation préfectoral peut suivre et la construction se concrétiser les mois suivant. Dans cette hypothèse, les associations effectueront cependant un recours juridictionnel.

 Xavier Alix

Pétition sous surveillance

« Nous ne sommes pas des militants extrémistes, avertit R. Atlan, président de La Fouillouse protégée, juste riverains, la plupart retraités, dans une démarche apolitique se souvenant de l’accident de 2009 sur le site. Il n’y a pas de projet d’intimidation, de manifs, juste des recours juridiques. En juin, la préfète m’a dit qu'elle savait que nous n’étions pas des terroristes. Alors pourquoi cette visite ? » Fin décembre, deux gendarmes en civil se sont en effet rendus à son domicile pour évoquer sa pétition. « C’était très cordial, on a bu le café. Ils m’ont interrogé sur qui j’étais, mes activités... Y a t-il des craintes liées à Sivens ou Notre-Dame-des-Landes ? » Contacté, le colonel Morel, à la tête de la gendarmerie ligérienne, assume mais écarte un lien de cause à effet avec les événements cités : « l’information fait partie de nos missions dans le cadre du renseignement départemental. C’est de la routine dès lors qu’il y a un risque sur la voie publique. On anticipe. Comme on le fait avec n’importe quelle manifestation de contestation potentielle et de toute nature : même pour l’ouverture de la pêche ! »



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide