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SNCF : une hausse qui a du mal à passer

Loire le 07 janvier 2015 - Emilie MASSARD - Actualités - article lu 257 fois

SNCF : une hausse qui a du mal à passer
Emilie Massard - La hausse des tarifs concerne notamment les billets de TER plein tarif

La hausse des tarifs annoncés par la SNCF à la fin du mois de décembre a provoqué le mécontentement de nombreux usagers. Si elle est présentée comme indispensable pour améliorer la qualité de service, elle arrive dans un contexte déjà tendu, notamment dans la Loire où les usagers peinent à s'y retrouver.

Depuis le 1er janvier, les tarifs des billets de TGV, des trains Intercités et des TER ont augmenté de 2,6%, comme la SNCF l’avait annoncé à la fin du mois de décembre. Si la position du gouvernement, qui a validé cette hausse et dont certains membres crient aujourd’hui au scandale, n’est pas claire pour tous, cette augmentation est aujourd’hui bel et bien effective, et les usagers eux aussi ont parfois du mal à s’y retrouver. La hausse des tarifs concerne les billets de TGV (hors Prem's) en tarif plein.

Du côté des transports régionaux, l’augmentation n’impacte que les billets TER plein tarif, et elle ne concerne pas les tarifs réduits et les abonnements, dont les prix sont fixés par la Région, ou par le pôle métropolitain lorsqu’ils sont combinés aux abonnements type Stas ou TCL. Pour Olivier Longeon, conseiller régional Europe Ecologie les Verts et président du comité de ligne Saint-Etienne/Lyon, « la SNCF peut demander à ces collectivités de contribuer plus, ou bien d’augmenter les tarifs, mais dans tout les cas il n’y aura pas de vote avant plusieurs mois ». En attendant, ce sont donc les usagers occasionnels du TER qui vont voir le prix de leur ticket grimper. « Cela représente plus d’un tiers de la clientèle qui achète à la SNCF, souligne Olivier Longeon. Aujourd’hui la SNCF perd de l’argent, elle est en concurrence avec des sites de covoiturages qui proposent des voyages beaucoup moins chers et parfois tout aussi confortables, et elle répond en augmentant ses tarifs. Selon moi, ce n’est pas comme ça qu’elle va réussir à s’en sortir. » Une hausse difficilement compréhensible également pour les associations d’usagers qui y voient une contrainte supplémentaire pour prendre le train.

INT: Simplification de sa grille tarifaire

L’association de Défense des Usagers de Lyon/Saint-Etienne (Adulst) a d’ailleurs publié une lettre ouverte à l’intention du secrétaire d’Etat aux transports pour exprimer son mécontentement. Ce n’est pas un bon signe au vu des tensions que connaissent les usagers au quotidien dans les trains, estime Mathieu Gouttefangeas, président de l’Adulst. Les usagers des TER et des trains Corail sont les parents pauvres dans cette politique du tout TGV. Les augmentations de tarifs, on en a vu, par contre les améliorations du service sont plus rares. Retards, suppressions de trains, grèves, travaux, et hausse des tarifs, tout ça ne va pas encourager les gens à prendre le train. » Dans sa lettre ouverte, l’association suggère également à la SNCF de faire des économies sur ses dépenses de communication, mais aussi de simplifier sa grille tarifaire. Un constat partagé par Gabriel Exbrayat, représentant Rhône-Alpes de la Fédération nationale des Associations d’Usagers des Transports (FNAUT), qui pointe des tarifs peu lisibles, ce qui ne va pas s’améliorer avec la hausse récente de certains tarifs. « Pour des raisons sociales et écologiques évidentes, le train doit reste un transport de masse accessible à tous. » C’est pourquoi la FNAUT demande également au gouvernement d’abaisser le taux de TVA sur les transports publics de 10 à 5,5 %.

2015 s’annonce difficile

L’annonce de la hausse des tarifs s’est faite dans un contexte particulièrement compliqué dans la Loire, après des mouvements sociaux et des travaux sur la ligne Saint-Etienne/Le-Puy, et au moment où on annonce de grands travaux sur la ligne Saint-Etienne/ Lyon. Une hausse qui a donc d’autant plus de mal à passer que les usagers s’attendent à des perturbations dans les mois à venir, même si la SNCF assure qu’elles seront minimes.
Ces travaux sont d’une ampleur très importante, puisqu’ils interviendront sur une période de pratiquement huit mois (du 22 juin au 19 janvier 2016) sur la ligne Lyon Perrache/Saint-Etienne. Mais aussi en deux phases sur la ligne Lyon Part-Dieu/Saint-Etienne (rive gauche) : une phase préparatoire du 30 mars au 11 juillet et une phase active couvrant la période allant du 21 septembre au 12 décembre.



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