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Siléane poursuit sa forte croissance à Saint-Etienne

Loire le 03 mai 2015 - Denis Meynard - Industrie - article lu 1749 fois

Siléane poursuit sa forte croissance à Saint-Etienne
©Denis Meynard

Le spécialiste des robots destinés à l'industrie, dont l'effectif devrait passer de 48 à 120 salariés d'ici 2020, va s'installer dans 2 500 m2 de nouveaux locaux.

Siléane, la PME stéphanoise créée par Hervé Henry au début des années 2000 évolue sur le créneau porteur, mais concurrencé, de la robotique. Elle tire bien son épingle du jeu avec une forte croissance depuis plusieurs années et un résultat à deux chiffres. D’où la nécessité de s’agrandir. Après avoir étudié différentes options au cours de l’année 2014, elle a finalement fait l’acquisition d’un tènement immobilier qui jouxte le sien en bordure de l’A 72, dans la traversée de Saint-Etienne. En octobre, elle devrait quitter ses actuels locaux de 1 200 m2 pour un site neuf de 2 500 m2, dont la construction a commencé, en face de la chocolaterie Weiss.
L’investissement foncier et immobilier réalisé par Siléane s’élève à 2,5 M€, soit autant que celui consacré à la R&D sur deux ans. L’essentiel de cet investissement bénéficie à sa nouvelle génération de robot, baptisée Kamido, promise à un important développement. Des perspectives de forte croissance s’appuient sur une prévision de demande de robots autonomes associant l’intelligence artificielle et la vision. « Grâce à son algorithme de décision, Kamido accomplit des gestes instantanés. Il effectue lui-même, sans programmation spécifique, le choix des outils nécessaires à la préhension, à l’aide de pinces ou de ventouses des pièces qui lui sont présentées en vrac », explique Hervé Henry, le Pdg de Siléane. Les applications identifiées par l’industriel stéphanois sont nombreuses dans les univers de l’environnement (déchets), de l’industrie (prise de pièces en vrac) et de la logistique.

Vers un CA de 7,5 M€ en 2015

Après plusieurs années de mise au point couronnées par de récentes distinctions, la commercialisation de cette nouvelle génération de robot, sur laquelle la PME souhaite conserver son avance le plus longtemps possible, débute cette année. En mars, Kamido lui a permis de remporter, à Rennes, le Trophée de l’innovation 2015, dans la catégorie procédés et innovations, décerné par le CFIA, le plus grand salon agroalimentaire de France. En avril, Siléane a remporté, à Paris, le Prix de l’innovation de la Semaine Internationale du Transport et de la Logistique (SITL), dans la catégorique intralogistique. Là encore, le jury a été séduit par cette machine capable de prouesses dans le domaine du picking de détail, une niche à fort potentiel. Soulignant que jusqu’à présent, seul un homme était capable de piocher des fraises disposées en vrac dans une cagette pour les placer délicatement sur une barquette.

Parmi les débouchés possibles figurent l’industrie automobile et des études ont déjà été lancées par l’entreprise stéphanoise avec les constructeurs automobiles français Renault et PSA. Dès 2015, Kamido devrait représenter 15 à 20% d’un chiffre d’affaires attendu autour de 7,5 M€, contre 6,1 M€ l’an dernier. Outre les services (R&D amont pour certains clients, plus maintenance, formation, vente de pièces détachées de robots) qui représentaient en 2014 environ 15% de l’activité, les trois-quarts des ventes ont été réalisées par les deux autres gammes de robots développées en interne. La plus ancienne, Flowpick, est installée sur le marché du packaging, qui compte de nombreux acteurs. Au sujet du modèle baptisé Rovaldy, Hervé Henry estime que son entreprise est la seule installée sur la niche des machines qui réalisent de façon automatisée de l’accrochage de pièces en phase de traitement de surface. « Nous venons de développer un nouveau modèle de machine miniaturisée dédiée à l’accrochage de toute petites pièces, avec une précision de l’ordre du centième de millimètre », précise-t-il.

Denis Meynard

Augmentation de l’effectif

En 2014, près d’une dizaine de personnes ont rejoint l’effectif de Siléane, qui approche la cinquantaine. La moyenne d’âge (à plus de trois-quarts ingénieurs) reste inférieure à 30 ans. Après avoir mis l’accent sur l’encadrement scientifique sur 2013-2014, l’effort sera porté sur la structuration de l’équipe commerciale à partir de 2015. Mais des recrutements auront aussi lieu dans d’autres domaines, tels que marketing ou juridiques, souligne Hervé Henry, le PDG et unique actionnaire de la société, qui parvient à réaliser ses développement sur fonds propres et emprunts.
 



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