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Sillon Alpin Sud : la voie est libre !

Isère le 24 février 2014 - Caroline Thermoz-Liaudy - Actualités - article lu 1562 fois

Sillon Alpin Sud : la voie est libre !
(D.R.)

Le sillon Alpin est un ruban de voies ferrées qui relie différentes villes, dont Genève, Annecy, Chambéry, Grenoble et Valence.

Un secteur géographique qui a connu un essor important durant les 30 dernières années, si bien que la population a augmenté de plus de 10 000 habitants, rendant les infrastructures existantes obsolètes. C’est pourquoi un énorme chantier de modernisation a été enclenché, dont la portion appelées Sillon alpin Sud (entre Valence et Chambéry), représente le plus gros chantier de modernisation de France. La fin des travaux représente 2,5 millions de déplacements potentiels par jour.
La phase 1 des travaux (2007-2011), a débuté par la création d’un terminus péri-urbain à Gières, suivie de la création d’un saut-de-mouton à Moirans (pour remédier au croisement des lignes Lyon/Grenoble et Valence / Moirans). La modernisation et le doublement de la voie entre Saint-Marcellin et Moirans a eu lieu en 2009 et le doublement partiel de la ligne Romans / Saint-Marcellin en 2011. La phase 2 (2011-2013), a permis la mise au gabarit GB1 et l’électrification de la ligne Saint-Marcel-lès-Valence / Moirans, le raccordement du sillon alpin à la LGV Méditerranée  et la modernisation de la signalisation. De décembre 2012 à décembre 2013, une interruption totale de la ligne a été nécessaire entre Moirans et Valence TGV. (La réalisation du terminus de Crolles - Brignoud, dernier élément du programme, a été décalée à l’horizon 2018.) Rouverte depuis le 15 décembre, la mise sous tension est effective depuis le 15 février dernier, et c’est ce samedi 22, que les différents acteurs, techniques comme économiques, sont invités à l’inauguration.
« Les enjeux étaient multiples. Pour les voyageurs d’abord, de plus en plus nombreux. » Explique Eliane Giraud, vice-présidente chargée des transports, des déplacements, et des infrastructures à la région Rhône-Alpes. « La capacité et la fréquence des trains ont donc été améliorées sur un réseau TER de plus en plus emprunté pour les trajets quotidiens domicile-travail. Les trajets inter-cités et péri-urbains ont également été renforcés, et la nouvelle électrification devrait permettre d’accueillir de nouvelles rames, achetées par la région (100 M investit chaque année), plus confortables, plus grandes et moins bruyantes. » Electrification qui permettra également aux TGV d’emprunter la ligne à une vitesse réduite de 140 Km/h. Au-delà de la région, c’est tout le maillage d’interconnexion avec d’autres lignes qui devrait être amélioré. « Enfin, les gares ont également été aménagées pour rendre les trains accessibles à tous ».
Côté fret, les travaux devraient augmenter la performance du transport de marchandises, et les aménagements pourraient achever de convaincre les entreprises locales d’optimiser leur desserte ferroviaire.
La maitrise d’ouvrage des travaux ferroviaires du sillon alpin sud incombe à Réseau Ferré de France (RFF), en tant que gestionnaire du réseau et responsable de son développement. Si pour la portion comprise entre Gières et Montmélian, RFF a confié la maitrise d’ouvrage à la SNCF, RFF assure la maitrise d’ouvrage directe sur le reste du tracé. Un certains nombres d’entreprises (dont certaines implantées localement), a aussi été mobilisé : Alstom, SPIE, Colas Rail, Nouvetra, Setec. Si l’ouverture d’un axe fret adapté, peut apporter une valeur ajoutée au territoire, les travaux ont donc aussi eu des retombées significatives sur l’économie régionale puisque près de 150 entreprises sont intervenue sur le chantier.
Les voies ont été intégrées dans l’environnement afin de protéger autant que possible les sites naturels. Sur la commune du Cheylas, un effort a été fait pour préserver la faune locale, et plus généralement, la qualité de l’eau a été protégée, puisque les eaux de chantiers ont été collectées et traitées avant d’être rejetées dans le circuit.
Au final, 160 km de lignes ont été rénovés et modernisés, pour rapprocher Grenoble et Valence (55 minutes désormais). 5 passages à niveaux ont été supprimés, et tous les autres renforcés. Coût de l’opération : 540 M€ ainsi financés : 180 M€ de l’Etat, 180 M€ de la région Rhône-Alpes, 93 M€ RFF, 33 M€ du département de l’Isère, 18 M€ du département de la Drôme, 4 M€ du département de la Savoie, 18 M€ de Grenoble-Alpes-Métropoles, 3 M€ de Chambéry-Métropole, 3 M€ du pays Voironnais, 3 M€ de la communauté de communes du pays du Grésivaudan. Ainsi qu’un apport foncier du Syndicat Mixte Rovaltain.

Caroline Thermoz-Liaudy



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