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Site Véolia Cessieu : création d'un « comité de nez », mais la défiance reste de mise

Isère le 26 mai 2015 - Arnaud DE JUBECOURT - Nord-Isère - article lu 125 fois

Site Véolia Cessieu : création d'un « comité de nez », mais la défiance reste de mise
Les moutons récemment parqués sur le site Veolia n'apaisent pas les riverains...

Une quarantaine de personnes avaient répondu à l'invitation des élus de Cessieu ce vendredi 22 mai. Il s'agissait de constituer un observatoire d'odeurs, ou « comité de nez », en rassemblant des volontaires habitant en périphérie du site Veolia. Leur rôle : signaler de la manière la plus précise les odeurs, en indiquant leur date et leur intensité.L'ensemble des observations sera ensuite compilée et confrontée aux données météo et d'exploitation du site.

"L’objectif est d’une part d’objectiver les ressentis, et d’autre part de relier les effets à des causes, en vue de proposer des mesures correctives, le tout sur au moins une année d’observations". C'est ce qu'explique Lionel Pourtier, du bureau d'études Environnement Air, spécialisé en détection d’odeurs ; financée par Veolia selon le principe du pollueur payeur, l'étude est pilotée en lien étroit avec la commune, qui a choisi les membres du comité et choisira les dates d’observations.


FrédéricLelong, élu de la commune très impliqué sur le dossier, explique : « le contexte est assez tendu : il y a une montée en puissance de la contestation chez les riverains qui sont de plus en plus méfiants vis-à-vis des affirmations de Veolia, dont le manque de transparence a été constaté par le passé ; la commune a du reste toujours voté contre le projet ; même si Veolia semble faire montre aujourd'hui d’une certaine bonne volonté les odeurs demeurent et les plaintes s'accumulent ; nous n'avons pas prise sur le process ni sur les décisions et nous sentons comme David contre Goliath. Le cahier des charges initial reste entaché de manquements que nous n'avons pas relevés à l'époque et que nous peinons à rectifier aujourd'hui. La réglementation elle même recèle des pièges : la notion de DIB par exemple, inclut des déchets dont la composition est similaire aux ordures ménagères pourtant interdites officiellement à Cessieu, et seule leur provenance les en distingue. La situation est potentiellement explosive car les améliorations successives effectivement mises en place par Veolia dans le passé se sont très souvent révélées insuffisantes en termes de résultats concrets et la population est exaspérée  ». L’ambiance parfois houleuse des échanges lors de cette réunion du 22 mai en témoigne. « Nous ne sommes pas des lapins de 6 semaines, on essaie encore une fois de nous endormir, rien n’évitera les odeurs, si ce n’est la fermeture définitive du site » affirme un riverain, soutenu par les hochements de tête de ses voisins de réunion. Diverses accusations fusent, concernant aussi le bruit et la vue, et même la provenance des déchets (en principe assez locale), dont la traçabilité est qualifiée de « mascarade » par certains participants ; la toxicité (ou non) des émanations est également une interrogation, laquelle n’a « jamais été levée car rien n'a été évalué concernant l'éventuelle toxicité des émanations » ; les craintes d'un risque pour la nappe qui est « patent » pour certains participants sont aussi évoqués ; la présence du sous préfet dans les commissions ne rassure pas car selon un riverain « il ne s’intéresse pas au dossier ».

Christophe Brochard, Maire, tente de conserver aux débats une objectivité constructive. Mais il souligne que la commune ne peut rester inerte et entend prendre les moyens d’avoir ses propres expertises, et d’obtenir des soutiens politiques rééquilibrant un jeu trop déséquilibré : en témoigne la venue prochaine d’un sénateur, ainsi que divers échanges entre les maires riverains (St Victor de Cessieu, La Chapelle de la Tour, La Tour du Pin notamment) dont certains sont devenus conseillers départementaux et ont abordé le sujet avec force pendant leur campagne récente. Des annonces nouvelles pourraient être faites dans les prochaines semaines.

En attendant les deux élus invitent les personnes incommodées par les nuisances à "venir assister en nombre à la CLIS du 4 juin prochain" (ancien nom de ce qui est appelé aujourd'hui la commission de suivi des sites), où il y aura aussi des représentants d'autres communes concernées. Celle commission, regroupant toutes les instances, y compris l’Etat représenté par le sous Préfet, sera en effet publique. Une autre manière de faire monter la pression et de remettre le dossier au centre des préoccupations.



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