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Service public funéraire : Perdriau cherche un autre chemin

Loire le 12 juin 2014 - Xavier Alix - Agglomération stéphanoise - article lu 1454 fois

Service public funéraire : Perdriau cherche un autre chemin
Le centre doit se situer à côté du cimetière Montmartre. Le lieu lui déplait mais difficile de le changer, avoue G. Perdriau : « trop d'argent a déjà été dépensé » (D.R.)

Engagée dans une convention avec huit communes l’environnant, la municipalité stéphanoise peut-elle décider à elle seule de dissoudre la SPL funéraire ? « C’est très simple.

Saint-Etienne est actionnaire à 62 %, a la majorité des voix au CA et peut sans souci provoquer une dissolution, balaie le maire Gaël Perdriau, c’est loin d’être aussi compliqué que l’affirmait Michel Coynel (ex 1er adjoint, Ndlr).» Mais la SPL funéraire n’est peut-être pas mort-née pour autant...
Le 14 mai, son conseil d’administration s’est réunie pour la première fois depuis les élections municipales. Certains maires des communes membres ont changé. Saint-Etienne donc mais aussi Saint-Chamond, Roche-La-Molière et Saint-Jean-Bonnefonds tandis que La Ricamarie, Le Chambon-Feugerolles, Saint-Genest-Lerpt, Sorbiers et La Talaudière ont réélu leur premier magistrat. Porté à la présidence de la SPL, G. Perdriau a annoncé dans la foulée ses intentions : « je reste favorable à la construction d’un crématorium répondant à un besoin croissant et à l’obsolescence de Côte-Chaude mais je suis hostile à ce que la SPL propose des prestations autres que sa gestion en concurrence avec le privé. »
Tel que définie à sa création, la SPL amenait un investissement public de 8 à 9 M€ pour ouvrir en 2017 d’un centre funéraire voisinant le cimetière de Montmartre : 1 750 m2 doté d’un nouveau crématorium (deux fours avec 2 200 crémations par an contre 1 700 à la Côte-Chaude) mais aussi de chambres funéraires, salles de cérémonies etc. Employant environ une dizaine de personnes, la SPL aurait ainsi vendu ses services de pompes funèbres en plus de gérer la crémation (au prix identique pour le secteur privé) moins chers que le privé....
G. Perdriau estime qu’il s’agit d’une concurrence déloyale menaçant le secteur privé. Il propose donc de retoquer l’objet de la SPL en limitant son rôle à la seule création et gestion du crématorium. « On diviserait par deux le coût d’investissement tout en baissant celui à venir du fonctionnement. » Ce, en modifiant le crématorium lui-même : « il faut trois fours au lieu de deux et remédier aux aberrations découvertes : il y a qu’une seule ligne de filtration des fumées : au moindre problème, toute activité est bloquée, les fours sont enterrés dopant le coût de maintenance et le système de filtration sera hors normes dès 2018 ! » Enfin, soulignant que le Sénat vient de sortir un schéma régional de la crémation afin d’esquiver les incohérences d’offre de la part de collectivités, Gaël Perdriau va proposer dans les mois à venir d’intégrer le projet à Saint-Etienne Métropole et essayer de le mutualiser avec des intercommunalités voisines : Pays de Saint-Galmier, Loire-Forez, voire du Pilat et de Haute-Loire. Leurs administrés auraient le même tarif préférentiel. « Si le bureau de Saint-Etienne Métropole n’est pas partant, ce sera Saint-Etienne seul dans un autre cadre intercommunal. »
Qu’en pensent les communes déjà dans la SPL ? Selon G. Perdriau, « les maires de La Talaudière et de Saint-Genest-Lerpt n’avaient pas vraiment compris que le crématorium s’accompagnait de prestations publiques commercialisés et sont assez favorables à mon idée », assure-t-il après avoir précisé que ceux de Saint-Chamond et Roche-La-Molière, du même bord politique, sont tout aussi acquis à son idée. Contacté, Hervé Reynaud, désormais à la tête de Saint-Chamond, de loin le seconde plus gros partenaire avec 35 000 habitants, confirme « être sur la même longueur d’onde ». Et, même si de nombreuses villes proposent un service funéraire public, il assure que « dans bien des cas, ce n’est pas une réussite sur les prix. Ce que je vois, ce sont de petites entreprises familiales craignant pour leur avenir et qui nous le disent. Il y a un risque qu’elles soient éliminées et qu’il ne reste que des gros dans le privé. »

Xavier Alix

« Ce n’était pas de l’idéologie »

Aujourd’hui président du principal groupe d’opposition, ex-adjoint à l’urbanisme, Florent Pigeon estime qu’il ne sera « pas si simple que cela » de modifier la structure du projet : « vis à vis des partenaires mais aussi de l’architecte avec qui un contrat a été signé. On peut se poser des questions sur les suites judiciaires, financières…» Quant aux « aberrations » citées : « c’est faux et insultant pour les services techniques qui y ont travaillé. Certains adjoints actuels étaient du jury qui a approuvé à l’unanimité ce projet restant modulable. » Mais pour lui, le vrai débat n’est pas là, pas plus que de savoir s’il faut un cadre « inter intercommunal », « même si nous avions associé avant tout des voisins parce qu’on imaginait pas les familles faire énormément de kilomètres. » « Le vrai débat, c’est l’existence d’un service public ou non. Ce n’était pas de l’idéologie. Dans la plupart des grandes villes comme Lyon ou Grenoble, cela n’a jamais cessé d’exister et le secteur privé funéraire existe encore : j’ai d’ailleurs transmis les noms des entreprises relevées sur pages jaunes aux élus de la majorité ! Or, un devis au service public de Grenoble est 70 % moins cher qu’un devis moyen privé à Saint-Etienne ! Nous estimions, à partir du moment où le privé n’était pas en capacité de créer un crématorium répondant à une forte demande, que si c’était à la collectivité d’y pallier, il était logique qu’il y ait une compensation avec ce service public sur un sujet régalien. Toutes les familles ne peuvent pas se payer le service avec crémation proposé par le privé. Avec le nouveau projet, les Stéphanois et les autres vont payer deux fois. Il y a quelque chose que je ne comprends pas chez Gaël Perdriau, pourquoi il s’emballe sur ce sujet… »



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