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Si on chantait la la la la, comme une chanson populaire

Isère le 26 décembre 2016 - Elisabeth Laverdant - Expositions - article lu 50 fois

Si on chantait la la la la, comme une chanson populaire
Imagerie d'Epinal 4156 Pellerin (Imprimeur) Musée dauphinois - Les Alpins, une chanson de marche.

Elle est omniprésente. Agissant sur nous comme une madeleine de Proust. La chanson fait partie du quotidien, de l'inconscient. Simples ballades, berceuses ou comptines, c'est toute la chanson populaire, dans ce qu'elle a de plus universel que nous propose de découvrir le Musée dauphinois jusqu'au 8 janvier.

Il y a celles qu’on fredonne depuis l’enfance. Celles qui sont devenues des tubes. Ou encore celles reprises en cœur lors des cérémonies. La chanson rassemble : « C’est un objet de société », précise Franck Philippeaux, commissaire de l’exposition Si on chantait la la la la. Et d’années en années, elle constitue un patrimoine important. C’est cela que le Musée dauphinois a voulu mettre à l’honneur. Près de 70 chansons francophones sont proposées aux visiteurs qui le temps de l’exposition, se transforment en auditeurs attentifs. 

Penser la chanson

Si on fredonne souvent une mélodie par pur plaisir, la chanson fait pourtant l’objet d’études très sérieuses. Spécialistes, universitaires, musicologues n’ont eu de cesse de ranger les chansons dans des cases. Le spectateur est invité à découvrir comment de simples mélodies ont été passées à la loupe des premiers musicologues. On comprend alors que si au XIXe siècle, on classait les chansons selon leurs fonctions : chanter l’amour, la nation… ou encore leurs catégories sociales : chansons de soldats, de marins… le temps et la multiplication des chansons ont fait émerger des genres nouveaux. Place alors aux « chansons à succès » ou aux « tubes ».

Une chanson populaire, qu’est-ce que c’est ? Un succès commercial ? La chanson est-elle un art à part entière ? Une chose est sûre, la chanson fait débat. « Populaire, cela sous-entend aussi le succès permanent de la chanson, la pratique par le plus grand nombre, commente Franck Philippeaux. C’est une manière de prendre le contre-pied de cette affirmation qui dit qu’on ne chante plus. La pratique de la chanson est répandue ». Pour permettre aux visiteurs de se faire un avis, chanteurs, écrivains, ou encore humoristes débattent autour de la table d’un studio de radio.

Quotidien, exil, amour…

Et si cette visite était aussi l’occasion non plus d’entendre, mais d’écouter les chansons ? « C’est un des objectifs, raconte le commissaire de l’exposition. L’idée, c’est de prendre un temps d’arrêt pour écouter ». Une manière de découvrir combien la chanson fait partie du quotidien. Dans la chambre, la cuisine, le vestibule ou encore le séjour, elle est partout. Dans une maison reconstituée pour l’occasion, le public découvre une soixantaine de chansons ainsi que leurs thèmes récurrents : l’exil, le quotidien, le départ et bien sûr l’amour. 

La scène locale iséroise est reconnue. Chanteurs de variété ou de rock, de nombreux artistes ont démarré dans la région. 250 pochettes de disques de la scène locale sont ainsi présentées. C’est aussi l’occasion de se remémorer ces noms d’artistes passés sur les scènes iséroises, au hasard : Renaud ou Léo Ferré.

Et comment parler de chanson sans mentionner la berceuse ? Ce premier rapport de l’enfant et de la musique. L’installation sonore « Le temps des berceuses » de Péroline Barbet, ethnologue-documentariste, qui compose un autre couplet de l’exposition met en lumière cette tradition orale. Le visiteur peut revivre alors sa toute première relation au chant.

Visiter Si on chantait la la la la, c’est redécouvrir le portrait d’une vieille amie. Présente depuis l’enfance, n’importe où, n’importe quand. C’est aussi se réapproprier un patrimoine et prendre conscience qu’une chanson, ça se partage.

Elisabeth Laverdant

Si on chantait la la la la, jusqu'au 8 janvier, au Musée dauphinois, 30 rue Maurice-Gignoux, Grenoble.

Ils connaissent la chanson

« On ne chante plus ». Une affirmation tenace que l’exposition entend bien contredire. « C’est en fait un changement de contexte, un changement de mode par rapport à la chanson. On est porteur de chanson en tant qu’amateur ou en famille, raconte Franck Philippeaux. Quand on voit qu’il y a plus de 200 chorales en Isère, c’est phénoménal ! » Trois documentaires réalisés par Péroline Barbet abordent la question. L’ethnologue-documentariste est allée à la rencontre « d’habitants-chanteurs » de la Villeneuve, de deux chorales de l’agglomération grenobloise et d’auteurs-interprètes, offrant ainsi trois regards sur l’objet chanson.



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