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Dette : l'hôpital de Roanne joue gros

Loire le 20 février 2014 - Aline Vincent - Sciences, Santé, Environnement - article lu 1395 fois

Dette : l'hôpital de Roanne joue gros
L'hôpital de Roanne paye cher le remboursement de l'emprunt lié à sa modernisation (D.R.)

Anticipation et coordination : 2013 est restée soumise à de fortes tensions financières malgré la mise en place d'une nouvelle organisation et des mesures de réduction des coûts.

Lors des vœux 2014, la directrice du centre hospitalier roannais, Véronique Bourrachot, n’a pas nié la situation. Elle a juste tenu à souligner que, malgré cette position délicate, la radiothérapie avait été maintenue, de même que le 15 (urgences) avec lancement du chantier de la rénovation du service et de celui de l’hôpital de jour. Enfin, de nouveaux spécialistes sont arrivés. « On joue gros sur ce plan là, admet la directrice, qui a accepté de retravailler le plan pour réduire la dette. Nous attendons la réponse de la Chambre régionale des comptes. En cas de rejet, nous serons placés sous administration provisoire. C’est une hypothèse. En attendant on ne perd pas de temps. On poursuit la recherche d’améliorations, sans jamais perdre de vue la qualité des soins. En s’appuyant sur l’analyse fournie par les services. L’une des pistes passe par plus de coordination entre médecins spécialistes et généralistes pour mieux coordonner les soins en amont et éviter les hospitalisations en urgence entraînant une désorganisation. On peut augmenter les lits réservés aux bilans de santé, de 12 actuellement, à 20, voire plus à l’avenir. Au lieu de baisser la capacité d’accueil, on peut modifier nos pratiques de prise en charge, le tout dans le maintien d’une offre de soin répondant aux besoins de la population. Nous ne souhaitons pas qu’elle parte se faire soigner ailleurs. »
La majeure partie des établissements de santé français en difficulté : l’hôpital de Roanne paye cher le remboursement de l’emprunt lié à sa modernisation, ajouté à la défaillance d’une entreprise du bâtiment qui a fortement alourdi l’ardoise sans oublier la signature d’un emprunt toxique. « Depuis le plan Hôpital 2007, la majeure partie des établissements de santé français sont en difficulté, témoigne Didier Marchand, représentant la CGT, syndicat majoritaire à l’hôpital. « Les injonctions de notre tutelle, l’ARS ont été telles sur le plan purement économique, que 35 suppressions de lits et 70 suppressions équivalents temps plein ont été prévues. Depuis, la directrice a accepté de retravailler ce plan qui reste en stand by. Le levier sur lequel on peut jouer est la DMS (durée moyenne de séjour ndlr). On a un outil de travail performant, des équipes motivées. Il serait nécessaire de renégocier la dette au niveau national. Sans le remboursement des emprunts liés à la rénovation, on n’en serait pas là. Aujourd’hui, l’argent de la Sécurité sociale sert à le rembourser. La tutelle exige d’un établissement de santé les mêmes contraintes que n’importe quelle entreprise privée. Or, les enjeux ne sont pas les mêmes, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas des améliorations à apporter. On peut toujours être plus efficace. »  

Aline Vincent


Plan Hôpital 2007

La réforme hospitalière de 2007 visait à donner plus de facilités aux établissements hospitaliers publics et privés pour réaliser leurs projets en réformant leurs modes de financement. Elle incitait à la modernisation des structures en octroyant davantage d’autonomie aux responsables d’établissements et en desserrant les règles d’achats publics pour accélérer les investissements.



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