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Ebola : « Le vrai danger n'est pas pour nous »

Loire le 06 novembre 2014 - La Rédaction - Sciences, Santé, Environnement - article lu 259 fois

Ebola : « Le vrai danger n'est pas pour nous »
Un virus mortel à environ 50 %, davantage en Afrique en raison des conditions de soin (© Stocklib)

Comment les aider ? « La meilleure chose à faire nous semblait être ça. » L'Association des étudiants en médecine de Saint-Etienne (Adems) dont Guillaume Poupet est vice-président n'a pas manqué son coup.

Etudiants pour la majorité, ils étaient plusieurs centaines à remplir mardi un amphithéâtre du campus Tréfilerie. Il faut dire que la soirée annonçait l’intervention du Dr Rony Brauman, ancien président et co-fondateur de Médecin sans frontières (MSF), de retour de la zone endémique : Guinée, Sierre-Leone et Libéria.
« Comment gérer une épidémie ? Tout savoir sur Ebola » était organisée au profit de MSF et de la campagne de prévention « Kick Ebola out » lancée sur le terrain par des étudiants en médecine sierra-léonais et guinéens. Armés de flyers, d’affiches, de savons, ceux-ci sensibilisent la population locale aux symptômes, modes de transmission, à la protection. Ces mêmes étudiants ont lancé un appel à leurs futurs confrères du monde entier. Au-delà de dégager un aide pécuniaire, les Stéphanois espéraient de leur soirée « dédramatiser la situation pour nous et lutter contre les bêtises entendues, l’idée d’isoler ces pays par exemple. »
A ce titre, l’un des intervenants de la soirée, le Pr Pozzeto, chef du service virologie au CHU, soulignait qu’« éteindre le virus là-bas, c’est aussi nous préserver. Mais le vrai danger n’est pas pour nous. Il est pour l’Afrique. Ebola se transmet sur des modes plus proches au Sida que la grippe : via un contact avec les secrétions notamment. Sans quoi, l’épidémie actuelle en serait bien au-delà de 10 000 cas. Etre contaminé par postillon est peu probable. Et il faut que la maladie soit déclarée car une personne en incubation (3 à 10 jours) n’est pas contagieuse. Ce virus qui présente des signes hémorragiques, en général minimes, survit mal à l’extérieur ». En outre, les conditions culturelles et géopolitiques des pays actuellement touchés (une vingtaine d’épidémies africaines depuis 1976) expliquent la propagation. Bref, « les décisions de nos politiques sur le principe de précaution sont un peu excessive. Il faut dédramatiser car on risque de refus des soins. »
Et si malgré tout, une contamination se déclarait à Saint-Etienne ? « Très peu vraisemblable. Côté soignant, il faudrait une grossière erreur de protocole. Car oui nous sommes préparés au CHU stéphanois comme ailleurs : virologie, hygiénistes, infectiologie, réanimation, urgences, Samu… Nous avons reçu les vêtements de protection et suivons des exercices. » Si un cas venait à être soupçonné, c’est l’INVS qui le validerait et ordonnerait son transfert à Lyon en chambre d’isolement.

X.A.



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