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Sidonie Mérieux : dépisteur de talents

Rhône le 14 juillet 2014 - La Rédaction - Actualités - article lu 1708 fois

En janvier 2011, la loi Copé-Zimmermann impose aux conseils d’administration des entreprises cotées, mais aussi à celles de plus de 250 salariés et réalisant un chiffre d’affaires supérieur ou égal à 50 M€, de réformer leur gouvernance.

Elles devront avoir 20 % de femmes au bout de trois ans, 40 % au bout de six. A la faveur de cette loi, Sidonie Mérieux consolide son projet d’entreprise autour de la question. « Ce fut juste le déclic, souligne-t-elle, car cela faisait déjà plusieurs années que je travaillais sur cette thématique. » Elle la découvre beaucoup plus tôt à Paris chez Image 7, une agence de communication spécialisée dans la finance et la communication de crise des sociétés du Cac 40. Elle y « apprend beaucoup sur l’entreprise, son environnement » et Anne Méaux, sa présidente, reste « une femme qui l’inspire ». De retour à Lyon avec son mari, la Stéphanoise d’origine reprend l’un de ses premiers métiers – elle fut un temps en charge du fundraising de l’Alliance Française à Chicago après son DEA en stratégie d’entreprise – et s’occupe de la levée de fonds pour le compte de l’association Sport dans la ville. La structure, « qui avance comme une entreprise », œuvre pour l’insertion professionnelle des jeunes des quartiers sensibles par le sport. Le budget grossit, Sidonie Mérieux s’épanouit dans ses fonctions, et très vite, travaille pour que l’on s’occupe aussi des filles. « Au départ, le sport, essentiellement du foot, était plus destiné aux garçons. En introduisant le hip-hop, nous avons pu faire bénéficier aux filles d’un programme adapté, avec de très bons résultats. » Très sensible donc à la question, celle qui est également administratrice à OL Group et dans de nombreuses fondations d’entreprises (Société Générale, Olympique Lyonnais, EM Lyon, Sycomore, Cegid, Motul), « avec un point commun essentiel : celui d’aider à l’insertion professionnelle des jeunes », n’a pas de mal à convaincre les entreprises d’adopter la loi. Car au bout de six mois d’activité, les freins ne sont pas là où elle s’y attend : « en réalité, les femmes s’autocensure en se posant des questions sur leurs compétences ou leurs savoir-faire ». Pour répondre à cette problématique, elle imagine en co-construction avec l’EM Lyon, un programme de formation (Objectif administratrice) – elle même avait suivi celui de l’Essec. En sept jours, plusieurs intervenants proposent d’aborder le sujet, les postures et les codes à avoir au sein des conseils d’administration. Basée sur le retour d’expérience et de nombreux échanges, cette formation, qui en est à sa 3e promotion (deux sessions par an, la prochaine rentrée sera en octobre 2014), a déjà permis à une vingtaine de femmes de passer de la « posture de manager à celle d’administratrice indépendante ». Au delà de l’entreprise et de la liberté qu’elle lui procure, elle apprécie surtout « ces très belles rencontres avec des femmes talentueuses, aux doubles compétences » persuadée qu’intégrer un conseil d’administration est une démarche bénéfique pour les deux parties. « L’entreprise y gagne, mais les administratrices reçoivent aussi beaucoup. » Très active sur la région et à Paris – son associée Anne-Sophie Fauvet développant le nord de la France – elle met le cap sur 2017. « Le chantier est vaste, il reste encore beaucoup à faire » d’autant qu’il faut en moyenne six mois pour intégrer une administratrice. Confiante, cette mère de trois jeunes enfants, qui aime faire du ski, compte sur le renouvellement des mandats pour asseoir la pérennité de son entreprise. Entre audace et analyse, elle accompagne les femmes prêtes à s’imposer, sûre de leurs trésors.

Stéphanie Borg


Date :
L’année 2005, la naissance de mon premier enfant

Lieu :
Val d’Isère

Ambition :
Faire en sorte que les gens que je croise saisissent leur chance

Citation :
« La parole est d’argent, mais le silence est d’or »

Personnalité :
Anne Méaux, présidente d’Image 7, pour sa liberté de parole



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