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Sièges ferroviaires : Saira Seats en chute libre

Loire le 15 avril 2017 - Denis Meynard - Industrie

Sièges ferroviaires : Saira Seats en chute libre
Denis Meynard - Les salariés redoutent de ne plus avoir aucune activité d'ici quelques mois.

Florissante, l'entreprise d'Andrézieux-Bouthéon subit les turbulences du groupe italien Tosoni auquel elle appartient et qui est en dépôt de bilan depuis près d'un an.

Alors qu’elle était en croissance, avec un bon niveau de rentabilité, l’entreprise Saira Seats, d’Andrézieux-Bouthéon, est au bord de l’asphyxie. Ce fabricant de sièges pour le secteur ferroviaire (train, tram, métro) employait l’an dernier 180 personnes, dont une cinquantaine d’intérimaires, pour un chiffre d’affaires de 32 M€. Elles sont désormais moins de 120. La situation s’est dégradée à partir du dernier trimestre 2015, lorsque sont apparues les difficultés du groupe familial italien. Cela s’est traduit par l’ouverture, en mai 2016, d’une administration provisoire extraordinaire de Tosoni, à l’initiative du ministère italien du Développement économique et de la chambre commerciale du tribunal de Verone.

Pour bénéficier de dispositions plus favorables de la loi italienne à leur égard, les dirigeants de Tosoni auraient abusivement inclus la société française dans le périmètre des sociétés insolvables du groupe. Afin d’atteindre artificiellement le seuil de 500 salariés requis. Dès lors, Saira Seats a été considérée, à tort, comme étant au bord de la faillite, par les fournisseurs, clients et ses banques. Sa direction française évalue à 55 M€ sur un an et demi le montant des contrats qu’elle espérait remporter auprès de ses principaux clients que sont Alstom, Bombardier, Siemens et la SNCF. Parmi eux figure celui des 28 rames de TGV commandées par la société américaines Amtrak pour relier Washington à Boston, dans le nord-est des Etats-Unis.

Face aux difficultés croissantes et à l’immobilisme des trois commissaires italiens désignés par le tribunal de Verone, qui avaient annoncé l’été dernier le lancement imminent d’une offre de cession de Saira Seats, qui n’a toujours pas eu lieu, le dirigeant de la société française s’est adressé au tribunal de commerce de Saint-Etienne. En octobre, ce dernier a désigné Maître Eric Bauland administrateur provisoire de la société ligérienne. Mais, dans l’exercice de sa mission, il se heurte au manque de diligence des commissaires italiens, qui promettent apparemment beaucoup plus qu’ils ne tiennent. Une lueur d’espoir tardive est survenue le 31 mars dernier, sous la forme d’une démarche du ministère italien du Développement économique déclarant qu’il ne s’oppose pas à une éventuelle décision du tribunal de Verone de sortir de l’insolvabilité Saira Seats.

Trois repreneurs identifiés

Ce qui importe pour les 118 derniers salariés français, c’est l’ouverture rapide d’une offre de cession pour laquelle des candidats se sont déjà manifestés. Parmi eux, figure Compin, basé à Evreux (Eure), devenu le premier fabricant de sièges pour le ferroviaire, en passant devant Saira Seats. L’autre prétendant français, qui a lui-aussi déjà rencontré les représentants du comité d’entreprise, est Barat. Ce spécialiste des intérieurs de train, basé à Valenciennes (Nord), veut ajouter la fabrication de sièges à son offre de produits. Le troisième candidat, le chinois KTK Groupe Europe, souhaite acquérir une unité de production en Europe, où il est un des principaux fournisseurs du secteur ferroviaire pour des composants d’éléments d’habillage de rames, fabriqués pour l'heure en Asie. Ses représentants sont attendus ce vendredi à Andrézieux-Bouthéon.

Denis Meynard

Les représentants des salariés reçus à Bercy

Les délégués syndicaux de Saira Seats, dont le secrétaire du comité d’entreprise, ainsi que leurs avocats, ont été reçus à Bercy mercredi 12 avril. Au côté du commissaire au redressement productif d’Auvergne Rhône-Alpes, Simon-Pierre Eury, également présent, ils ont rencontré des représentants du ministère de l’Economie et des finances, ainsi que du secrétariat d’Etat à l’industrie. La réunion informelle a permis de vérifier la bonne connaissance du dossier de la part de ces services de l’Etat qui ont récemment eu à traiter plusieurs gros dossiers donnant lieu à des contentieux avec l’Italie. Notamment les chantiers navals STX et Air France-KLM.
D.M.



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