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Les dentistes sortrent les crocs

Loire le 02 octobre 2014 - Daniel Brignon - Sciences, Santé, Environnement - article lu 442 fois

Les dentistes sortrent les crocs
Accueillant les représentants des professions libérales de la Loire à la maison dentaire, Max Lacroix se félicitait de la mobilisation unitaire (D.R.)

Max Lacroix, président du CNSD 42, Confédération nationale des syndicats dentaires, annonçait mardi 30 septembre que 80 % des chirurgiens-dentistes de la Loire n'ont pas ouvert leurs cabinets ce jour-là en soutien au mouvement lancé par l'Union nationale des professions libérales, contre la loi de déréglementation annoncée.

Le syndicat était soutenu dans son initiative par l’Ordre des chirurgiens-dentistes, qui « pour la première fois depuis sa création en 1945 se manifeste », soulignait le président du conseil départemental de la Loire, Jacky Rossillol.
Les chirurgiens-dentistes énumèrent les mêmes griefs au projet que la plupart des professionnels libéraux de santé. Ils dénoncent en premier lieu la suppression du numerus clausus, qui limite le nombre des étudiants en formation. La fin du numerus clausus ouvrirait, pensent-il, la porte à la concurrence d’écoles privées qui sinon déqualifierait la formation du moins la rendrait plus onéreuse. Ils s’inscrivent en faux contre la tentation d’ouvrir les SEL, Sociétés d’exercice libéral, aux capitaux extérieurs. Jusque-là détenus obligatoirement par des professionnels de santé, les SEL remis aux mains de groupes financiers « se traduirait nécessairement par une recherche de rentabilité », estiment les chirurgiens-dentistes qui y voient une menace à « l’indépendance professionnelle ».
Les chirurgiens-dentistes redoutent pour leur part en outre une mesure particulière préconisée par l’Inspection générale des finances dans son rapport : « la dissociation de l’acte prothétique ». Il s’agirait de distinguer l’achat d’une prothèse dentaire des honoraires du chirurgien-dentiste. Une mesure dénoncée par les chirurgiens-dentistes, lesquels rééquilibrent leur rémunération sur l’activité de prothèse aux honoraires libres, qui mettrait à mal l’équilibre des cabinets. Ces derniers passent, disent-il, 70 % de leurs recettes en frais, notamment d’équipement de plateaux techniques coûteux.  « La santé n’est pas un bien de consommation », concluait le Dr Max Lacroix pour défendre le principe fondateur de réglementation pour les professions libérales de santé.

Daniel Brignon



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