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SNCF : les trains s'allongent, les files d'attente aussi, et même les bases de données…

Isère le 10 mars 2015 - Arnaud DE JUBECOURT - Société - article lu 253 fois

SNCF : les trains s'allongent, les files d'attente aussi, et même les bases de données…
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Depuis quelques semaines, une nouvelle rame de TER est en service sur le réseau rhonalpin. Une quarantaine de ces nouvelles rames vont équiper progressivement les lignes les plus chargées de notre région et de l'Isère : Vienne Villefranche, Lyon Saint André le Gaz, Ambérieu Saint-Etienne. Valant 10M€ pièce, financées par la Région, ces rames sont plus longues (83 mètres) que les actuelles « Rames Réversibles Régionales ».

Elles accueillent 20% de passagers en plus avec 679 places, bien qu’il s’agisse pourtant de la version courte d’un modèle pouvant atteindre 110 mètre dans d’autres régions comme PACA.  Fabriquées dans le Nord de la France par le canadien Bombardier, elles sont plus accessibles, plus confortables, plus fiables, plus recyclables et plus économes en énergie (15%) ; elles sont équipées de la climatisation, de prises électriques et d’écrans d’information en temps réel.

Leur vocation est de désengorger le nœud lyonnais, dont le trafic est en constante augmentation avec 700 trains par jour, en jouant sur la capacité plutôt que sur la fréquence. Un progrès donc, au moins une fois qu’on est dans le train. 

Car vu du quai le progrès est moins visible puisque la validité des billets à été diminuée récemment de 61 jours à…7. Du coup les files d’attente ont plutôt tendance à s’allonger, les voyageurs hésitant à faire des stocks de billets qui pourraient s’avérer rapidement périmés. 

Cette mesure est censée limiter la fraude (équivalent d’après la SNCF à la valeur de 30 rames neuves). Parallèlement, les effectifs de contrôleurs pourraient baisser, le contrôle devenant logiquement moins nécessaire. Ce qui inquiète certains cheminots (qui, à l’appel de la CGT, avaient profité de l’inauguration de la première rame Bombardier présentée à Perrache le 19 novembre pour le faire savoir). Mais il semble bien qu’ils aient encore un avenir : la SNCF fait de la lutte antifraude une de ses priorités comme elle l’a annoncée récemment ; à partir du mois de mars prochain, les amendes vont augmenter à 88€ (contre 63 aujourd’hui) et les contrôleurs verront leurs moyens techniques augmenter, notamment au travers de l’accès à des bases de données permettant de vérifier l’adresse des fraudeurs, maillon faible du système actuel (90% des amendes ne sont pas payées suite à des informations erronées).

Une manière pour la SNCF de récupérer le manque à gagner, mais aussi de montrer son attachement à des équipes de contrôleurs qui se trouvent en première ligne au quotidien, notamment concernant les agressions. On se prend à espérer de semblables signes d’attachements en direction des clients, qu’on continue à appeler « usagers », et qui se font eux aussi agresser sans le plus souvent qu’on en parle. Ils ne ressentent pas toujours les effets du progrès sur leurs migrations quotidiennes : celles-ci sont encore (certains disent « de plus en plus ») parsemées d’embûches et d’inconfort, surtout tant que les « usagers » ne sont pas encore installés dans leur train, et ce, que les wagons soient neufs ou non.

 



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